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ANACRÉON

Anacréon s'est immortalisé en chantant Bacchus et l'Amour. L'antiquité ne parle de lui qu'avec admiration. Jamais la poésie légère ne trouva un meilleur interprête. L'ode anacréontique, qui est un hommage rendu au mérite, nous indique le genre dans lequel il excellait. La gaité, la naïveté et les grâces régnent dans ses Bleuettes. Il fut le plus grand rival de Pindare sans cependant l'atteindre.

Il naquit à Théos en lonie, l'an 530. Il mourut à l'âge de 95 ans. On lui fit de brillantes funérailles aux frais du trésor public, et Athènes lui dédia une statue en bronze qui fut placée entre celles de Périclès et de Xantippe.

Il fit des épigrammes, des hymnes, des élégies et des^ïambes, mais son nom est resté attaché à la poésie légère. Il est intraduisible : on ne peut rendre cutte mollesse de ton, ce degré d'enjouement et de grâce. Ce sont des caractères dont l'emprunte n'est pas assez forte, dit LaHarpc, pour ne pas s'effacer beaucoup dans une copie.

La troisième période de la littérature grecque commence à l'avènement d'Alexandre et se termine au IVe siècle de notre ère.

La Grèce avait vu avec apathie ses institutions nationales s'éteindre et disparaître. En perdant son indépendence elle perdit ses génies poétiques. Alexandrie remplaça Athènes et la littérature de la troisième période, changeant de caractère et de direction commença aussitôt à pâlir.

Jusque là les essais poétiques avaient été spontanés, pleins de vigueur, de hardiesse ; à l'avenir ils deviendront systématiques, rêveurs, sophistiques. Les couleurs sombres remplacèrent le gai et le naif. La littérature deviendra savante, froide et sans goût. Le souffle sacré de l'inspiration, chassé d'Athènes qui n'a plus que des ruines, s'envolera en Egypte, à la cour des Ptolémée. Alexandrie devint le siège du pouvoir, et cette ville avantageusement située pour le commerce, s'occupa plus à diriger ses produits vers l'Europe, l'Asie et l'Afrique qu'à encourager les travaux de l'esprit.

Cependant les sciences naturelles, la philosophie en tête, étaient trop répandues pour qu'elles n'imprimassent pas à l'esprit humain une direction nouvelle. La découverte du papyrus, très répandu en Egypte, favorisa la réaction.

A Alexandrie la littérature devient l'objet et l'expression du dévergondage de l'esprit, la science captieuse remplaça le génie. C'est dans cette ville que l'on déterminait le cercle des connaissances humaines auxquelles il fallait aspirer pour se rendre digne du titre de lettré. C'est là que naquirent les sept arts libéraux : grammaire, rhétorique, dialectique, arithmétique, géométrie, astronomie et musique.

La poésie céda le pas à l'érudition. Cependant, on rencontre encore dans cette troisième période quelques noms qui figurent avec assez de dignité dans le cadre de la littérature grecque. Outre Ménandre et Philémon, les gloires de la comédie nouvelle, il y a Théocrite, le créateur du genre pastoral.

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