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MÉNANDRE

Ménandre est le plus illustre représentant de la comédie nouvelle. Personne n'a donné à ses acteurs un langage aussi convenable. Plutarque et QuintiUien, dans plusieurs endroits de leurs ouvrages, en font des éloges flatteurs. Térence emprunta de lui le sujet de toutes ses pièces, excepté pourtant Pharmion et Hécyre. Plante s'est aussi en richi des dépouilles de Ménandre, ce qui faisait dire à Jules César, après avoir vanté la pureté du style de Térence, que Plante n'était qu'un demi-Ménandre : dlniidiate Menander.

Il était disciple d'Epicure et du paripatéticien Théophraste pour la philosophie, et de son oncle Alexis, pour la poésie. Les idées de ses maîtres se retrouvent dans ses ouvrages; elles contribuèrent à ses succès mais jetèrent du discrédit sur certains de ses actes.

Outre l'élégance de son style, la finesse, la grâce et la justesse de ses idéis, on trouve encore dans ses écrits une foule de sentiments moraux,

sublimes et passionnés qui le rangent parmi les moralistes les plus distingués de son temps. " Toujours fidèle à la nature, dit un de ses biographes, personne n'a possédé dans un degré plus éminent les grâces, et la flexibilité du style. C'est un ruisseau limpide qui serpente entre des rives tortueuses et qui varie ses formes à chaque détour sans rien perdre de la pureté de son onde. Ménandre écrit en homme du monde et en homme de génie. Ses beautés sont de tous les lieux comme de tous les temps."

Sans partager toute l'admiration de ce critique pour Ménandre nous reconnaissons en lui un homme supérieur. St. Paul cite un de ses vers, qu'il a tiré de sa comédie de Thaïs : " Les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs." (1)

Ménandre naquit à Cephina, bourg situé près d'Athènes, l'an 342 et mourut en 292, d'autres disent 290. Il ne nous reste que des fragments des 100 comédies qu'il composa. Il avait un rival redoutable dans la personne de Philémon. Dans son dépit, il lui dit un jour : Est-ce que tu ne rougis pas, Philémon, toutes les /ois que tu es déclaré mon vainqueur f

Plutarque place Ménandre bien au-dessus d'Aristophane et ce jugement semble avoir été ratifié par l'antiquité.

Les critiques les plus éclairés s'accordent généralement à dire que si l'on en excepte Ménandre, Théocrite et une couple d'autres, les poètes d'Alexandrie manquent de vigueur, de goût et d'imagination. La poésie didactique est le genre qui leur allait le mieux. Parmi ceux qui s'y distinguèrent on peut citer Aratus, auteur d'un poëme intitulé, les Phénomènes, dans lequel il décrit le cours et l'influence des astres. Cicéron l'a traduit.

On cite encore quelques noms peu remarquables comme Lycophron, auteur de quelques tragédies et d'un poëme obscur intitulé : Cassandre ; Callimaque de Cyrène, poëte qui ne connut jamais la véritable inspiration ; Apollonius de Rhodes, auteur des Argaunautiques, dont il voulut faire une épopée, mais qui n'est au fond qu'une histoire mal narrée.

La philosophie de la décadence porte un caractère particulier. Les écoles sont peut-être plus nombreuses mais elles s'éloignent des enseignements des premiers maîtres, Socrate, Platon, et Aristote.

(1) Corinth : eh. XV, v 33.

L'école néo-platonicienne offre à peine quelques noms illustres, entre autres Plotin, qui consigna toutes ses doctrines dans les Ennéades. Porphyre, Jamblique et Proclus, successeurs de Plotin, hâtèrent, par leurs excès, la décadence du Néoplatonicisme, école qui voulut compléter Platon par Aristote.

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