MONTI
Vincent Monti naquit à Fusiguano, près de Ferrare, en 1753, et mourut en 1828.
" Il représente, observe Cantu, le côté pompeux de la littérature à l'antique. Ce fameux abbé de l'académie des Arcades, au milieu de tant du poëtereaux semblables à des oiseaux en cage que le moindre bruit excite à chanter, célébrait à Rome les odes Calchi et les Braschi, les mariages et les fêtes, s'habituant à s'inspirer des circonstances, ce qui valut tant de charme à ses productions, tant de reproches à son caractère. Une élégance incomparable, une phrase irréprochablement classique, des images brillantes, des périphases combinées avec art, une savante combinaison de syllabes d'où résulte une période aussi large qu'harmonieuse lui donnèrent des admirateurs et beaucoup d'envieux. Nous ajouterons à ces qualités l'art de dire les choses nouvelles, d'une manière antique, poétiquement les choses positives, comme il fit dans la Beauté de l'Univers et dans l'ode en l'honneur de Montgolfier."
Il laissa une traduction de rilUade, des poèmes, la Basviliana, la Mascheironiana, écrits en Terzine ; trois tragédies : Galeotto Mun/redi, Aristodème, et Caïus Gracchus, qui passe pour être son chef-d'œuvre ; une longue dissertation sur la langue italienne, intitulée : Additions et corrections au dictionnaire de la Crusca. Il était encore jeune, lorsqu'on le surnomma du gracieux titre de Dante poli.
Chez Monti la forme est tout, et tout son mérite est dans l'expression. Quelle versatilité dans ses écrits ! tantôt il chante le vainqueur, tantôt le vaincu ; ici, il encense un parti, plus loin il le dénigre ; ce défaut était
(1) Sismondi.
celui de son siècle et de l'école qui le comptait parmi ses adeptes. Monti était venu trop tôt pour lutter avec les préjugés de son époque. A Manzoni était réservé l'honneur de guider l'école moderne.