PRÉFACE
Le petit manuel que nous offrons au public des écoles de l’Ouest canadien vient, croyons-nous, à son heure. Malgré son extrême jeunesse en tant que pays civilisé, l’immense région dont il raconte l’histoire a maintenant pris une importance qu’il convient d’admettre. Les déserts d’hier seront demain le centre politique du Canada, et les millions d’habitants qui doivent y élire domicile, ajoutés au million et demi qu’il contient aujourd’hui, nous font une loi de ne pas laisser inaperçu de l’enfance ce qu ’ont fait les valeureux pionniers qui les y ont précédés.
Or cette importance n’a point jusqu’ici été officiellement reconnue dans nos écoles, et si le présent ouvrage a quelque valeur, il la doit surtout au fait qu’il est le premier dans son genre.
Personne ne sera tenté de lui attribuer la moindre tendance séparatiste, puisque la Colombie britannique, qu’il exclut de son cadre, a longtemps vu sa propre histoire enseignée à sa population scolaire. Nous sommes Canadiens, et nous prétendons rester Canadiens. Mais les histoires du Cana-
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cla ne suffisent plus à nos besoins : outre qu’elles ne sont pas toujours aussi correctes qu’on pourrait le désirer, les rares pages qu’elles consacrent à notre pays sont loin de lui rendre la justice qui lui est due.
D’un autre côté, nous avons visé à être aussi bref que possible. Inutile de répéter à ce propos la remarque, assez commune en pareil cas, relativement à la difficulté qui accompagne toujours la préparation d’un travail comme le nôtre. Chacun sait, en effet, que la composition d’une histoire détaillée est considérablement plus facile que celle d’un manuel qui doit briller surtout par sa concision et la sûreté de ses données. Il faut ici savoir se borner et distinguer le nécessaire de l’utile et de l’agréable.
Comme notre petit livre a trait au passé de toutes sortes de gens, nous nous sommes appliqué à donner à chacun ce qui lui est dû, sans distinction de croyance ou de nationalité, et, s’il faut en croire le verdict de personnes autorisées, nos efforts sous ce rapport n’ont pas été sans résultats satisfaisants.
Pour faciliter la tâche du maître, nous avons cru bon de faire suivre chaque chapitre d’un petit questionnaire portant, après chaque demande, le numéro de la leçon à laquelle elle se rapporte. On ne verra là qu’une simple suggestion, puisque pareilles questions peuvent aisément se multiplier.
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. Enfin un glossaire à la fin du manuel est destiné à aider l’élève peu versé dans la littérature française. Nous avons revêtu naturellement notre récit d’une forme aussi simple que possible; mais nous n’avons aucune difficulté à avouer notre conviction que l’élève y gagnera de ne point trouver dans les pages qui suivent, un style enfantin, qui ne lui offrirait aucune opportunité de faire des progrès dans sa connaissance du français.
Nous pourrions aussi faire remarquer que la liste des gouverneurs de l’Ouest canadien, qui précède ce glossaire, est absolument inédite : aucun auteur n’a jusqu’ici eu l’idée de pareille compilation.
En terminant, il nous fait plaisir de remercier de l’obligeante coopération dont a bien voulu nous gratifier la grande maison de William Briggs, Toronto, en nous prêtant les clichés d’une quinzaine des gravures qui ornent ce petit ouvrage, dans lequel les éducateurs de l’Ouest verront, nous n’en doutons pas, une aide, si minime fût-elle, qui leur permettra d’infuser plus facilement chez les générations futures la mentalité à laquelle leur donne droit l’histoire de leurs devanciers dans ce vaste pays.
https://archive.org/details/histoireabrgedelOOmori