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ORIGINES DE LA VIE POLITIQUE DANS L OUEST

tons parmi les fermiers du pays. A cet effet, il dépêcha aux Etats-Unis un ancien traiteur de fourrures du nom de Rae, qui dut aller chercher ces animaux jusqu’au Kentucky, où il s’en procura 1.475 têtes. Arrivé à la Rivière- Rouge après un voyage de i.5oo milles accompli avec une rapidité fatale au troupeau, celui-ci ne comptait plus que 25 1 moutons, dont un grand nombre moururent peu après. Les autres ne purent supporter la rigueur de l’hiver, ou tombèrent sous la dent des bêtes fauves.

Un autre projet du gouverneur consistait dans une Compagnie de Suif, pour laquelle des bestiaux furent achetés à grands frais. Beaucoup moururent de froid sur la prairie ou furent dévorés par les loups. La compagnie de la baie d’Hudson en fut quitte pour une perte d’environ i.ooo livres sterling.

L’année i838 vit une troisième aventure : une nouvelle ferme modèle, dont la direction fut confiée à un capitaine Georges-M. Cary, membre du conseil depuis un an.

Cet établissement deA^ait vivre dix ans, et finit par être vendu avec une perte de 5.ooo livres sterling.

45. Autres Tentatives. — L’évêque catholique voulut lui aussi contribuer au progrès matériel, aussi bien que spirituel, du pays. En i838, il fit venir du Bas-Canada deux femmes qui ouvrirent à Saint-Boniface une école industrielle pour y enseigner l’art de tisser. Malheureusement

Histoire de l’Ouest Canadien.

cette institution devint la proie des flammes le 26 mars de Tannée suivante.

Cependant M. Belcourt allait de fondation en fondation. Au cours de i838, il établit à Wabassimong, au confluent des rivières aux Anglais et Winnipeg, une mission destinée à améliorer le sort des Sauteux, tribu à laquelle le christianisme ne sourit jamais. Le missionnaire s’y dépensa sans compter; mais la foi chrétienne n’y eut jamais de racines bien profondes.

Cette même année, le ministre M. D.-T. Jones quitta la colonie pour retourner en Angleterre. Un Rév. J. Smithurst lui succéda en i83g, et fut préposé au village d’indiens anglicans que les protestants s’efforçaient de créer en bas du Grand-Rapide, et pour lequel un temple avait été bâti deux ans auparavant.

46. Le Juge Thom. — En outre, TAssiniboia fit alors (1839) l’acquisition d’un personnage qui, tout capable qu’il fût, n’en devait pas moins être une pierre d’achoppement pour une partie de la population et une source de faiblesse pour la cause même qu’on voulait promouvoir par sa présence. C’était le juge Adam Thom, que la compagnie avait fait venir pour l’aider dans l’administration de la justice.

Cet homme ayant précédemment fait preuve d’antipathie pour la race française dans TEst, ne pouvait être bien vu des Canadiens et des métis de la colonie. D’un autre côté, étant à la solde de la compagnie de la baie d’Hudson, qui lui faisait un traitement de 700 livres par an, son impartialité ne pouvait qu’être révoquée en doute chaque fois que cette même compagnie était Tune des parties au procès. En outre, Thom ne parlait point le français, qui était alors la langue de la majorité des habitants de la Rivière- Rouge. Dans ces conditions, il n’y a point de présomption

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