‹ Histoire abrégée de l'ouest canadienChapitre 26 sur 78 · LA CHASSE AUX BISONS · texte numérisé non relu

LA CHASSE AUX BISONS

sans souci de l’avenir, hospitalier pour les étrangers et généreux jusqu’à l’imprudence, il passait sa vie aventureuse soit à la pêche, comme guide de caravanes, ou bien à la chasse au bison. Par ailleurs, il était naturellement religieux et respectueux de l’autorité.

Echelonnées le long des rivières, ses maisonnettes, qui ne comprenaient qu’une pièce pour une famille généralement nombreuse, étaient d’ordinaire entourées d’une mince clôture qui ne protégeait qu’à demi un champ minus-

HISTOIRE DE l’oUEST CANADIEN

cule, OÙ il cultivait plutôt de l’orge et de l’avoine pour son cheval de course et les besoins du ménage que du blé, dont il y avait surabondance dans la partie écossaise de la colonie.

Du reste, l’agriculture et la vie sédentaire étaient loin de lui sourire. Il méprisait l’état de dépendance auquel s’assujettissaient les fermiers écossais qu’il qualifiait de (( jardiniers », et préférait de beaucoup la liberté, le grand air et les émouvantes chasses au bison.

5o. La Chasse au Bison. — Ces chasses se faisaient deux fois par an : au printemps et en automne. La colonie prenait alors un air de tranquillité, presque de solitude, qu’elle n’avait point en temps ordinaire. Sous la direction de capitaines auxquels elles vouaient une obéissance presque aveugle, les familles de langue française prenaient ensemble le chemin de la prairie, se dirigeant vers la région, quelquefois assez éloignée, où l’on pouvait trouver le gibier.

Des charrettes devenues légendaires servaient à transporter les femmes et les enfants, ainsi que les fruits de la chasse. En i84o, pas moins de 1210 de ces véhicules primitifs, dans la composition desquels n’entrait pas un morceau de fer, quittèrent la Rivière-Rouge pour prendre le large.

Une fois arrivée à proximité du gibier, la troupe de chasseurs s’arrêtait soudain. Un éclaireur était envoyé s’assurer de sa position exacte, chacun montait son meilleur coursier et, à un signal donné par les chefs, la foule s’élançait vers l’objet de sa convoitise. La terre tremblait alors sous les pas de milliers de buffles : on tirait dans le tas, ou bien les plus difficiles poursuivaient certaines pièces qui leur paraissaient plus alléchantes, et le métis était heureux.

Il est vrai que l’abondance même du gibier était parfois

LES MISSIONNAIRES

une cause de danger, et, en prévision d’accidents, les chasseurs aimaient à se faire accompagner d’un prêtre. Telle était pourtant leur habileté que les malheurs sérieux étaient assez rares.

QUESTIONNAIRE

1. Racontez la mort de Thomas Simpson et les soupçons qu’elle éveilla (48).

Page 1