CHAPITRE IX
ÉDUCATION ET ORGANISATION
67. L’Education à la Rivière=Rouge. — De leur côté, les autorités civiles coopéraient généreusement au bien
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fait par la religion en votant des fonds pour aider les missionnaires dans Tinstruction de la jeunesse. Le i®"* mai i852, le conseil de TAssiniboia adopta à Lunanimité une résolution d’après laquelle une somme de loo livres sterling serait chaque année divisée entre l’évêque du Nord- Ouest (Mgr Provencher) et celui de la Terre de Rupert, laquelle somme « devait être à leur discrétion consacrée à des fins d’éducation. »
Puis, voulant faire participer aux largesses du gouvernement le ministre presbytérien, qui était arrivé au pays l’année précédente, une somme de i5 livres sterling lui fut aussi votée.
Malheureusement le comité central de Londres désavoua chacune de ces résolutions. Le gouvernement local n’en continua pas moins ses allocations annuelles aux différentes communions du pays. Il s’abstint seulement de spécifier les œuvres auxquelles cet argent devait être employé. Mais une partie des 5oo dollars qu’il alloua régulièrement aux catholiques servit toujours, à sa connaissance, à l’entretien de leurs écoles.
Mgr Provencher en avait alors au moins six sous sa direction. La plus récente, celle de Saint-François-Xavier, datait de i85o, et était tenue par deux sœurs grises détachées de Saint-Boniface.
68. L’Inondation de 1852. — Depuis les visites de sauterelles arrivées les premières années après sa fondation et l’inondation de 1826, la colonie de la Rivière-Rouge avait été épargnée au point de devenir aussi prospère qu’elle pouvait l’être dans l’état d’isolement où elle se trouvait. En 1862, il plut à la divine Providence de l’éprouver de nouveau par une inondation qui, un peu moins forte que celle de 1826, n’en eut pas moins des effets encore plus désastreux à cause du développement qu’avait
HISTOIRE DE l’oUEST CANADIEN
pris la colonie. Un très grand nombre de bâtisses furent emportées par les eaux, et les colons durent se réfugier sur les points élevés de la vallée. Les dégâts furent incalculables.
L’eau venait à peine de se retirer que Mgr Taché revenait de France avec un jeune Père Oblat du nom de
Grollier, qui devait devenir 1 apôtre du cercle arctique, et un autre prêtre, M. Albert Lacombe, qu’attendait une carrière encore plus féconde dans les grandes plaines de l’Ouest. C’était le 27 juin i852. Le 8 juillet suivant, les trois missionnaires quittaient pour toujours leur supérieur ecclésiastique, les deux premiers pour l’Ile-à-la-Crosse et le troisième pour Edmonton et Sainte- Anne, d’où il n’allait pas tarder à déployer les ressources d’un zèle immense en faveur des Cris et des Pieds-Noirs.
69. Mort de Mgr Provencher. — Pendant ce temps, un autre pionnier de l’Evangile dans le Nord, le P. Henri Faraud, qui était arrivé au pays le 9 novembre 1846, quittait lui-même le lac Athabaska, où il avait établi sa première mission (8 septembre 1848) pour aller porter la bonne nouvelle aux sauvages du grand lac des Esclaves, auxquels
Mgr mOVENCHER.
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il fit un très grand bien (i85i) et pour lesquels il édifia de ses propres mains une église en troncs d’arbres. Il était le premier missionnaire à les visiter.
Quant à Mgr Provencher, Tapôtre de la Rivière-Rouge, usé avant le temps par ses nombreux travaux, il allait, le 7 juin i853, jouir de la récompense promise au bon et fidèle serviteur. La colonie tout entière le pleura comme un bienfaiteur public, et le gouverneur Caldw^ell, les officiers de la compagnie alors au fort Garry, ainsi qu’un grand nombre de protestants, assistèrent à ses funérailles. Le clergé catholique que le défunt prélat laissait dans l’Ouest se composait de 4 prêtres séculiers et de 7 pères oblats.
70. Magistrature et Service postal. — Le major Caldw^ell cumulait alors (i853) les fonctions de gouverneur de l’Assiniboia et de « recorder », ou juge en chef. Son prédécesseur dans cette dernière position, M. Thom, avait dû momentanément s’effacer après l’affaire Sayer, mais il était revenu à son poste en i85o. Son premier jugement ayant alors causé un vif mécontentement parmi les membres de la compagnie elle-même, il fut relégué au rang de greffier du tribunal, qu’il occupa jusqu’en i854, époque où il quitta définitivement la colonie. L’année suivante, M. (plus tard Sir) Francis-G. Johnson, ancien avocat de Montréal, lui succéda à la présidence de ce tribunal, fonctions qu’il devait remplir jusqu’en i858.
Avant i853, toutes les communications postales entre la colonie et le monde civilisé se réduisaient à deux courriers par an, que la compagnie envoyait, l’un par la factorerie de York en été, l’autre, en hiver, au travers du Canada et par voie de terre. En i853, un service mensuel fut organisé par la compagnie elle-même, lequel aboutissait au fort Ripley, où il se rattachait au service postal des Etats-Unis.
QUESTIONNAIRE
1. Comment les autorités civiles favorisèrent-elles l’éducation dans la colonie (67) ?