‹ Histoire abrégée de l'ouest canadienChapitre 34 sur 78 · FORT GARRY · texte numérisé non relu

FORT GARRY

plaignant des conditions politiques et commerciales de leur petit pays. Tout en protestant de l’attachement à la Couronne de la partie de la population qu’elle représentait, sa version française, qu’avait rédigée l’abbé Belcourt, demandait plus de latitude dans le commerce, une magistrature indépendante de la compagnie et certaines autres réformes.

Il n’en fallait pas davantage pour s’attirer l’inimitié de Sir Georges Simpson. Il força Mgr Provencher à éloigner M. Belcourt de la colonie. Celui-ci alla alors s’établir à Pembina, tout près de la frontière américaine.

MÉCONTENTEMENT DES METIS

Or, un métis nommé Guillaume Sayer ayant été arrêté avec d’autres pour avoir fait le commerce des fourrures, ses compatriotes, conduits par un nommé J. -Louis Riel, se rendirent en grand nombre le 17 mai 1849 palais de justice, où ils réclamèrent l’élargissement du prisonnier dont la cause devait se juger ce jour-là. Sayer ayant été déclaré innocent, bien que pour une raison différente de celle que les métis mettaient en avant, ceux-ci se mirent alors à crier triomphalement : « Le commerce est libre! Vive la liberté! »

65. Effets de l’intervention des Métis. — Dès lors, les jours de l’odieux monopole étaient comptés. Aucun effort ne fut fait pour le remettre en vigueur. Les droits d’entrée sur quelques-uns des produits dont la colonie avait besoin furent aussi abolis les uns après les autres. En outre, après avoir vainement tenté de maintenir sa position par des voies de conciliation, le juge Thom lui-même dut s’en retourner dans l’Est.'

On avait forcé un prêtre à quitter l’Assiniboia : l’influence d’un de ses confrères fut alors reconnue au point qu’il fut admis, le 5 septembre i85o, dans le conseil législatif du pays. C’était l’abbé Laflèche, que la maladie avait arraché à la mission de rile-à-la-Crosse. D’un autre côté, le 16 octobre suivant, trois métis français furent nommés magistrats pour le district de la Plaine du Cheval Blanc (Saint-François-Xavier) et deux métis français avec trois métis anglais pour le district de la Rivière-Rouge supérieure.

Par là, les autorités rendirent hommage à l’importance croissante du petit peuple métis, qui facilitait notablement leurs relations avec les sauvages de la colonie.

66. Autres Promotions. — Deux autres nominations encore plus importantes s’étaient faites peu auparavant.

HISTOIRE DE l’oUEST CANADIEN

Depuis le passage de Tévêque anglican de Montréal, ses coreligionnaires voulaient avoir un dignitaire de son rang au milieu d’eux. Le gouvernement anglais organisa donc non seulement l’Assiniboia, mais tout le pays environnant au nord, à l’est et à l’ouest, en un immense diocèse qu’il appela le diocèse de la Terre de Rupert, et y préposa un Rév. David Anderson, qui arriva à la Rivière-Rouge en octobre 1849, accompagné du Rév. J. Hunt. Anderson fixa sa résidence tout à côté de la ville actuelle de Winnipeg.

Pendant ce temps, l’évêque catholique demandait un coadjuteur. Sa prière fut exaucée par la nomination, le 24 juin i85o, du P. Taché, O. M. I., au poste d’évêque titulaire d’Arath avec droit de future succession. Le jeune élu n’avait encore que 27 ans. Il n’en dut pas moins quitter l’Ile-à-la-Crosse, où il se dépensait sans compter, pour aller se faire sacrer en France (28 novembre i85i).

QUESTIONNAIRE

1. Que savez-vous du monopole de la traite et de ses résultats (63)?

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