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DÉCLIN DE L’AUTORITÉ DE LA COMPAGNIE

74. Doutes et Réclamations. — Considérée comme puissance politique, la compagnie de la baie d’Hudson entrait alors dans une ère de transition qui devait la laisser une simple corporation commerciale. Même avant i835, elle jouissait sur le bassin de la baie à laquelle elle avait emprunté son nom d’une autorité à peu près souveraine, même au criminel. Nous avons vu comment on se plaignait de ce qu’on appelait sa cupidité, surtout en ce qui touchait au commerce des fourrures. En réponse à la pétition que ses administrés avaient envoyée au gouvernement impérial, la chambre des Communes d’Angleterre avait, en juillet i84q, demandé elle-même qu’une enquête fût faite sur la légalité des pouvoirs que s’attribuait la compagnie ainsi que sur la manière dont elle les exerçait. En prévision de cette enquête, celle-ci envoya au gouvernement central une défense habile de ses droits et de sa conduite, laquelle suggéra aux deux représentants de la Couronne l’idée de soumettre le cas au Conseil privé.

Mais comme M. A. -R. Isbister et les autres qui avaient présenté la pétition de 1847 refusaient de porter leur cause devant ce tribunal, la difficulté demeura sans solution jusqu’en 1867, époque où des réclamations surgirent d’un côté auquel on n’avait point encore pensé, nous voulons dire de l’ancienne colonie du Canada.

75. Aspirations du Canada. — De par sa charte, la compagnie pouvait seule faire le commerce des fourrures dans

toute la région tributaire de la baie d’Hudson, et en i838 ce privilège avait en outre été étendu à tout le Nord-Ouest de l’Amérique britannique. Or, non seulement cette extension de son monopole touchait à son terme, mais le Canada commençait à jeter les yeux sur l’immense territoire à l’ouest de ses propres frontières. La question fut alors soumise à un comité spécial de la chambre des Communes qui, dans un rapport officiel dressé le 3i juillet 1857, reconnaissait qu’il était « essentiel de faire droit aux justes et raisonnables désirs du Canada, afin qu’il pût s’annexer toutes les parties du pays touchant à son territoire. »

C’était là, sans aucun doute, un rude coup porté au prestige de la compagnie. Ses droits ne devaient pas, il est vrai, être abrogés avant i3 ans; mais l’on commença à sentir que son règne était à son déclin. Les troupes anglaises étaient retournées en Europe depuis deux ans. Elles furent remplacées dans l’Assiniboia par les fusiliers royaux du Canada qui y restèrent quatre ans. Après 1861, il n’y eut plus de militaires à la Rivière-Rouge, et cette circonstance ne contribua pas peu au mépris qui fut manifesté plusieurs fois pour les autorités locales pendant les années qui précédèrent l’annexion de ce pays au Canada.

76. Explorations et Voyages. — S’attendant à voir les recommandations du comité spécial se réaliser bientôt, le gouvernement canadien envoya en 1857 une expédition chargée d’explorer l’Ouest sous la direction de Simon- J. Dawson et d’Henri- Y. Hind. M. Da\vson et ses gens se rendirent jusqu’à la vallée de la Saskatchewan et terminèrent leurs travaux en 1869. La mission du professeur Hind avait surtout pour objet de déterminer la qualité et la formation des différents terrains de ce pays. H fit donc des vallées de l’Assiniboine et de la Saskatchewan un examen approfondi, qui lui fournit la matière d’un intéressant ouvrage.

ÉPREUVES

Un auteur d’un autre genre qui ne tarda pas à marcher sur les traces de ces deux explorateurs fut le comte de Southesk qui, tout protestant qu’il était, admira fort les missionnaires catholiques qu’il rencontra et les déclara de beaucoup supérieurs à leurs rivaux protestants dans un livre qui ne devait paraître qu’un certain nombre d’années plus tard.

Enfin nous devons mettre au crédit de i85g la fondation du premier journal qui ait jamais paru dans l’Ouest canadien. C’était le Nor’Wester, feuille établie dans le but de soutenir les prétentions du Canada, ce qu’elle fit en dépréciant sans scrupule tout ce qui touchait à la compagnie de la baie d’Hudson.

QUESTIONNAIRE

1. Quels étaient les droits de la compagnie de la baie d'Hudson sur le pays (74) ?

2. Quels furent les résultats des plaintes contre son régime (74) ?

3. Quel fut pour le Canada le résultat du comité spécial de 1857 (75)?

4. Quelle fut dès lors la position de la compagnie dans son propre territoire (75) ?

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