CHAPITRE XII
ÉPREUVES
77. Le P. Grandin nommé Evêque. — Un événement du plus haut intérêt pour les missions catholiques venait de s accomplir cette même année (1859). Dans son A oyage
HISTOIRE DE l’oUEST CANADIEN
en France, Mgr Taché avait obtenu la nomination du P. Grandin comme coadjuteur, en vue surtout des missions du Nord. Le nouveau prélat fut donc sacré évêque de Satala le 3o novembre iSôg.
Cette élévation était d’autant plus opportune que le Grand-Nord allait bientôt devenir le théâtre d’une lutte des plus acerbes entre catholiques et anglicans. Le Rév. M. Hunter était revenu à la Rivière-Rouge avec une pétition qui aurait voulu en éloigner les missionnaires catholiques, bien qu’ils eussent été les premiers à y pénétrer. On ne fit au fort Garry aucun cas de cette pièce; mais l’évêque anglican chargea le Rév. M. Kirkby d’aller remplacer M. Hunter dans l’opposition que celui-ci avait faite aux prêtres du Mackenzie. L’infatigable P. Grollier non seulement fit au ministre protestant une lutte qui devait être couronnée de succès, mais il se rendit même jusqu’au pays des Esquimaux, qu’il fut le premier missionnaire à visiter (i4 septembre 1860). Six semaines plus tard, le P. Végreville allait de son côté fonder au lac Caribou la mission Saint-Pierre, l’un des postes les plus pénibles du Nord qui, pendant 4o ans, allait être la froide patrie du P. Alphonse Gasté.
Ainsi que le P. Séguin, qui n’allait pas tarder à remplacer le P. Grollier dans les glaces du cercle arctique, le P. Gasté était venu de France avec Mgr Grandin, après le sacre de ce prélat par son supérieur général, l’évêque de Marseille.
78. Législation et Incendie. — Dans le Sud, les autorités civiles coopéraient, par une législation empreinte du plus grand respect pour la foi des catholiques, au développement du sentiment religieux parmi leurs concitoyens. Le 27 février 1860, le conseil de l’Assiniboia décrétait que (( ni le conseil, ni les différents tribunaux de l’Assiniboia
ÉPREUVES
ne se réuniraient les jours de fêtes » chômées par les catholiques du pays.
Cette marque de bonne volonté fut, vers la fin de cette année-là, suivie d’une rude épreuve pour la mission catholique. Un jeune prêtre français, M. Joseph Goiffon, s’étant gelé les pieds en voyage, avait été amené au palais épisco-