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LA JUSTICE EN ASSINIBOIA ET LES MISSIONNAIRES DANS LE NORD

8o. Conditions économiques et légales. — La compagnie de la baie d’Hudson était en 1862 gouvernée par M. Alexandre-G. Dallas, qui avait succédé au gouverneur Simpson le 18 mai de la même année; mais la colonie proprement dite avait pour premier magistrat depuis i855, M. F. -G. Johnson, qui remplissait en même temps les fonctions de juge en chef.

C’est alors qu’on inaugura un service postal hebdomadaire entre le fort Garry et Pembina. Les revenus de TAssiniboia provenaient des droits d’entrée, qui étaient de k pour cent sur tous les produits autres que les spiritueux. Ceux-ci ne pouvaient pénétrer dans le pays sans le versement d’un chelin (25 sous) par gallon, et les permis de distillation ou de débit de boissons fortes se payaient 10 livres, permis que l’opposition de douze voisins pouvait faire refuser. Une amende de 10 livres attendait également quiconque était légalement convaincu d’en avoir vendu sans cette licence, et les peines les plus sévères étaient édictées contre ceux qui en fournissaient aux sauvages.

Il y avait aussi des lois pour la prévention des feux de prairie, contre les dommages causés par les animaux en liberté, sur les dettes et la manière de les recouvrer, etc.

La colonie avait, pour juger des infractions à ces lois et aux autres, des tribunaux de juridiction plus ou moins étendue, qu’aidaient, ou devaient aider, un chérif et un corps de police de 12 hommes. Malheureusement, les ser-

Histoire de l’Ouest Canadien.

vices rendus par ces derniers avaient un caractère plus ou moins nominal.

81. Illégalités et ViolenceSé — Or les meilleures lois et l’organisation judiciaire la plus parfaite ne servent de rien si l’on ne fait respecter les décisions des juges, et nous avons vu que, depuis 1860, les autorités de l’Assiniboia ne pouvaient guère compter que sur la bonne volonté individuelle pour se faire obéir. Un cas qui eut dans le temps un grand retentissement devait bientôt faire toucher du doigt l’état d’impuissance dans lequel elles se trouvaient.

Un ministre protestant ayant été légalement convaincu d’une faute grave au cours d’un long procès, fut condamné à 6 mois de prison (i863). Un mois après, on demanda son élargissement. Comme le magistrat, qui était alors le juge Black, homme d’une intégrité reconnue, ne pouvait en conscience accéder à cette requête, une troupe d’hommes délivra de force celui que la justice et même ses meilleurs amis avaient reconnu coupable d’un sérieux délit.

Parmi ses libérateurs se trouvait le maître d’école protestant de Saint- James. Pour la part qu’il avait prise dans cet acte illégal, il fut incarcéré à son tour. Mais le jour même deux métis anglais réclamèrent sa mise en liberté, ainsi qu’une promesse de pardon pour tous ceux qui Pavaient aidé. Puis une trentaine d’hommes armés lui ouvrirent les portes de sa prison, après quoi ils déchargèrent leurs fusils en Pair en signe de victoire.

82. Invasions. — De caractère bien différent étaient alors les troubles qui agitaient l’Extrême-Nord. Catholiques et anglicans luttaient les uns contre les autres, et, pour ne pas laisser en danger les néophytes qu’ils s’y étaient faits, les prêtres catholiques se voyaient condamnés à une vie de déplacements continuels. Pour compléter l’organisation religieuse de ces immenses déserts, le P. Faraud, homme

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