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LA JUSTICE EN ASSINIBOIA

actif, aussi familier avec les travaux manuels qu’avec les efforts de l’esprit, fut, le 3o novembre 1862, sacré évêque d’Anémours, en vertu de bulles qui détachaient du diocèse de Saint-Boniface les deux grands districts de TAthabaska et du Mackenzie.

C’est à cette époque que des bandes de Sioux qui avaient encouru l’inimitié des autorités américaines traversèrent la frontière, pour chercher refuge à l’abri des murs du fort Garry, à la grande consternation des colons auxquels ne souriait nullement l’idée de vivre en compagnie de sauvages qui s’étaient montrés capables de tant de cruauté.

Une autre invasion qui affligea l’Assiniboia en i864 fut celle des sauterelles, qui y produisirent alors les dégâts dont elles sont coutumières.

83. Le Rév. M. Bompas et ses dispositions. — Toutes les missions catholiques chez les Indiens étaient depuis longtemps entre les mains des Oblats. Le 22 mai 1864, le P. Vandenberghe, O. M. I., arrivait à Saint-Boniface, où il était envoyé par son supérieur général faire la visite’ officielle de toutes celles qu’il pourrait atteindre pendant la belle saison.

Un nouveau venu de l’année suivante qui ne devait pas se contenter d’une visite d’inspection, mais allait passer de longues années dans le Grand-Nord et y mourir, était le Rév. William-C. Bompas, ministre anglican qui devait se montrer aussi zélé qu’excentrique et ne parut jamais embarrassé de beaucoup de scrupules quand il eut affaire avec les missionnaires catholiques.

Pour lui et certains de ses confrères, les catholiques étaient des idolâtres; c’étaient, assurait-il aux Indiens, leurs prêtres qui avaient crucifié Notre-Seigneur, et c’est ce qui expliquait pourquoi ceux-ci en portaient l’effigie à la ceinture! Ses grands antagonistes dans le Nord furent les PP. Séguin et Petitot. Ce dernier y était arrivé en 1862, et non

HLSTOIRE DE l’oUEST CANADIEN

seulement il y travailla longtemps et avec succès, mais il publia cartes,, mémoires scientifiques, dictionnaires et grammaires, ainsi que de nombreux ouvrages populaires qui dénotent un esprit aussi cultivé que fécond.

84. Nominations. — Dans ces mêmes immensités du Nord où se livraient ces luttes entre les partisans du schisme et les représentants de rEglise catholique, nous voyons, usé avant le temps et gisant sur une vieille peau de buffle, le P. Grollier rendre le dernier soupir (4 juin i864) après une courte, mais glorieuse carrière.

Dans le Sud, Anderson avait donné en 1864 sa démission comme évêque anglican de la Terre de Rupert. Le D^' Robert Machray lui succéda et arriva à la Rivière- Rouge en octobre i865. L’année suivante, il visita le fort York,, où se trouvaient des adhérents de sa communion.

D’un autre côté, Mgr Faraud n’avait pas plus tôt été sacré évêque qu’il avait sollicité de Rome la faveur d’un auxiliaire pour l’aider à porter le fardeau de son immense vicariat que des infirmités précoces l’empêchaient de soigner comme il l’eût voulu. En conséquence, le P. Isidore Clut lui fut adjoint avec le titre d’évêque d’Erindel (août 1867). Le nouveau prélat s’était déjà dévoué assez longtemps au salut des pauvres Indiens; son élévation ne devait être que le point de départ de nouveaux sacrifices pour la même cause.

QUESTIONNAIRE

1. Quels étaient les principaux magistrats de la Rivière-Rouge en 1862 (80) ?

2. Que savez-vous des lois que régissaient alors ce pays (80) ?

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