CHAPITRE IL
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102. Emigration et Colonisation. — Cependant l’établissement d’un gouvernement stable à Winnipeg, la capitale de la nouvelle province, avait puissamment contribùé à augmenter la population du pays. Un grand nombre des volontaires de Wolseley s’y étaient établis, et on prenait maintenant des terres dans toutes les directions, ce
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qui supposait de nombreux groupes d’arpenteurs opérant dans la contrée. La division du Manitoba en cantons, ou toivnships, fut terminée en 1873, et Ton commença cette même année des arpentages officiels dans les Territoires du Nord-Ouest.
Le premier groupe d’immigrants était arrivé d’Ontario le 26 avril 1871. Dans l’été de la même année, un certain nombre de jeunes gens de Winnipeg se rendirent au fort Edmonton, alors capitale non officielle d’un pays où la rumeur publique voulait qu’on trouvât de l’or. La colonisation s’étendit peu à peu et, vers le mois de juillet 1872, le district du Portage-la-Prairie et le sud-ouest du Manitoba commençaient à avoir une population d’une certaine densité, tandis qu’en juin 1873 un certain nombre de mennonites exploraient le pays en vue de contribuer à sa colonisation.
Un certain courant d’immigration catholique et française se faisait aussi sentir, lequel permettait la fondation des paroisses de Sainte-Agathe (1873) et N.-D. de Lorette (1874), tandis qu’à la capitale, qui comptait déjà près de 5.000 âmes, les Oblats avaient la direction de l’importante paroisse de Sainte-Marie.
io3. La Police à cheval. — Les tribus indiennes étaient encore puissantes, et ne pouvaient voir avec indifférence cette invasion des « visages pâles » sur les plaines sans bornes où, peu d’années auparavant, elles régnaient sans rivaux. Le buffle, leur grande ressource d’autrefois, avait à peu près disparu, et plus d’un (( brave » était tenté de le remplacer par les bêtes à cornes des nouveaux venus.
C’est en partie cette considération qui avait porté le gouvernement canadien à envoyer l’expédition Wolseley. Celle-ci avait pour but, avait-il dit dans ses instructions au gouverneur Archibald, « de protéger les sujets de Sa Majesté contre toute invasion des bandes d’indiens nomades »,
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Ces troupes ayant été rappelées, elles furent remplacées, surtout dans les Territoires, par un corps de gendarmerie connu sous le nom de police à cheval, dont la première organisation date de septembre 1873.
Pour parer au mal que les débitants de boisson faisaient alors à la population indigène, il fut résolu de rendre cette troupe ambulante aussi effective que possible, et, le i5 octobre 1874, 201 hommes sous 16 officiers arrivaient au fort Qu’Appelle, d’où un certain nombre furent envoyés aux forts Pelly et Ellice et aux autres points stratégiques de l’Ouest canadien. Ajoutés à ce qui restait des i5o hommes arrivés l’année précédente, ces importantes recrues formaient un total d’environ 3oo hommes. Cette police unique dans son genre a beaucoup contribué à assurer la paix et l’ordre dans ces immenses régions.
io4. Promotions protestantes et Hautes Etudes. —
Quant aux métis français, un grand nombre émigraient vers le Nord-Ouest, prenant généralement pour objectif la vallée de la Saskatchewan. Des Anglais s’y trouvaient déjà en nombre suffisant pour porter, en 1874, l’Eglise d’Angleterre à former du territoire arrosé par cette rivière une division ecclésiastique sous le nom de diocèse de la Saskatchewan, auquel l’archidiacre McLean fut préposé. La même année, M. Bompas devenait évêque anglican de l’Athabaska.
Dès 1872, le Rév. J. Horden avait aussi été constitué évêque anglican d’un autre diocèse nouvellement formé, celui de Moosonee, qui comprenait le territoire de la baie d’Hudson.
La même communion avait déjà, tout près de Winnipeg, son collège Saint-Jean, qu’elle avait organisé le i®'' novembre 1866. De leur côté, les presbytériens avaient encouragé les hautes études parmi les leurs en établissant, le 10 novembre 1871, le collège Manitoba, à quelque dis-
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tance de la capitale, où il ne tarda pas à être transféré. Quant au collège de Saint-Boniface, il était alors entre les mains des Pères Oblats, en attendant qu’il passât, en 1876, dans celles des prêtres séculiers, dont un certain nombre se trouvaient alors dans l’Ouest.
105. Strictement politique. — Le i4 avril 1872, l’hon. Marc-A. Girard, qui avait le portefeuille de trésorier provincial dans le cabinet de H. -J. Clarke, fut appelé à siéger au sénat du Canada, et cette même année, M. Alexandre Morris succéda au gouverneur Archibald, qui avait donné sa démission, au grand regret des catholiques et des gens bien pensants en général.
En janvier 1878, le premier pas dans la formation d’un gouvernement pour les Territoires du Nord-Ouest fut fait par l’établissement d’un conseil du Nord-Ouest, qui fut alors présidé par le lieutenant-gouverneur du Manitoba. Ce corps politique se composait à l’origine de trois membres français, les honorables M.-A. Girard, P. Breland et J. Dubuc, et de huit de langue anglaise, parmi lesquels se trouvaient deux anciens ennemis politiques, le Schultz et M. A. -G. -B. Bannatyne.
Riel avait lui-même été élu en 1872 aux communes du Canada par ses compatriotes reconnaissants, et, en janvier 1874, l’ancien chef métis, après une nouvelle élection, eut le courage d’aller à Ottaw^a signer son nom sur le registre des députés. Il fut officiellement expulsé des Communes le i5 avril 1874. Le 3 juillet suivant, le gouvernement Clarke ayant été défait, l’hon. M. Girard lui succéda comme premier ministre.
106. Traités Indiens. — Le 3 août 1871, on avait conclu un premier traité avec des Sauteux et des Cris. En septembre 1873, le gouverneur Morris en signa un second par lequel d’autres bandes de Sauteux cédaient une éten-
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due de terre à l’est du lac des Bois formant un total de 55.000 milles carrés. Un autre arrangement du même genre, conclu au lac Qu’Appelle avec les Cris et les Sauteux, ajoutait 75.000 milles carrés au territoire cédé aux blancs (i5 septembre 1874). De là, les commissaires Laird et Christie se rendirent au fort Ellice, où un traité supplémentaire fut fait avec des bandes qui n’avaient pu assister aux négociations de Qu’Appelle.
Des traités encore plus importants furent ceux qui donnaient droit à un territoire de 100.000 milles carrés dans les environs du lac Winnipeg (1875 et 1876). Un autre eut lieu près des forts Carlton et Pitt, dans la vallée de la Saskatchewan, par lequel les Cris de ces régions ne cédaient pas moins de 120.000 milles carrés de terre (août 1876). Un dernier traité devait peu après se conclure avec les Pieds- Noirs, grâce aux bons offices d’un missionnaire catholique.
Le Canada doit beaucoup de sa tranquillité à la fidèle observance des clauses de ces divers traités par son gouvernement central et ceux qui le représentaient sur les différentes réserves dans les limites desquelles les Indiens devaient dès lors se tenir, pour laisser le champ libre aux colonisateurs.
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