‹ Histoire abrégée de l'ouest canadienChapitre 57 sur 78 · CARTE DE LA RÉGION AEEECTÉE PAR LA RÉBELLION · texte numérisé non relu

CARTE DE LA RÉGION AEEECTÉE PAR LA RÉBELLION

les troupes canadiennes, qui trouvaient leur commandant trop prudent, s’ébranlèrent d’elles-mêmes sous la conduite d’un col. Williams et prirent la place d’assaut, infligeant aux métis de plus fortes pertes qu’ils ne leur en avaient fait subir pendant les trois jours précédents. Les métis eurent, pendant ces quatre journées, onze hommes tués

et trente blessés, sans compter trois sauvages qui perdirent la vie pendant le même espace de temps. Quant aux troupes canadiennes, leurs pertes s’élevèrent à huit tués, dont la moitié étaient des officiers, et à quarante-six blessés

Dumont et d’autres s’enfuirent alors aux Etats-Unis; mais Riel, qui eût pu les imiter, resta à rôder dans les environs et fut capturé le i6 mai par des éclaireurs de l’armée canadienne.

127. Résultats de la Rébellion. — Cette défaite des métis fut le signal de la soumission de Faiseur-d’Enclos (26 mai). Gros-Ours tint plus longtemps. Il fut pourtant arrêté à Carlton le 2 juillet suivant, au moment où il se disposait à s’enfoncer dans les immenses forêts du Nord.

Les morts résultant de cette rébellion peuvent se chiffrer ainsi : soldats canadiens, 3g; métis et sauvages, 29; blancs massacrés au lac la Grenouille et ailleurs, 12; exécutés à Régina et à Battleford, 9. Total, 89.

Les pertes matérielles furent surtout au détriment des missions catholiques, qui eurent sept églises, avec les habitations et dépendances des prêtres qui les desservaient, détruites de fond en comble, après que tous leurs objets de prix avaient été pillés par les Indiens rebelles.

Quant au résultat moral, il consista surtout dans l’attention que ces événements attirèrent sur les plaines de l’Ouest et dans l’idée des ressources dont pouvait disposer le gouvernement central pour réprimer tout soulèvement à main armée.

128. Rétribution. — Riel et les membres de son conseil furent menés à Régina pour y subir leur procès. La cause du chef métis fut plaidée devant le juge Richardson et la moitié d’un jury dont tous les membres étaient anglais Malgré le témoignage formel de spécialistes qui déclaré-

LA RÉBELLION DE LA SASKATCHEWAN

rent qu’en matière de politique et de religion il n’était point responsable de ses actes, il fut condamné à mort le août suivant.

Cette sentence excita dans Québec et ailleurs un sentiment d’indignation qui fît ajourner l’exécution du chef métis, mais ne put le sauver.

Dans le calme de sa retraite forcée, Louis Riel se rendit compte de ses égarements. Après s’être formellement rétracté, il mourut sur l’échafaud le i6 novembre i885, pénétré des sentiments les plus chrétiens.

Onze de ses principaux adhérents furent eux-mêmes condamnés au pénitencier, et, le 27 novembre, un nombre égal de sauvages recevaient une sentence de mort qui, pour trois d’entre eux, fut commuée en un emprisonnement à vie. Les huit autres embrassèrent la foi catholique avant d’être exécutés, exemple que suivirent peu après les deux chefs Faiseur-d’Enclos et Gros-Ours.

QUESTIONNAIRE

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