Améliorations et Colonisation dans les Territoires
— Le i5 septembre i885, un remaniement des districts électoraux fait précédemment avait pour résultat la nomi-
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nation de 12 nouveaux conseillers, formant pour les Territoires une espèce de chambre dont l’un des premiers soins fut de censurer le gouvernement fédéral pour sa négligence à faire droit aux demandes des métis. Elle demanda aussi non seulement des pouvoirs plus étendus, mais même l’établissement d’un gouvernement régulier comme ceux dont jouissaient les provinces du Dominion. De plus, trois délégués furent envoyés à Ottawa dans le but d’appuyer ces demandes et plusieurs autres.
En 1886, pas moins de 3i nouvelles écoles furent ouvertes dans le territoire sous sa juridiction, formant avec celles déjà existantes un total de 90, dont 76 étaient protestantes et i4 catholiques. En même emps, un recensement qui venait de s’y faire avait donné i5.ooo habitants à l’Assiniboia, 5. 000 à l’Alberta et 8.000 à la Sasktachewan, abstraction faite des bandes d’indiens qui étaient parqués dans des réserves bien déterminées.
i3i. Progrès religieux. — Parmi ces Indiens, l’Eglise catholique était assez souvent contrecarrée non seulement par ses adversaires naturels, les ministres protestants, mais encore par le mauvais vouloir des représentants du pouvoir civil. Elle n’en poursuivait pas moins son rôle civilisateur au moyen des églises et des écoles, les deux armes sur lesquelles elle comptait pour atteindre son but. Le i3 août i885, le collège de Saint-Boniface était passé aux mains des Jésuites : c’est dire que son avenir était dès lors assuré. Deux ans plus tard, les municipalités de Saint-Laurent, Saint-Louis de Langevin, lac Canard et même Prince- Albert et Battleford, sur la Saskatchewan, possédaient des écoles séparées qui fonctionnaient à la satisfaction de tous.
Moins dépourvue des biens de la terre, l’Eglise d’Angleterre au Canada fondait en 1887 son diocèse de Calgary, auquel elle préposait le Rév. W.-C. Pinkham, tandis que,
dans le but de faciliter l’administration de la justice, les autorités civiles du Nord-Ouest divisaient leurs vastes Territoires en 5 districts judiciaires (i8 février 1887).
132. Chute du Ministère Norquay. — Les choses allaient moins bien au Manitoba. L’un des principaux griefs de cette province était la fréquence avec laquelle le gouvernement fédéral annulait les chartes qu’elle accordait aux compagnies de chemin de fer désireuses d’aider à la colonisation de son territoire. Poussé par les autorités du Pacifique-Canadien, qui se disaient lésées dans leurs droits par l’établissement d’une ligne qui devait relier Winnipeg aux Etats-Unis, ce gouvernement venait en particulier de désavouer la charte que la législature provinciale avait concédée à une compagnie formée dans le but d’en promouvoir la construction.
Le gouvernement Norquay passa outre, et fit commencer les travaux de terrassement de cette voie. Mais l’argent manqua bientôt, et un voyage que le premier ministre fit dans l’Est pour en emprunter, n’aboutit à rien. Pour comble d’infortune, ses amis l’abandonnèrent les uns après les autres, à tel point qu’un député qui lui devait beaucoup lui reprocha différentes irrégularités dans une pétition qu’il adressa au lieutenant-gouverneur. En conséquence, M. Norquay se crut obligé de donner sa démission (22 décembre 1887). Le D** D.-H. Harrison lui ayant succédé dut, par suite de la défaite de M. Burke, son secrétaire provincial, céder lui-même sa place à M. Thomas Greenw^ay, qui forma (19 janvier 1888) la première administration libérale du Manitoba.
133. La Formule du Gouvernement des Territoires est changée. — M. James-E.-P. Prendergast, Canadien-français avec un nom irlandais, fut alors nommé secrétaire provincial du Manitoba qui, le 2 juillet 1888, voyait devenir lieutenant-gouverneur le D** Schultz, l’ancien adversaire de
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Riel. Il est Niai que cette nomination fâcheuse pour les intérêts catholiques fut, deux jours après, contrebalancée par celle de M. Joseph Royal, qui remplaçait alors M. Dewdney comme lieutenant-gouverneur des Territoires.
La forme du gouvernement de ces derniers venait, au cours de 1888, d’être changée. Ottaw^a leur avait octroyé une constitution qui abolissait le conseil et le remplaçait par une assemblée législative, qui ne devait pas tarder ellemême à trouver ses pouvoirs trop restreints. En même temps, ces Territoires étaient divisés en 19 districts électoraux qui envoyaient 22 députés à la chambre. L’Assiniboia en avait ii, T Alberta 6 et la Saskatchew^an 5. Trois juges participaient aux travaux de cette chambre en qualité d’experts en loi, et cinq autres représentants, parmi lesquels se trouvait M. W.-G. Haultain, étaient constitués conseillers du gouverneur.
i34. Colonisation et Concile. — Cependant la population du Manitoba augmentait d’une manière merveilleuse, grâce à une énergique campagne de colonisation qui devait inonder le pays d’éléments les plus disparates : allemands et polonais, russes et Scandinaves, ajoutés aux colons qui se réclamaient des Iles Britanniques. Pour empêcher son peuple d’être tout à fait noyé par cette vague d’immigration à outrance, Mgr Taché encouragea la venue de ses propres compatriotes dans son pays d’adoption, et les efforts de ses lieutenants occasionnèrent la fondation, de 1888 à 1890, de Grande-Clairière, Sainte-Anne du Loup, ou Wolseley, Fannystelle, La Salle et Saint-Malo.
L’année 1889 marquée, dans les sphères séculières, par la mort de trois hommes politiques, A. -G. -B. Bannatyne, J. Norquay et H. -J. Clarke, qui avaient joué un assez grand rôle dans l’histoire du Manitoba.
Dans les cercles religieux du même pays, un événement encore plus important fut le concile provincial de Saint-
HISTOIRE DE l'oUEST CANADIEN
Boniface, qui se tint du i6 au 24 juillet 1889. H se composait de Mgr Taché, archevêque de Saint-Boniface; Mgr Grandin, évêque de Saint-Albert; Mgr Faraud, vicaire-apostolique de FAthabaska-Mackenzie; Mgr Clut, son auxiliaire, et du T. R. P. Célestin Augier, provincial des Oblats de l’Est, représentant Mgr d’Herbomez, vicaire apostolique de la Colombie Britannique, empêché par la maladie.
i35. Nouveaux Evêques dans le Nord. — L’un des Pères de ce concile ne devait pas lui survivre longtemps. Après avoir fourni une carrière des mieux remplies dans les neiges du Nord, Mgr Faraud mourut le 26 septembre 1890 à Saint-Boniface, que la maladie ne lui avait pas permis de quitter pour rentrer chez lui. Le P. Emile Grouard, lui aussi un pionnier du Grand-Nord, lui succéda le 18 octobre de la même année, avec le titre d’évêque d’Ibora.
La nomination d’un autre dignitaire ecclésiastique répondit à un voeu du concile, qui avait demandé que la partie orientale du diocèse de Saint-Albert fût érigée en un vicariat apostolique dè la Saskatchewan. Le P. Albert Pascal, précédemment missionnaire au lac Athabaska, fut mis à la tête de la nouvelle division ecclésiastique et nommé évêque de Mosynopolis (19 avril 1891).
Enfin, s’il est permis de mettre les prélats protestants en ligne de compte avec ceux de l’Eglise catholique, nous