LE GOUVERNEUR FORGET
i48. Autres Nominations. — Pendant ce temps (1899), un nouveau district se formait pour les anglicans sous le nom de diocèse de Keewatin, et les protestants des
autres sectes couvraient le pays d’une multitude de temples, où se prêchaient les doctrines les plus divergentes.
L’Eglise catholique, qui a reçu de son divin Fondateur le dépôt de la vérité, une et indivisible, ne pouvait se laisser vaincre par ses ennemis naturels. Non seulement
de nouvelles paroisses surgissaient partout, mais le 22 juillet 1901, les vallées du Mackenzie et du Youkon furent érigées en vicariat apostolique et confiées au R. P. Gabriel Breynat, O. M. L, élevé à la dignité épiscopale sous le titre d’Adramyte. Monseigneur Grouard devenait par le fait même vicaire apostolique de FAthabaska, et s’établissait sur le petit lac des Esclaves, à une place qui ne devait pas tarder à porter son nom.
Ces nominations furent malheureusement bientôt après contrebalancées par la mort de Mgr Grandin, évêque de Saint- Albert, un véritable saint qui, malgré une santé délicate, avait donné près de 48 ans de sa vie aux pénibles missions du Grand- Nord et de l’Extrême-Ouest.
i4q. Nouvelles Paroisses et nouveaux Colons. — La
vallée de la Saskatchewan possédait depuis déjà assez long-
Mgr LANGEVTN, O. M. I.
PROGRÈS A l’ouest ET AU NORD
temps les paroisses catholiques de Saint-Louis, Saint-Laurent, lac Canard et Batoche, ou Saint- Antoine. D’autres centres français, Domrémy, Bonne Madone, Bellevue et Marcellin, se fondaient alors dans la même région, pendant que les anciennes paroisses du Manitoba, Sainte- Anne des Chênes, Saint-Norbert, Sainte- Agathe, Saint-Adolphe, Saint- Eustache, Saint-Jean-Baptiste et d’autres, ou bien se fortifiaient par l’arrivée de nouveaux colons, ou bien envoyaient de leurs habitants contribuer à l’établissement de nouveaux centres plus à Touest. En même temps, les villes anglaises de Winnipeg, Portage-la-Prairie, Brandon et une foule d’autres, voyaient leur population croître d’une manière vraiment remarquable.
De leur côté, les Allemands et les Polonais, qui arrivaient maintenant nombreux d’Europe et des Etats-Unis, commençaient à former des groupes distincts dans le pays. Les uns et les autres s’établissaient à Winnipeg; mais, tandis que ceux des Polonais qui voulaient se livrer à l’agriculture se dirigeaient en assez grand nombre vers le nord du Manitoba, les Allemands choisissaient de préférence les vastes plaines de ce qui allait bientôt s’appeler la province de la Saskatchewan. Quant aux Ruthènes, ils étaient un peu partout, et, malgré les efforts de Mgr Langevin et de ses frères dans l’épiscopat pour leur trouver des prêtres de leur rite, un trop grand nombre restaient encore sans pasteur.
QUESTIONNAIRE