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PROGRÈS A L’OUEST ET AU NORD

i45. Métis et Ruthènes. — Cependant, le P. Lacombe avait obtenu du gouvernement fédéral une grande concession de terres pour y établir ceux des métis qui se trouvaient dans des conditions pénibles au point de vue matériel ou dangereuses pour leur bien-être spirituel. Il essaya de les y grouper et de les former, par l’intermédiaire de leur prêtre, à une vie plus régulière que celle qu’ils avaient menée (1896). Située près de la Saskatchewan du Nord, à quelque distance à l’est d’Edmonton, cette colonie reçut le nom de Saint-Paul des Métis; mais elle ne fut jamais un succès, et elle a depuis été remplacée par plusieurs centres de population blanche et catholique.

Catholiques aussi, bien que de rite différent, étaient de nouveaux arrivés dont le premier groupe fît son apparition à Winnipeg vers la mi-novembre 1896. C’étaient des Ruthènes, chrétiens de rite grec uni, qui devaient ensuite

HISTOIRE DE l’oUEST CANADIEN

couvrir une bonne partie du pays de leurs bataillons serrés.

Puis, comme les infirmités de Mgr Grandin lui rendaient difficile, sinon impossible, l’accomplissement de ses devoirs épiscopaux dans l’Extrême-Ouest, un coadjuteur lui fut donné le 29 mars 1897 dans la personne de Mgr Emile Legal, O. M. L, qui travaillait dans son diocèse depuis

146. Organisation et Commissions. — Dans les cercles politiques du Nord-Ouest, l’année 1897 fut signalée par une réorganisation du gouvernement de ses Territoires, qui le divisait en ministères avec pouvoirs presque aussi étendus que ceux des gouvernements provinciaux du Canada. Par contre, à cause de son isolement et de sa grande distance de Régina, le Youkon, où de riches mines d’or venaient d’être découvertes, fut peu après soustrait à l’autorité de l’administration qui y siégeait, et constitué en Territoire distinct avec un gouvernement spécial.

Des foules immenses de chercheurs d’or se portaient alors (1898-99) vers ce nouveau pays de cocagne. Pour prévenir tout sujet de dispute entre ces étrangers et les tribus indiennes dont ils traversaient les forêts, une commission, avec le P. Lacombe comme conseiller, fut envoyée dans le Grand-Nord au cours de 1899. Elle assigna des réserves aux sauvages et leur garantit certains avantages annuels en retour de l’abandon qu’ils faisaient de leurs droits au pays de leurs ancêtres. Pendant ce temps, une seconde commission conférait aux métis de la même région les titres à leurs terres et les autres privilèges dont on avait gratifié leurs compatriotes du Sud.

147. Nominations civiles. — M. Macintosh avait été remplacé comme lieutenant-gouverneur des Territoires par M. Malcom-C. Cameron en juin 1899. Le nouveau dignitaire ayant dû se rendre dans l’Ouest, M. Hugh Richard-

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son fut nommé administrateur en son absence. Mais Cameron mourut dans l’Ontario, le 20 septembre 1898, et un Canadien-français qui vivait dans l’Ouest depuis un quart de siècle et y avait rempli des postes importants, M. Amédée-Emmanuel Forget, fut appelé à lui succéder.

Le avril 1899, des élections générales eurent lieu dans les Territoires. Leur issue fut favorable à M. Haultain, bien que dans la suite sa majorité ait parfois été assez faible.

Au Manitoba, le gouvernement Greenway fut battu le 7 décembre suivant.

M. Hugh-John Macdonald fut appelé à former une nouvelle administration au commencement de 1900; mais il fut, à l’automne de la même année, remplacé comme premier ministre par

M. Rodmond-R. Roblin, qui devait se maintenir de longues années au pouvoir et améliorer quelque peu la position des catholiques du Manitoba en ce qui était de l’éducation de leurs enfants.

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