‹ Histoire abrégée de l'ouest canadienChapitre 9 sur 78 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

ÉPOQUE DE TRANSITION

16. Premiers Métis et Traiteurs anglais. — Par la cession du Canada en 1763, l’Ouest, qui a\ait jusqu’alors été français, devint territoire britannique. Sous le nouveau régime, il vit ses postes de traite disparaître les uns après les autres; mais plusieurs des compagnons des premiers explorateurs français étant restés dans le pays, s’y unirent à des Indiennes et donnèrent ainsi naissance à la remarquable race des Métis. Leur exemple fut suivi par d’autres Canadiens-français appelés coureurs de bois, qui s’y rendirent ensuite.

Les Anglais n’y furent représentés que par certains aventuriers, comme les deux Alexandre Henry, qui y firent le commerce des fourrures au compte de maisons de Montréal.

La compagnie de la baie d’Hudson vit d’un mauvais œil ces opérations commerciales dans un pays qu’elle regardait comme exclusivement sien, bien qu’elle n’eût jamais osé s’y introduire. Accusée de manque d’initiative par ses détracteurs, elle voulut alors faire quelque chose pour la géographie, tout en servant ses propres intérêts. Dans ce but, elle envoya Samuel Hearne, l’un de ses « traiteurs )) sur la baie, explorer le pays au nord-ouest des froids rivages auxquels elle s’était jusque-là comme cramponnée. Les sauvages représentaient alors la vallée d’une certaine rivière (la Coppermine des Anglais) comme abondant en cuivre natif, et elle voulut savoir à quoi s’en tenir sur ce point.

ÉPOQUE DE TRANSITION

17. Voyages de Hearne. — En compagnie d’indiens peu fidèles, Hearne quitta, le 6 novembre 1769, le fort du Prince de Galles, ou Churchill; mais il y rentrait peu après, abandonné de ses compagnons. Deux mois plus tard, il en repartait avec d’autres sauvages, et il s’était enfoncé assez avant dans le Nord-Ouest, lorsque, son quadrant s’étant brisé, il fut obligé de reprendre le chemin de la baie.

Une troisième tentative fut plus heureuse. Accompagné d’un chef appelé Mattonabi, auquel se joignirent plus tard un grand nombre de Dénés aussi cruels qu’éhontés, qui massacrèrent un jour deux douzaines d’Esquimaux inoffensifs, il parvint non seulement à la rivière du Cuivre, mais aperçut même dans le lointain l’océan Glacial, après avoir fait de son itinéraire une carte remarquable par l’exagération des distances. Puis il dirigea ses pas vers la région du grand lac des Esclaves, qu’il fut le premier blanc à voir (24 décembre 1771).

Son retour à la baie d’Hudson s’effectua le 3o juin 1772. Il emportait avec lui, en outre de sa carte, les notes qui lui servirent à écrire et à publier plus tard un livre excessivement précieux pour quiconque veut étudier une race sauvage, comme celle des Dénés, prise au naturel.

18. Explorations et Hostilités. — La semaine même du retour de Hearne au fort du Prince de Galles, un Anglais du nom de Matthew Cocking se rendait à la Saskatchewan, qu’il remontait jusqu’à Pasquia en un point un peu à l’est du confluent des deux branches de cette rivière. De

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