‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 112 sur 221 · RNSE TERME EN COST ETAT RS · texte numérisé non relu

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Balbuena (1568-1627) est, suivant Quintata, un des poëtes les plus féconds de l’époque des Argensola. Son poëme pastoral du Siècle d'or, et son poëme épique de Bernardo contiennent des beautés de premier ordre et des défauts vulgaires. Sans s'occuper des règles de l’art, il écrit d'une main vigoureuse, Nul, parmi ses contemporains, n’a su gi bien broyer ses couleurs et donner du vernis à ses compositions, Le talent de Balbuena ressemble à ces champs couverts d'une luxuriante végétation; tout s’y confond avec une profusion, une exubérance telle que l'esprit s’en fatigue avant d’avoir tout vu. Arguijo a toutes les marques d’un esprit supérieur. Parmi ses sonnets moraux, on cite surtout ceux qui ont trait à l’Avarice, au Calme et à la Tempête.

Les Argensola (Lupereio et Bortholomé) ont exercé sur leur époque une influence bienfaisante, Ce n’est pas qu’ils se fassent remarquer par une imagination supérieure ; leur grand mérite est d'avoir introduit, à une époque où l’art était encore chancelant, cet ordre, cet arrangement, cet amour des règles, sans lesquels il n’y a pas de véritable poésie. Lupercio a brûlé, avant de mourir, la plupart de ses écrits, Son frère, Bortholomé, a laissé de nombreux ouvrages, entre autres, l'Histoire de la conquête des îles Mollusques, les Annales d'Aragon et les Æimas. Le premier était un politique grave, honnête et loyal; le second un prêtre austère, pieux et réservé. C’est justement ce qu'il fallait pour asseoir sur des bases solides cette fameuse école des Argensola, qui avait pour but de soumettre les notions du beau et du vrai aux règles du goût,

On cite, parmi le peu qui reste des œuvres de l'aîné, un sonnet sur le Sommeil, C'est un modèle du genre, Les Odes ou Cancions religieuses de Bortholomé, ainsi que ses deux satyres sur les Vices des Cours etles Prétentions des hommes, lui ont acquis l'admiration de ses concitoyens,

Cespedes (1538-1608), est à la fois sculpteur, peintre, antiquaire et poëte. Son poëme de la peinture, dans le genre didactique, n'e * pas complet; ce qui reste suffit pour immortaliser le poëte, comme sa Cène a immortalisé le peintre.

Le plus grand traducteur de l'Espagne est Juan de Xaurequi (1641). Ses derniers ouvrages se sentent un peu de l’afféterie du gongourisme. Sa traduction d’'Aminta est la plus classique de la poésie castillane; on ne peut fairecette louange à ses Æimas ni à la Pharsale et à Orphée.

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Juan de la Crux (1542-1591), carmélite déchaussé, se distingua dans la poésie mystique. Sa cancion, la Nuit obscure, et le Dialogue entre une âme et le Christ son époux, sont tous deux ravissants. C’est le Tibulle de l'Espagne :—toujours tendre, toujours affectueux, toujours guave et coulant, harmonieux et châtié.

Les Cantilènes, es Délices et les Erotiques de Villegas (1595-1669), gout l’œuvre de sa jeunesse ; il est demeuré le maître de la cantilène en Espagne. Heureux, s’écrie un de ses admirateurs, qui peut entendre une jeune fille de Madrid ou de Tolède réciter la eantilène du Petit oiseau où la Lutte d'amour, ou l'Abeille dans le rosier ! sa voix cadencée, son geste expressif, ses yeux riants, tout, jusqu'au balancement de sa tête, relèvent le charme intime de ces belles mélodies, aux refrains si voluptucux et si vifs; de tels chants, pour nous servir d’une expression espagnole, sont comme ces vins généreux et pétillants qui échauffent la tête du jeune homme et qui réjouissent le cœur du vieillard,

La poésie épique n’a jamais pu réussir en Espagne: Ercilla, auteur de l'Araucanie, semble l'emporter sur tous. [l occupe le premier rang après le portugais Camoëns, Esquissons ces deux portraits.

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