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ORIGINES DU THÉATRE FRANÇAIS

Les origines du théâtre français se perdent dans la nuit des temps. Boileau a dit:

Chez nos dévots aïeux le théâtre abhorré

Fut longtemps dans la France un plaisir ignoré De pélerins, dit-on, une troupe grossière

En public, à Paris, y monta la première ; Et sottement zélée en sa simplicité

Joua les Saints, la Vierge et Dieu par piété.

Boileau fait allusion aux confréries de la Passion. “ Mais avant ces pieuses associations laïques, d’autres associations avaient accompli une œuvre de même nature. Un autre système avait fourni sa course et satisfait les imaginations populaires, toujours avides de plaisirs scéniques et des émotions du drame. Les Mystères, les Moralites, les Sottises, représentées par les soins des corporations de métiers et aux frais des compagnies de judicature, sur nos places publiques et dans les salles de nos maisons de ville, sont une des formes les plus récentes de l'art théâtral, et, par conséquent, ne sauraient être considérées comme l'origine directe et véritable du théâtre tel que nous le voyons.” (1) Ce dernie

(1) M. Magnin: Les origines du théatre moderne.

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système en aurait donc remplacé un autre, De là, le drame hiératique, qui remplit tout le moyen-âge, a parcouru trois phases successives; 10 l'époque de la co-existence du polythéisme et du christianisme, 20 l'époque de l'unité catholique, 30 l’époque de la participation des laïques aux arts exercés jusque là par le clergé seul. La première période s'étend du Ier au VIe siècle, la seconde du VIe au XIIe siècle, la troisième finit au XVIe siècle.

Au XVe siècle, lors de la participation des laïques aux représentations théâtrales, trois associations rivales se formèrent: La Confrérie de la Pussion, les Clercs de la Basoche et ls Enfants sans-souci. La première a traité le sujet de la Passion. Malgré toute sa grandeur et ses beautés inhérentes, le poëte a manqué à ce sujet traité et remanié tant de fois. Ce mystère de la Passion se divisait en vingt journées et contenait environ 40,000 vers; c'était à vrai dire tout l’évangile rimé. Il fut joué à Paris, en 1402.

Les Basochiens appelèrent leurs pièces: Moralités. (Celles du Bien advisé et du Mal advisé sont les plus célèbres de leur répertoire. Les personnages représentent des abstractions comme la Tendresse, la Foi, l'Humalité, la Raison, ete.

Les Enfants sans-souci donnèrent le nom de Sottises à leurs drames. C'étaient pour la plupart des jeunes gens oisifs qui entreprirent de corriger les sottises des hommes, La célèbre farce de Maître Pierre Pathelin est le chef-d'œuvre dramatique du moyen-âge sous le rapport de la régularité du plan, de la verve et de la conception.

Au XVe siècle, la poésie trouva un interprète éloquent dans la personne de Charles d'Orléans (1391-1465), écrivain enjoué, facile, délicat. ‘ Son volume de poésie est le plus original du XVe siècle; c’est le premier ouvrage où l'imagination soit correcte et naïve, où le style offre une élégance prématurée, où le poëte, par la douce émotion dont il était rempli, trouve de ces expressions qui n’ont point de date, et qui, étant toujours vraies, ne passent pas de la langue et de la mémoire d'un peuple. Sans doute, quelques empreintes de rouille se mêlent à ces beautés primitives; mais il n'est pas d'étude où l’on puisse mieux découvrir ce que lidiôme français, manié par un homme de génie, offrait déjà de créations heureuses.” (1)

Villon (1431) est bien inférieur à Charles d'Orléans, On a de lui

(1) Villemain,

deux Testaments, son Jargon, écrit en argot, des Ballades, deux scènes comiques, ete. Il a, dit Boileau :

ééshes su un des premiers, dans ces siècles grossiers Débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers,

On admire encore son fin badinage ; c’est lui qui forma Marot, Christine de Pisan et Alain Chartier, que nous avons cités parmi les prosateurs du

XVe siècle, occupent, le dernier surtout, un rang distingué dans Wa .

poésie de cette époque, On cite les Dicts moraux à son fils et d'autres petites pièces de la première et le Débat du réveil-matin, la Belle Dame sans mercy, la Complainte contre lu Mort qui lui a ôté sa Dame, l'Eloge de la paix, le Livre des quatre Dames, ete., qui illustrèrent le second, Alain Chartier était, comme on l’a dit, un des plus beaux esprits et un des plus laids hommes de son siècle. La monotonie de ses vers les rend fades et languissants, Le cidre et le vin, tels sont les sujets favoris chantés par Olivier Basselin qui naquit vers le milieu du XIVe siècle, et qui mourut en 1418. Plusieurs le considèrent comme l'inventeur du vaudeville, alors appelé Vau-de- Vire.

Avec le XVIe siècle brilla un nouvel aurore pour les lettres françaises, François IL. surnommé le Père des lettres, réunit autour de lui un grand nombre de savants qui jetèrent les premières bases du Collége de France, Les nombreux démêlés du roi de France avec l'Angleterre, l'Allemagne et surtout avec l'Italie, qui était en pleine Renaissance, contribuèrent à la diffusion des lumières scientifiques et littéraires en France, Parmi les principaux savants de cette époque, et les professeurs les plus distingués, on mentionne Natable et Mercier pour l'hébreu; Pierre Damès pour le grec; Jean Dorat, maître de Ronsard, qui laissa plus de 50,000 vers latins, grecs ou français; Lambin et Jean Passerat pour le latin; Ramus dans la philosophie; Turnèbe; Budée, le premier des philosophes du XVIe siècle; Etienne Dalet, “le grand cicéronien;” Muret, illustre par sa douceur et son élégance; Juste Lipse, César Scaliger et Casaubon, qu'on appelait les triumvirs de la république des lettres; Joseph Scaliger, fils du précédent, proclamé par ses contemporains: ‘“‘abîme d’érudition, féconde science, chef-d'œuvre et mirack, dernier effort de la nature.”

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