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que, au grand air, au milieu des populations enthousiastes. Le carac. tère distinctif de cette poésie est le mélange des idées religieuses et des images de g:lanterie présentées avec une bonne foi si complète qu’on ne peut y voir rien qui puisse porter le sourire aux lèvres. On reconnaît dans leurs chants l'influence de la poésie espagnole etarabe, Ils s'expriment dans un langage riant et gracieux. Un troubadour de Gascogne, Girand de Calanson, donne les conseils suivants à un jongleur: “Sache bien trouver, bien rimer, bien proposer un jeu-parti; sache jouer du tambour eu des cymbales, et faire retentir la symphonie ; sache jeter et retenir de petites pommes avec des couteaux, imiter le chant des oiseaux, faire des tours avec des corbeilles, faire attaquer des châteaux, faire sauter (sans doute des singes), jouer de la citole et de la mandore, manier la manicorde et la guitare, garnir la roue avec dix-sept cordes, jouer de la harpe, et bien accorder la gigue pour faire égayer l’air du psalterion, Jongleur tu feras prép.rer neuf instruments et dix cerdes; si tu apprends à en bien jouer, ils fourniront à tous tes besoins; fais aussi retentir les lyres et résonner les grelots. (1)
L'époque des Troubadours embrasse 170 ans environ (1090-1260), Plus de 200 Troudadours parurent durant cette période.
Avec un caractère plus positif le roman wallon se prépara un avenir durable à côté des brill: tes mais éphémères destinées de la littérature provençale. : Le nombre es Trouvères du XITe siècle à la fin du XIIIe siècle s'élève à plus de 20U et leurs ouvrages sont remarquables. C'est dans leurs œuvres que l’on trouve les grandes créations du moyen-âge, entr'autres la chevalerie. Leur muse variée et galante nous a trans mis ces innombrables romans de chevalerie, épopées gigantesques, remarquables, sinon par le génie du moins par une imagination brillante et une fécondité intarissable, On a divisé les romans de chevalerie en trois classes principales: les romans de la cour du roi Artus, ou roman de la Table-Ronde, les Amadis, et les romans de la cour de Charlemagne.
Robert Wace est l’auteur du roman de Rou et du roman de Brut (1155), histoire fabuleuse des premiers rois de la Grande-Bretagne, Merlin, Tristan de Leonaiïs, Lancelot du Lac, Galaad, son fils, Perceval le Gallois, étaient les principaux Trouvères de la cour du roi Artus.
Le roman d'Amadis de Guule, celui d'Alexandre, par Alexandre
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(1) Sismondi : Littérature du midi de l'Europe.
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Pâris, le Roman du renard, par Pierre de Saint-Cloud, appartiennent à la seconde classe des romans de chevalerie, On cherchait plutôt à célébrer la vaillance de l’homme que la grandeur des faits,
La troisième classe, ou les romans de la cour de Charlemagne, comprend ceux qui sont connus sous le nom de Romans des douze pairs de France. Ces poëtes avaient devant eux un vaste champ our s'ins. pirer. Les grandes figures de Charles Martel et de Charlemagne, le souvenir des luttes gigantesques contre les Maures, l'honneur chevaleresque, les brillants faits d'armes, les tournois, étaient propres à exalter l'imagination et à inspirer le poëte. La Chronique de Turpin est le plus célébre des romans des douze pairs.
La langue d’oil a encore fourni la Bible de Guiot, poéme satyrique imité plus tard par Rabelais; des Fabliaux ou Lais, satyre d’un genre très cultivé alors, imités dans la suite par Boccace, Lafontaine, Molière et Voltaire; Le Custoiement, ou instructions morales d'un père à son fils Marie de France a écrit une collection de Lais qui nous est parvenue, et un recueil de Fables, intitulé, Dits d’Ysopet, rempli d'excellentes qualités. Mais le plus célèbre de tous les Trouvères est Thibaut de Champagne (1201-1253), qui cultiva le premier la poésie légère. Sa versification est élégante, claire et précise. Thibaut s’adressait à l’aristocratie, on voit qu’en voulant rehausser la poésie il ne perdit pas de vue les hommages que son talent lui gagnait. Rutebeuf (1250-1300), occupe aussi une place marquante parmi les fondateurs de Ja littérature française. Moins élégant peut-être que Thibaut, il est plus ferme, plus net, plus précis et partant plus apte à rendre des services à une littérature naissante.
Le XIIIe siècle a vu naître, en outre, plusieurs poëmes didactiques, entr'autres, le Castoiement des Dames, par Robert de Blois, et le Muriage des sept arts, par Tamturier. Mais la plus célèbre production de l'époque est le poëme allégorique, le Roman de la Rose, en 18,000 vers de huit syllabes, par Guillaume de Lorris, (1260), et Jean de Meung, Le sujet est le même que celui traité par Ovide dans les trois livres: De arte amandi, peinture souvent trop fidèle des vices et de la corruption de la société, Ce roman touche à tous les sujets: philosophie, histoire, mythologie, scolastique, astronomie, astrologie, chimie, alchimie ; c’est le poéme de Dante, a-t-on dit, moins le génie. Sous le point de vue de l'art, un des plus grands défauts du Roman de la Rose est cette longue, froide et vague allégorie sur laquelle il repose.
Avec l'affranchissement des communes date, au XITe siècle, un élan non moins noble vers l'indépendance de la pensée : l'émancipation d'un peuple est toujours une source féconde d'inspiration. La poésie, dignement représentée par un essairo de Trouvères qui promen:ient leur carrière dans les régions de la fiction, eût, à cette époque, pour 'assister dans ses explorations aventureuses, des compagnons plus graves mais non moins intéressants : c’est alors que naquit la prose française et l’histoire,
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Geoffroy de Villehardoin { -. 18), a fait le récit de la Conquête de Constantinople depuis 1198 jusqu'à 1207. Il prit part aux événe. ments qu'il raconte. Cette chronique se recommande par la simplicité du style et la vérité historique. Joinville (1223-1317), écrivait 100 ans après Villehardoin. On a de lui une Jistoire de Suint Louis. Il avait accompagné ce roi de France dans ses croisades en Orient : ila laissé des données exactes sur la vie tant publique que privée de ce saint monarque. Il raconte simplement, sans commentaire, sans faire aucune réflexion, mais avec une simplicité charmante ; chaque page est un modèle de narration.
Le XIVe siècle compte, parmi ses principaux chroniqueurs, Christine de Pisan (1363). Elle a beaucoup écrit tant en prose qu’en vers; elle est surtout connue par son Histoire de Charles V, la Chronique de Du Guesclin et l'Histoire de Boucicaut. Elle aime un peu trop les recherches ; son ton est parfois emphatique, et elle fait souvent preuve d'une érudition déplacée; on l’accuse de partialité. Elle a joint, la première, la morale au récit par des réflexions qui, à la vérité, ne viennent pas toujours à propos, mais qui n’en sont pas moins un véritable progrès sur les récits trop monotones de ses prédécesseurs.
Froissart (1337-1410), est le meilleur représentant de la chronique au XIVe siècle, Ses Zistoires sont le tableau vivant des mœurs de son temps. Il raconte sans ordre et sans critique; mais il possède à un haut degré l’art de peindre. Personne n’a pu donner une idée plus précise et plus exacte du XIVe siècle ; nul ne connaît mieux les mille et un détails qui doivent former et enjoliver le fond d’un tableau. “ Depuis près de cinq siècles, dit M. Nisard, que ses chroniques ont été écrites, l'esprit français se reconnaît aux qualités de ces charmants récits, à cette clarté, à cette suite, à cette proportion, à cette absence d'exagéra-
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tion, à ces couleurs déjâ mêlées et variées d'une main habile, et dont aucune n’éblouit. De même, la langue française se reconnaît à cette netteté d'expression, à cette grâce du tour, à cette fermeté sans roideur, à cet éclat tempéré qui frappent le critique le moins suspect d’archaïsme, et que sentiraient ceux même qui veulent lire sans juger. ”
LE XVe. SIÈCLE,
Sous tous les rapports, dit M. de Barente, le XVe siècle nous conduit au seuil d'un monde nouveau..…....Le XVe siècle a inventé l'imprimerie et découvert l'Amérique, et il n’a pu cependant se douter de la portée infinie de ces deux nouveautés... Le tableau du XVe siècle doit reproduire cette ignorance de lui-même et de la grandeur des choses qu'il faisait, cette activité qui accomplit tant de changements sans les avoir explicitement voulus. C'était là le trait principal de ce moment critique de l’histoire moderne.
Pour continuer la liste des chroniqueurs nous citerons Enguerrand de Monstrelet (1390) qui a continué Froissart, Sa chronique date de 1400 et se termine en 1453. Il est trop diffus, et Rabelais lui reprochait d'être ‘“baveux comme un pot à moutarde.” Juvénal des Ursins (1388) est l'écrivain impartial de l'Histoire de Charles VI. et des choses mémorables advenues pendant quarante ans de son règne (1380-1422). Alain Chartier (1386), connu plutôt comme poëte que comme historien, a laissé une Histoire de Charles VII. de peu de mérite, et le Quadriloque où il demande raison des abus de son époque. La Chronique de Jean Molinet (1508), qui s'étend de 1474 à 1504, ne mérite guère d’être citée, Olivier de la Marche (1426-1501) a surpassé ses deux prédécesseurs dans ses Mémoires et son Etat de la Maison de Bourgogne.
Philippe de Comines (1445-1509) est l'historien, le Tacite de Louis XI. ; il est le meilleur écrivain en prose du XVe siècle, Ses Mémoires sont un monument durable élevé à la gloire des lettres françaises, Il a toutes les grandes qualités qui font l'historien. On remarque surtout le point de vue religieux avec lequel il embrasse tous les événements qu'il raconte. “Il a, dit Montaigne, autorité et gravité, et sent partout son homme de bon lieu élevé aux grandes affaires” Au talent de narrer, Comines joint la sagacité politique.
L'histoire de l’éloquence religieuse s'ouvre par un nom immortel, St.
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Bernard. Nous n'avons pas à considérer ici le souverain de la chrétienté au XIIe siècle, le réformateur des mœurs, l'arbitre des querelles politi. ques et religieuses. Son éloquence est persuasive et entraînante; nul n'est plus naturel par la vérité du sentiment, la grandeur des idées et la vigueur logique ; à côté de l’orateur on distingue encore le rhéteur.
Jean Charlier Gerson (1429), l'auteur présumé de l’Zmitation de Jésus-Christ, se place à côté de St. Bernard dans l’éloquence religieuse du moyen-âge. Il est l’auteur du livre De auferibilitate papal, dans le. quel il proclame la suprématie de l'Eglise assemblée sur l'autorité du pape. Il fut surnommé le plus excellent docteur de l'Eglise.
Olivier Mallard naquit dans la première moitié du XVe siècle, I] prêchait avec hardiesse et sommait tout son auditoire à son tribunal, Princes, grands, nobles, religieux, prélats, vilains, tout le monde passait par sa censure. On a de lui: l’Znstruction et Consolation de la Vie, Le sentier du Paradis, La confession du Père Olivier, Une chanson piteuse, qu'il chanta, dit-on, dans un de ses sermons.