LAROCHEFOUCAULD—LABRUYÈRE
François; duc de Larochefoucauld (1613-1680), était un des principaux seigneurs de la cour. Sa valeur et son esprit ne peuvent être assez
() Fléchier, Oraison funebre de Mme de Montausier. (2) M. de Nouailles : Histoire de Mme de Muaintenon,
loués, Sa maison était le rendez-vous de tous les talents de Paris, Après avoir pris une part active dans les querelles de la Fronde et de Mazarin, il se consacra à la littérature et publia son livre des Muximes, L'auteur n'a semblé voir qu'un côté de l'homme, il paraît ignorer l’autre, Le principe de l'égoisme et de l'amour-propre semble être pour Laroche oucauld la base de nos actions, Il tend à faire de l'homme un monstre d'hypocrisie dont les vices se cachent sous des noms chastes et vertueux, Plusieurs de ses maximes sont fausses, ‘Comme système universel, dit Géruzez, elles sont une calomnie, comme recueil d'observations particulières, c'est une médisance, mais la médisance est vérité, Cela est si vrai qu'il n'y a pas une seule pensée, une seule maxime de Larochefoucauld au-dessous de laquelle on ne puisse écrire un nom propre; c'est tantôt le sien, tantôt Anne d'Autriche, tantôt Longueville, tantôt Mazarin, et vingt autres dont la mémoire des contemporains nous font connaître la conduite,” Quoiqu'il en soit, ce livre a grandement contribué à répandre le goût de la précision et de la justesse.
Tous les critiques s'accordent à placer les Curactères de Labruyère bien au-dessus des Maximes de Larochefoucauld, Saint Simon, dans ses Mémoires, parle de l’auteur comme d'un fort honnête homme, de très bonne compagnie, simple sans rien de pédant et fort désintéressé, Il possède à un haut degré l'art de peindre. ‘ Dans l’espace de peu de lignes, l'auteur met ses personnages en scène de vingt manières différentes ; et, en une page, il épuise tous les ridicules d'un sot, ou tous les vices d'un méchant, ou toute l'histoire d'une passion, ou tous les traits d'une ressemblance morale. Nul prosateur n'a imaginé plus d'expressions nouvelles, n'a créé plus de tournures fortes ou piquantes, Sa coneision est pittoresque et sa rapidité lumineuse. Quoiqu'il aille vite, nous le suivons sans peine; il à un art particulier pour laisser souvent dans sa pensée une espèce de réticence qui ne produit pas l'embarras de comprendre mais le plaisir de deviner; en sorte qu'il fait, en écrivant, ce qu'un ancien prescrivait pour la conversation : il vous laisse encore plus content de votre esprit que du sien.” (1)
Jodelle avait le premier, au XV Ie siècle, banni du théâtre les Mystères, les Moralités et les Sottises pour l'imitation des anciens, Non exemple fut suivi au XVIe siècle par Robert Garnier, auteur d'une tragédie biblique, la Juive. Après lui, Hardy, poëte fécond mais sans originalité,
) LaHarpe : Cours de Litterature,
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emprunta du théâtre des anciens, de la scène espagnole etitalienne, près de 1200 pièces, Il appartenait à l'école de Lope de Véga, faisant des pièces pour faire de l'argent, La Sophonisbe de Mairet lui acquit une réputation durable ; il semble avoir surpassé ses prédécesseurs. L'//ypocondriaque, Hercule mourant, Laure persécutée, Don Bernard de Cibrère, le Véritable Saint Genest, font de Rotrou le digne précurseur de Corneille ; mais le chef-d'œuvre de ce poëte est Venceslus, qui contient des beautés de premier ordre, |
Parmi les poëtes secondaires qui ont précédé ou qui étaient contemporains du grand Corneille, on trouve George Scudéry qui a fait Zygdamon ; Du Ryer, auteur de Scérola, de Thémistocle et d'Alcyonée; Desmarets, connu par sa comédie des Fisionnaires ; Tristan l'Hermite, qui ft représenter une tragédie: Marianne ; Puget de la Serre, auteur d'une tragédie en prose : Thomas Morus. Kcarron est bien supérieur à tous ces derniers. Jodelet maitre et valet, Jodelet duclliste, Don Juphet d'Arménie, ete., ont des traits d'un grand comique, Il est parfois grossier et n'observe aucune règle, aucun système,
Telle était la poésie dramatique au XVITe siècle, quand apparut Coraeille qui mérite si bien le titre de père de la tragédie française,