CHATEAUBRIAND
Chateaubriand a voulu démontrer que la religion est le principe le plus fécond de l'inspiration et du génie, qu'elle présente le type le plus parfait du beau, qu'elle fournit au poëte mille moyens nouveaux qui agrandissent le domaine de l'art; 1} a écrit le livre d'une situation, un livre universel, qui touche à toutes les branches des connaissances humaines : l’histoire, la philosophie, la politique, la législation, les arts, la littérature; un livre conciliant l'esprit français avec la religion et qui fit une sensation extraordinaire, c’est le Génie du Christianisme.
François René, vicomte de Chateaubriand, naquit à St. Malo, en Bretagne, le 7 septembre 1768. Après avoir erré longtemps sur des rives étrangères, pour échapper aux fureurs révolutionaires, il rentra dans le foyer de ses pères en 1800, et publia le Génie du Christianisme, ouvrage divisé en quatre parties: la première traite des dogmes ; la deuxième et la troisième, des rapports de la religion avec la poésie, la littérature et les arts; la quatrième du culte ou de la partie cérémonielle de l'Eglise. Qu'on se représente, dit un critique, ce cadre majestueux, rempli par un homme d'une intelligence supérieure, déjà éprouvé par tant de vicissitudes, et qui, avant trente ans, laissait derrière lui toute une odysée voyageuse et une révolution; rappelez-vous que cet homme était dans toute la verdeur d'un talent original, et que son imagination dans toute sa richesse, prodiguait les couleurs qu'elle avait rassemblées sur cette palette intérieure que les grands écrivains portent en eux, et qui s'enrichit des reflets de tous les spectacles qu'ils contemplent, de toutes les émotions qu'ils éprouvent ; puis ramenez votre pensée sur les dispositions intellectuelles et morales du publie, sur le désenchantement qu'avait
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laissé dans les âmes l'essai qui venait d'être tenté, pour appliquer les doctrines du XVITIe siècle, sur le vide profond des cœurs et des intelligences, et alors vous comprendrez l'effet que produisit l'apparition du Génie du Christianisme,
Les Martyrs, épopée historique dont l'inspiration en avait été puisée sur les ruines du Colisée, encore toutes teintes du sang des premiers chrétiens, est la continuation et le complément du Génie du Christianisme,
Un voyage qu'il fiten Terre Sainte, en 1806, lui inspira l'/tinéraire de Paris à Jerusalem. C'est là que le poëte a des paroles bien senties à la vue des beautés de la Grèce, de ses ruines antiques, de ses grands souvenirs,
Dans son poëme des Nutchez, il peint avec son pinceau vigoureux, ses couleurs si riches et si variées, cette nature grandiose de l'Amérique avec ses habitants encore sauvages, ses grands bois, ses beaux lacs, ses hautes montagnes, son soleil vivifiant, sa vézétation luxuriante,; c'est dans ce livre que se trouvent les charmants épisodes de René et d'Atala, les deux plus belles fleurs qui soient écloses de l'imagination féconde de Chateaubriand. Si on ajoute à cette nouvelle le Dernier Abencéruge, la confession d'Eudore et l'épisode de Valléda, contenue dans les martyrs, on peut se faire une idée du génie artistique de Chateaubriand, Atala est un petit poëme en prose moitié descriptif, moitié dramatique, où l'auteur veut nous présenter un tableau du trouble de la passion chez deux natures sauvages et primitives aux prises avec le calme de la religion,
Chateaubriand s'est peint dans René, ou encore c’est le portrait de la jeunesse de son temps. On reconnaît sans hésiter dans René, le fils d'un siècle qui a tout examiné, sans pouvoir trouver une solution au grand problème de la vie, qui veut pourtant en finir avec cet état de choses, et qui aspire à l'impossible.
Chateaubriand a, plus tard, condamné les erreurs contenues dans son Essai sur les Révolutions.
L'auteur du Génie du Christianisme a pris une part active aux événements politiques si féconds de son temps. Il proclamait la mouarchie pour obéir à des raisons de famille, par respect pour l'ancien état de chose ; mais, antérieurement, il reconnut et proclama même l'avenir de la démocratie,
Il a écrit plusieurs manifestes politiques, entr'autres: Le Act, la