HE
tel point qu'ils le saisirent et le jetèrent dans une fosse pour le faire périr. Mais il en sortit par le secours d'un ministre du roi Sédécias,
Sans avoir l'élévation continue d’Isaïe, les prophéties de Jérémie ont cependant de la grandeur et de l'éclat ; en certains endroits, Jérémie est admirable dans le genre élégiaque, Citons queloues extraits,
Voici ce que dit le Seigneur: moi je susciterai contre Babylone et contre ses habitants, qui ont élevé leur cœur contre moi, un vent brû-
lant.
Et j'enverrai contre Babylone des ennemis le van à la main qui la
vanneront ; et ils videront sa terre parce que de tous côtés ils seront venus contre elle aux jours de son affliction.
Une coupe d'or dans la main du Seigneur enivrant toute la terre : toutes les nations ont chancelé.
Babylone est tombée soudain et s’est brisée: poussez des hurlements sur elle,
Tout homme devient fou par la science; tout forgeur est confus de son idole, parce que leurs statues ne sont que mensonge, et l'esprit n'est pas en eux,
Vanités, voilà toute l'œuvre de leurs erreurs.
Le coureur viendra au devant du coureur, les messagers rencontreront les messagers, pour aller dire au roi de Babylone que sa ville est prise d'une extrémité à l’autre ;
Que le fleuve est au pouvoir de l'ennemi, qu'il a mis le feu dans les marais, et que tous les hommes de guerre sont dans l'épouvante.
La mer est montée sur Babylone ; Babylone est couverte de la multitude de ses flots,
Ses cités sont tombées en stupeur, sa terre est devenue déserte et inhabitable, terre où personne ne demeure, où re passe pas le fils de l'homme.
Les lamentations de Jérémie sont au nombre de cinq. Dans la première il déplore le désastre de Jérusalem. Le second chant élégiaque est également consacré, ainsi que le quatrième, à la ruine de cette ville, Les images en sont vives et animées, Tandis que les vieillards et les vierges gémissent cachés dans la cendre et couverts de cilice, les enfants s’approchent de la fille de Sion pour lui demander du pain, ses ennemis
pour l’insulter et Jérémie pour la plaindre, Ces immortelles plaintes n’ont point d'égales sur la terre. Jérémie est le seul, selon l'expression de Bossuet, qui ait égalé les lamentations aux calamités.
él
périr.
e ont le est
ne et b brû-
qui la venus
terre :
ments
fus de t n’est reront t prise ans les
multi-
» et infils de
la prefoiaque e ville, et les enfants nnemis plaintes ression
Dans la littérature hébraïque les lamentations représentent le genre élégiaque,
Le livre des Psaumes contient trente élégies, On cite particulièrement comme modèle du genre le psaume XLI.
Avant de clore cette esquisse de la littérature hébraïque, je dirai un mot des transformations de la langue à travers les âges,
On reporte au temps de Ptolémée Philadelphe la traduction de la Bible, dite des Septantes ou d'Alexandrie, Les trois livres des Machabées, furent écrits, d'après Aicard (1), environ 100 ans avant J.-C. On croit que le premier, le meilleur, est de Jean Hyrcar, Vers ce temps, les Juifs avaient un très grand nombre de synagogues ou d'écoles. Il y en avait pas moins de 600, dans la seule ville de Jérusalem,
Le R. Juda Hakkadoseh recueillit les traditions des rabbins qui l'avaient précédé, dans un livre appelé Mischina qui servit de fondement au Talmud, c’est-à-dire au livre qui contient le droit civil et le droit canon des Juifs,
Au XIe siècle, qui fut l’âge d'or de la littérature hébraïque en Occident, le célèbre Aben-Esra donna son commentaire sur l'Ancien T'estament; David Kimchi, une grammaire hébraïque et un dictionnaire; Moïse Ben Maimon, l'aigle des docteurs dans les lois, dans la philosophie et dans la médecine, a laissé entre autres ouvrages, un traité d’astrologie que Jean Buxtorf a traduit en latin.
Vers le même temps, Solomon Archi, savant juif de Troyes, en Champagne, fut l'honneur de l’académie de Lunel, près de Montpellier,
Au XIVe siècle, vivait Isaac-Ben-Mose: la littérature hébraïque s'anéantissait dans la guerre suscitée contre les Juifs par Rome.
Au XVe siècle, Abraham Zachut, de Séville, astronome et historien, est l'auteur du Juchasin, où Livre des familles, espèce d'histoire universelle depuis le commencement du monde.
Au XVIIe siècle Menasseh-Ben-Israël donna plusieurs ouvrages, entre autres, De ressurectione, De termine vitae, Spes Israel, etc.
Durant le moyen âge, la langue des J'uifs s'était mêlée de gallicanismes) de germamismes, ete., suivant qu'ils avaient pour patrie adoptive la France, l'Allemagne, cete., mais lorsque, sous la domination et sous l’influence des Arabes, s'étaient élevées de célèbres écoles hébraïques, dans
() Un million de faits.
pee ter
DR CS le Re
À is 4 mem gr rs
er eq pr
RSS TEREE ER TETE Tr Séerenge tie mpain mou mr Rem r as re Re or = are mar St = + cu
SR ET eee à mn
EN ARE fo En:
RE re A HAS RENE
plusieurs villes d'Espagne et dans le midi de la France, l’hébreu usuel avait été purifié par les rabbins qui l’amalgamèrent avec l’ancien hébreu.
C’est là la langue savante que les J'uifs instruits étudient encore, mais qu'ils n’écrivent même plus, loin de la parler. Les derniers écrits publiés en langue hébraïque le furent par les rabbins français, en l'honneur de Napoléon, en 1809.
La Bible restera pendant longtemps encore une grande source d’inspirations poétiques. Bien plus, la science moderne est forcée de rendre un hommage mérité de la cosmogonie de Moïse,
‘Nous sommes, dit un éloquent apologiste, les témoins inattentifs du spectacle le plus extraordinaire qui se soit jamais vu. Les prodiges de l'esprit humain, le développement rapide de toutes les connaissances exactes, ont fait de notre siècle un siècle géant par la science, qui saisit toutes les vérités physiques, embrasse, pénètre tout et se fait rendre compte de tout dans la nature, en déchire tous les voiles et en surprend tous les secrets. Un vaste abîme d'erreur et d’ignorance a été franchi par lui, qui le sépare de tout ce qui l'avait précédé ; eh bien ! il est une seule chose qu'il ne peut dépasser, et cette chose est la plus ancienne, c’est le récit de Moïse. Non-seulement toutes les critiques réunies de l'esprit humain ne peuvent le trouver en défaut, mais on a pas assez de force, ce semble, pour en saisir l'immense vérité, Comme un monument gigantesque qui se trouverait au centre d’une vaste forêt et qui se présenterait toujours au bout de toutes les avenues, la parole de Moïse se trouve être le terme et le dernier mot de toutes les branches de la science moderne à son plus haut point de développement. De quelque côté que partent les apôtres de la science, physiciens, chimistes, astronomes, naturalistes, géologues, éthnographes, géographes, archéologues, historiens, voyageurs, après avoir parcouru chacun leur voie indépendamment les uns des autres, et s'être partagé l'univers dans leurs explorations, c’est en face de la Genèse qu’ils se rencontrent tous, c'est à un mot écrit depuis trois mille ans dans ce livre mystérieux que chacun d’eux vient aboutir, devenant ainsi à leur insu, d'apôtres de la science apôtres de la religion. C’est aux mains de ces nouveaux ouvriers qu'est confiée la reconstruction de cet édifice qui se prépare, de l'édifice de la foi. (Chacun taille sa pierre selon une forme et un dessin particulier, sans connaître sa destination ultérieure; mais le grand architecte qui a conçu le plan général fait qu’elles s’ajustent toutes à la bâse première et immuable que
usuel breu.
mais 1bliés ur de
inspiendre
fs du es de ances saisit endre prend anchi t une ienne, ies de sez de aiment résenrouve cience jé que naturiens, nt les , C’est | écrit vient de la Ja rehacun tre sa e plan le que
lui-même a posé de sa propre main, et qui régit tout l’ensemble de l’édifice, Et voyez la marche visible de ce dessein providentiel: naguère Moïse était réputé un imposteur, et la Genèse un conte pour amuser l'enfance du monde; bientôt on découvrit peu à peu, et on osa établir que sa narration n’est contredite par aucun fait rigoureusement démontré de l’histoire naturelle; puis on se convainquit de plus en plus que non-seulement les sciences ne le contredisaient pas, mais qu’elles le justifiaient de point en point; enfin le prodige de cet accord est devenu si frappant, qu'on n’a pu l'expliquer que par l'inspiration de Moïse, et que c’est lui à son tour qui est devenu le régulateur et comme le patriarche des sciences.” (1)
(1) Aug. Nicolas, Etudes philosophiques sur le christianisme.