‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 19 sur 221 · DAVID · texte numérisé non relu

DAVID

Poésie Lyrique.

Jouir, aimer et admirer, telle a été la vie de David, tel a été l'ohiet de ses chants.

Nous avons de lui les Psaumes, trésor précicux pour l'Eglise qui en a fait son chant habituel. Les poëtes y trouvent l'inspiration, le pauvre des consolations à ses peines, le riche un frein à ses passions,

C'est parce que David est bien convaincu de l'importance du culte, qu’il s'écrie avec ectte onction qu’on lui connaît :

Louez le Seigneur habitants des cieux ;

Louez le Seigneur dans les régions élevées ;

Louez le Seigneur vous qui êtes ses anges,

Louez le Seigneur vous tous qui êtes son armée,

L'ode se nourrit surtout de grands sentiments. Il lui faut la réalité ; elle n’admet point la fiction et le faux enthousiasme,

Horace a écrit des odes, mais quelle différence avec les chants de l'écriture sainte! L’enthousiasme n’y règne pas. Le feu sacré qui vivifie la poésie lyrique, qui la fait admirer, ce feu qui change l'homme en poëte ne se trouve pas dans Horace du moment qu'il laisse les épitres pour ‘écrire ses odes.

Convaineu des grandes vérités qu'il proclame, David a toujours des sons harmonieux qui font vibrer d'enthousiasme les fibres de l'âme,

Les images jaillissent sans efforts, sous sa plume.

Les Psaumes, au nombre de 150, traitent de tous les sujets; ils s'appliquent à toutes les circonstances particulières de la vie, Ilya une pensée pour tous les cœurs, un antidote pour toutes les maladies de l'âme.

Des critiques ont attribué quelques-uns des Psaumes, à Asaph, Eman, Idithun, aux enfants de Corée, cte., mais tous reconnaissent que David est l’auteur du plus grand nombre,

Pindare a excellé dans le genre lyrique. Cependant, comme Horace, il n'a pu s'élever à la hauteur de l'écrivain sacré. Voici ce qu'en pensent de Muiïstre et Lamartine,

“ Les odes du poëte lyrique grec sont des espèces de cadavres dont l'esprit s'est retiré pour toujours. Que vous importent les chevaux de Hiéron ou les mules d'Agésias ? Quel intérêt prenez-vous à la noblesse des villes et de leurs fondateurs, aux miracles des dieux, aux exploits des héros, aux amours des nymphes ; le charme tenait au temps ct aux lieux : aucun effet de notre imagination ne peut le faire renaître. Il n'y a plus d'Olympie, plus d'Elide, plus d’Alphée ; celui qui se flatterait de trou-

ver le Péloponèse au Pérou serait moins ridicule que celui qui le cher-

cherait dans la Morée. David, au contraire, brave le temps et l'espace parce qu’il n'a rien accordé aux lieux et aux circonstances : il n’a chanté que Dieu et la vérité, immortelle comme lui. Jérusalem n'a point disparu pour nous, elle est toute où nous sommes et c'est David surtout qui nous la rend présente.” (1)

(1) De Maistre. Soirées de Saint Pétersbourg.

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L'auteur des Méditations poétiques s'écriait sur les lieux mêmes où chanta le psalmiste :

“David est le premier des poëtes du sentiment ! C’est le roi des lyriques ! Jamais la fibre humaine n’a résonné d'accords si intimes, si pénétrants et si graves |! Jamais la pensée du poëte ne s’est adressée si haut et n'a lui si juste! Jamais l’âme de l’homme ne s’est répandue devant l'homme et devant Dieu en expressions et en sentiments si sympathiques, si tendres, si déchirants! Tous les gémissements du cœur humain ont trouvé leur voix et leur note sur les lèvres et sur la harpe de cet homme, et si l’on remonte à l’époque reculée où de tels chants retentissaient sur la terre ; si l’on pense qu'alors la poésie lyrique des nations les plus cultivées ne chantaient que le vin, l'amour, le sang et les victoires des muses et des coursiers dans les jeux de l’Elide, on est saisi d'un profond étonnement aux accords mystiques du Roi-Prophète..Lisez de l'Horace ou du Pindare après un psaume ! Pour moi je ne le peux plus.”

Les hymnes de David ne ressemblent pas aux autres chants de la littérature sacrée, Dans le psaume la prière s'échappe des lèvres du prophète royal. Illoue le Seigneur, toujours, partout, sans cesse. Il ne décrit pas ; il emploie toutes ses ressources, tout son talent à louer, à bénir et à admirer. Ses écrits sont une véritable préparation évangélique.

David a péché, mais le repentir ne fut pas lent à suivre la faute, et ce fut une occasion nouvelle pour montrer sa grande âme et la profondeur des sentiments qui l'agitait. Il est prêt à recevoir avec résignation tous les fléaux du Seigneur ; il veut lui-même publier ses iniquités, son crime est constamment üevant ses yeux et la douleur qui le ronge ne lui laisse aucun repos. Sur son trône, entouré de ses sujets, au milieu de Jérusalem qui publie sa grandeur, David s'écrie qu'il est seul comme le pélican du désert, comme l’orfraie cachée dans les ruines, comme le passereau solitaire qui gémit sous le faîte aérien des palais. Il consume ses nuits dans les gémissements et sa triste couche est inondée de larmes, Les flèches du Seigneur l'ont percé. Il n'y a plus rien de sain en lui, ses os sont ébranlés, ses chairs se détachent, il se courbe vers la terre, son cœur se trouble, toute sa force l’abandonne, la lumière même ne brille plus pour lui, il n'entend plus, il a perdu la voix, il ne lui reste que l’espérance,

David est prophète, Avec quel œil perçant ne lit-il pas dans l'avenir ! D

Des hauteurs où il plane, il aperçoit les grandes scènes qui se préparent, L'Homme-Dieu qui s’avance, et la terre entière est régénérée, De

tous les points de la terre, s’écrie-t-il, les hommes se ressouviendront du ê Seigneur et se convertiront à lui; il se montrera, et toutes les familles r' humaines s’inclineront. tr “ Il est exaucé, dit Joseph de Maistre, parce qu'il n’a chanté que l'Eternel ; ses chants participent de l'éternité ; les accents enflammés, “ei confiés aux cordes de sa lyre divine retentissent encore, après trente Q siècles, dans toutes les parties de l'univers. La synagogue conserva les 30 Psaumes; l'Eglise $e hâta de les adopter ; la poésie de toutes les nations chrétiennes s’en est emparée, et depuis plus de trois siècles le soleil ne Le cesse d'éclairer quelques temples dont les voûtes retentissent de ces ii hymnes sacrés. On les chante à Rome, à Genève, à Madrid, à Londres, ea AU à Québec, à Quito, à Moscou, à Pékin, à Botany-Bay : on les murmure à 1 au Japon.” ï Le | ISAIE. Le Poésie Prophétique. des:

ù La mission du peuple juif influa sur sa littérature et lui donna un pra genre qui ne se rencontre pas dans l'histoire littéraire des autres peu- sub: ples; nous voulons parler du genre prophétique dont Isaïe est le ll plus fidèle représentant. à (ire Le fils d'Amos était de la famille royale de David, ses lèvres destinées vob 4 à proclamer de grandes vérités, avaient, dit-on, été purifiées par un © JU séraphin avec un charbon pris sur l’autel. N'’écoutant que son devoir, n'obéissant qu'à sa conscience, Isaïe se maintient toujours dans les | 1 limites prescrites par la doctrine qu’il enseignait. Sa détermination | | constante à ne jamais pactiser avec l’infidélité et les haines populaires lui UE créèrent de nombreux ennemis, dont il fut plus tard la victime. Il {114 mourut par les ordres du cruel Manassès à qui il reprochait son infidélité Cha IE et sa mauvaise conduite. Jusq | È On ne peut, sans avoir lu ses ouvrages, se faire une idée du talent l'Ar HUE littéraire de cet homme. Réunissant en même temps le grave et le leur: jl sublime, l’élégant et le merveilleux, la richesse d'expression à la majesté d É |. des idées, il savait encore marier la magnificence à la clarté, l’art de " | k bien dire à l’art de bien penser, l'énergie du style aux ornements pom- Ÿ x

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Le genre prophétique semble décousu ; il oblige l'écrivain à passer d'un sujet à un autre sans permettre la transition, sans lui en donner l'à-propos. Isaïe remplit cette lacune et si l’on veut des modèles de transitions naturelles ou les trouvera dans ses écrits,

Sa lyre est toujours d'accord avec ses pensées, avec le sujet qu’il traite, Ses narrations sont admirables de simplicité et de naïveté. Quand il lui arrive d’exhorter ou de reprendre, c’est toujours avec cette force, cette énergie, cette voix pressante qui imprime la terreur,

Tous ceux qui s'occupent de littérature ont admiré les écrits d’Isaïe, Les critiques ont reconnu en lui une verve intarissable, une phrase séduisante, des tours connus de lui seul. Il donne à sa période une coupe qui la rend cadencée et éloquente. Sa diction est forte et énergique quand il parle de la vanité et de la fragilité des choses humaines. On voit qu'il est profondément convaincu. Les mortels, dit-il, ne sont que des herbes et toute leur beauté ressemble à la fleur des champs. Le Seigneur a répandu un soufle brûlant, l'herbe de la prairie s’est desséchée, sa fleur est tombée : oui les peuples sont comme l’herbe de la prairie, L’herbe sèche, la fleur se fane, mais la paix de notre Dieu subsiste dans l'éternité.

Isaïe voit entrer les Gentils dans le sein de l’église :

Qui sont ceux qui volent comme des nues et comme des colombes empressées de retourner à leur asile !

C’est surtout pour peindre la ruine de Babylone que le grand écrivain montre ses brillantes facultés. La meilleure traduction de cctte pièce ne nous donnera pas même l'ombre des beautés qu’elle contient. C'est un morceau qui n’a jamais été surpassé. Jamais la pensée humaine ne s'était encore élevée aussi haut,

Cette superbe Babylone, la gloire des royaumes, l'orgueil des Chaldéens, sera détruite comme Sodome et Gomorrhe, elle sera déserte jusqu’à la fin des siècles; les générations ne la verront pas rétablie,

l'Arabe n’osera y planter sa tente, et les pâtres n'y laisseront pas reposer leurs troupeaux.

Elle deviendra le repaire des bêtes féroces, ses palais seront remplis de serpents, des oiseaux sinistres s’y feront entendre, des boucs sauvages y bondiront,. |

Des hiboux se répondront l’un à l’autre dans les palais, et des reptiles se trouveront dans ces édifices consacrés à la volupté.

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36 HISTOIRE DE LA L i'URE.

D'où vient que tu montes ainsi sur les toits,

Ville pleine de tumulte, ville pleine de peuples, ville triomphante ?

Les enfants sont tués et ils ne sont point morts par l'épée.

Ils ne sont point tombés par la guerre,

Le Seigneur vous couronnera d’une couronne de maux ;

I] vous jettera comme une balle dans un champ large et spacieux.

Vous mourrez là et c’est à quoi se réduira le char de votre gloire,

Dans quel monde inconnu, s'écrie Chateaubriand, le prophète vous jette tout à coup! Où vous transporte-t-il ? Quel est celui qui parle et à qui la parole est-elle adressée ? Le mouvement suit le mouvement et chaque verset s'étonne du verset qui le précède! La ville n’est plus un assemblage d’édifices, c’est une femme ou plutôt un personnage myst.rieux, car son sexe n’est pas désigné, Il monte sur les toits pour gémir; le prophète, partageant son désordre lui dit au singulier ‘ pourquoi montes-tu ? ” et il ajoute ‘en foule,” collectif. “Il vous jettera comme une balle dans un champ spacieux et c’est à quoi se réduira le char de votre gloire.” Voilà des alliances de mots et une poésie qui n'ont rien de comparable,

Chênedollé, après avoir comparé Isaïe au Nil qui précipite ses vagucs éperdues en versant ses trésors sur les plaines qui l’avoisinent, le compare encore à l’aigle dont le vol impétueux s’élance des cimes du Liban jusqu’au char du soleil et pénètre dans les profondeurs des cieux pour y revenir tout couvert d’une clarté éblouissante, Il ajoute :

Isaïo armé de ses ailes de flamme,

Rapide et plein du Dieu qui transporte son âme. S'élève jusqu’au trône où siège l’Eternel ;

Et revient, du génie étalant les miracles,

Proclamner les oracles Qu'il ravit dans le ciel.

Le poëte compare ensuite Isaïe avec Homère et donne la préférence au premier.

Mais combien, fils d’ Amos, plus vif et plus sublime Est le divin transport qui t’echautfe et t’anime ! Quel feu inattendu brille dans tes portraits Telle, avant qu'on ait vu sa lueur homicide,

La foudre au vol rapide

Vous atteint de ses traits.

Plusieurs écrivains hébreux se distinguèrent dans la poésie prophétique. Après Isaïe, Jérémie occupe le premier rang.

) Les prophéties de Baruch ne forment que six chapitres. # Exéchiel vivait en 595 avant J, C. ‘“Ezéchiel, dit le Dr, Lowth, Ÿ

quant à l'élégance, est bien inférieur à Jérémie, mais pour le sublime, il

égale Isaïe même. Ilest vrai que c’est dans un genre bien différent,

Ezéchiel, en effet, est sombre, terrible, richement tragique. C’est la

terreur qui domine chez lui : ses sentiments sont impétueux, ils respirent pri

l'amertume et l'indignation; ses images sont fécondes, magnifiques,:

vous Îe de: et terribles, quelquefois choquantes ; son style est pompeux, énergique, k br dé éd grave, dur et quelquefois barbare ; il abonde en répétitions qui n’ont JE Sn point la grâce et l'élégance pour objet, mais qui sont l'effet de l'indigna- A mys- tion et de l'emportement. Quand ce prophète a entrepris un sujet, il le j ji: pour poursuit avec persévérance ; il s'y attache exclusivement, et rarement il 3 t. à pour- lui arrive de s'écarter de son but : aussi 88 compositions se font-elles tdva remarquer par l'ordre et l'enchataement qui y règnent. ÆEzéchiel, à tn 1 plusieurs égards, reste peut être au-dessous de la plupart des autres ie qui prophètes, mais il n’a jamais eu son égal pour l'énergie, le sublime, la force et la pompe des images ; c’est un genre de beautés qui semble lui ieE appartenir exclusivement, sa diction est assez claire, et n’a guère . il Hi ne d’autres obscurités que celles qui résultent de la nature du sujet.” (1) ni Libar Daniel mourut à la fin du règne de Cyrus, à 88 ans. Ses écrits ont fl fl OS à la forme historique. Ils renferment des beautés diverses. Il raconte | LE avec une effrayante énergie l’histoire des mots mystérieux écrits sur UT l'appartement de Balthazar, arrêt de condamnation de ce roi sacrilége. le L'histoire de Suzanne respire la poésie la plus suave et l'antiquité la Li ! plus primitive. tt Osée est le premier des petits prophètes, Il relate la corruption È É de son temps avec une grande concision et une grande force de pinceau. L E férence Joël est élégant, clair, abondant, plein de chaleur et de vivacité, St, Li Jérome disait d'Amos qu'il était ignorant quant au language mais non À quant à la science ; c'était un simple pâtre. Il a de la rudesse mais un il grand fonds de bon sens et parfois beaucoup d'éloquence, Les prophè- Li j ties d'Abdias sont en partie renfermées dans les écrits de Jérémie, : Michée a écrit sept chapitres de prophéties d’un style concis, énergique ï et parfois obscur. Nahum n’a que trois chapitres qui forment un poëme \ Je prophé- À complet et régulier. Il décrit la destruction de Ninive, Habacue a je

laissé une ode remarquable.

(1) De la poésie des hébreux.

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h NUE 1 38 HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE, Il nous reste encore à parler d'Aggée, de Zacharie et de Malachie. I La prophétie du premier, dit l'abbé Henry, est tout entière en prose, i de même que la plus grande partie de celle du second, Zacharie a ic * quelques passages très poétiques, trés ornés et assez clairs, Malachie, k | dernier de tous, fait usage d’un style qui tient en quelque sorte le milieu Ni) d | IE entre les autres, et qui par sa nature semble indiquer le déclin vers fl lequel la captivité de Babylone précipitait la poésie des hébreux, et la de {hi pente qui l’entraînait à une décadence totale.” la | SOLOMON. Se | Poésie didactique. e Solomon, le fils de David, égala presque son père par ses accents So poétiques et le surpassa par son faste ct l’éclat de son nom. ma | Rarement il a été donné à la puissance humaine d’être entourée de vre A1 tant de gloire, Dieu lui avait un jour offert le don qu'il désirait le plus ort | ardemment, il avait répondu : {4 Sagesse, Mais ce don ne lui vint paf cri] | (l seul, Les richesses lui échurent aussi en partage, On venait des pays cip 1) les plus éloignés pour contempler ce faste inouï. La reine de Saba partit est A des confins de l'Ethiopie pour s'assurer elle-même si l'éclat de ce nom, pro me qui avait pénétré jusque dans ses états, n’était pas un mensonge, Solo- LL mon commandait à des peuples d'esclaves. Son trône était d’or et ad [ER d'ivoire. L'écrivain doué de l'imagination la plus féconde et la plus I ardente ne saurait inventer un personnage plus éclatant. L'histoire du A Il } règne de Solomon semble empruntée aux récits des Mille et une nuits. le sq Al Ses étables contenaient 40,000 chevaux de chars et 12,000 chevaux de [if è course, C’est plus qu'il en fallait alors pour équiper une armée. mên {li | Il fut le vainqueur de tous ses ennemis et recula au loin les bornes de QUE son empire. De toutes parts, il n’y avait qu'un cri d’admiration pour | ! célébrer le fils de David ; on disait partout qu'il était la sagesse person- | cire [1 nifiée, | 1 Ce sage devait naturellement parler de la sagesse. Les écrits de | [LE Solomon traitent surtout de ce don divin. Outre Le Cantique des Cantill: \l ques, il est encore l’auteur des Proverbes, de la Sagesse, de l’Ecclésiaste NUE et de l’Ecclésiastique. J 1 ( Comme tous les bons écrivains de sa race, Solomon est un grand plus peintre, La poésie la plus suave découle de ses lèvres. Mais il est L

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poëte et philosophe en même temps, il parle en sage. Il n’est pas aussi imagé, il a plus de retenue que les autres poëtes bibliques, mais scs idées sont plus vastes, Il embrasse tout de ce coup d'œil qui, (il le dit lui-même) s'est reposé sur tout pour tout interroger, Il est le poëte didactique par excellence,

Le livre de la sagesse est une inspiration de l'Esprit Saint. L'auteur des Soirées de Suint Pétersbourg aimait particulièrement ce livre qui laisse loin derrière lui la philosophie antique.

Dans l’Ecclésiastique, nous remarquons une poétique peinture de la Sagesse,

Le livre des Proverbes contient des sentences, des maximes, des leçons instructives écrites d’une manière concise., Dans les neuf premiers livres, Solomon y fait l'éloge de la sagesse, Malgré la concision ordinaire aux maximes et aux aphorismes, il y a dans le livre des proverbes des endroits vraiment remarquables sous le rapport du style. On y trouve tous les ornements de la poésie, depuis les images les plus variées jusqu'aux descriptions les plus charmantes, Solomon procède généralement par principe et c’est ce qui le fait exceller dans le genre didactique. Sa sentence est à la fois concise et harmonieuse, imagée et parfois figurée, également profonde par l’idée et par l'éclat de l'expression.

L'Eclésiaste ne présente pas des beautés littéraires aussi variées, On admire le début de l'ouvrage :

Vanité des vanités ; vanité des vanités, et tout est vanité !

Qu'a de plus l’homme de tout le labeur dans lequel il se consume sous le soleil ?

Une génération passe, une génération vient, mais la terre demeure la même,

Le soleil se lève et se couche et reparaît aux lieux d’où il est parti.

Le vent souffle vers le midi et retourne vers le nord et, après mille circuits, il revient aux lieux qu’il avait parcourus.

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