‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 214 sur 221 · II. Branche russe.—Cette branche comprend · texte numérisé non relu

II. Branche russe.—Cette branche comprend

1o Le russe moderne, parlé dans tout l'empire russe, dans une partie de la Gallicie et de la Hongrie. Peu connue parmi nous, cette langue n'est cependant inférieure qu'au grec et à l'allemand pour l'abondance des racines, la régularité de sa dérivation, et l’heureuse combinaison des mots,

Ses principaux dialectes sont le russe de lu grande Russie, qui est devenu la langue écrite; c'est à Moscou qu’il est parlé avec le plus de pureté; il peut se subdiviser en sous-dialectes de Nowogorod et des Cosiques du Don; le russe de la petite Russie; il diffère beaucoup du premier, et l'idiome des Cosaques de la mer Noire en est une variété ; le souzdalien, parlé dans le gouvernement de Vladimir; l'olonelzien,

parlé dans le gouvernement d'Oloneiz; le rousniique, dialecte très ancien, parlé en Gallicie, en Pologne, et dans les gouvernements russes de Wolinie et de Podolie,

2o Le croate, parlé en Croatie, en Hongrie et dans la partie orientale

de la Carniole,

30 Leawvinde, parlé par plusieurs peuples slaves de l'empire d'Autriche et comprenant les dialectes suivants, qui eux-mêmes se subdivisent en plusieurs variétés: le carniolien, le corinthien, le styrien. La littérature du Winde est très pauvre.

ITT. Branche bohême-polonaise, Elle renferme :

lo Le bohême, parlé dans la plus grande partie de la Bohême et en Moravie. Le dialecte de Prague est le plus élégant et le plus pur. Ses principaux dialectes sont : le slowaque, renfermant les sous-dialeetes de Moravie, de Silésie et de Hongrie; le hunnaque, parlé au centre de la Moravie; le struniaque, le passekursche, le sallaschaque, le stotuque.

Le bohême est une langue riche et harmonieuse, qui eut pendant longtemps une existence brillante, Charles IV la rendit la langue savante et diplomatique de l'Allemagne, en ordonnant que chaque électeur serait tenu de la posséder, Aujourd’hui, elle reprend une nouvelle vie, grâce à la protection du gouvernement autrichien, Son plus ancien monument est un cantique composé en 990.

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20 Le poloncæis, parlé par les Polonais répandus aujourd’hui dans les provinces polonaises de l'Autriche, de la Prusse et de la Russie, et dans plusieurs autres provinces de ce dernier empire.

Ses principaux dialectes sont, outre ceux de la Grande-Pologne, de la Petite-Pologne, de la Prusse-Occidentale, le polonais-silésien et le goralien, parlé par les Goralys, montagnards de la Gallicie.

30 Le serbe, parlé jusqu’au quatorzième siècle par les Serbes, habitant depuis la Saale jusqu’à l’Oder, et ne subsistant guère plus aujourd'hui que dans la Haute-Lusace, une partie de la Basse-Lusace et le cercle de Cottbus. Sa littérature ne date que du milieu du siècle dernier. (1)

La culture de l'intelligence chez les Russes date de la fondation de l'empire, de l’époque même où les Varaigues s’y établirent, et surtout de l'introduction du christianisme par Vladimir. Ce prince favorisa les relations avec Constantinople. Des savants partis de la Grèce vinrent en Russie et y naturalisèrent la peinture, la sculpture, l'architecture, qui caractérisent les temples des premiers chrétiens à Kief, où fut aussi fondée la première école. Toutefois, l'influence de ces premiers Varaigues sur la laugue fut si peu sensible qu'on n’en peut saisir la trace que dans un petit nombre de mots, Ceux qui les suivirent, au contraire, s'amalsamèrent tellement avec les indigènes, que les petits fils de Rudrick, en 955, portent déjà des noms slaves.

Après l'introduction des livres d'église en ancien slave par Cyrille et Methodius, l’ancien slave devint la languc écrite, et la langue russe n'eut plus d'existence que dans la branche du bas-peuple. Il n’en reste d’autres traces aujourd’hui que quelqres fragments de chansons populaires qui ont même pris une teinte moderne en traversant les siècles, Il n’est même pas certain qu'il nous reste d’autres ouvrages dans cette langue que la traduction des Saintes Ecritures et des livres d'église, et que les traités entre les princes Oleg et Igor avec les Grecs, en 912 et 945, non plus que le discours de Sviatoslaf, appartiennent à cette époque éloignée, Le Pravoda Ruskaïa (droit russe) date de l'époque .de Jaroslaf (1015-54) qui fonda une école à Novgorod, Cet ouvrage important fut découvert en 1738.

(1) Lalande. Un million de faits.

Nestor, le père de l’histoire russe, appartie t à cette époque ainsi que les Annales de Saint Simon, Nous avons aussi sur ces temps d'oppression un assez grand nombre de chants populaires qui n'ont appelé l'attention que dernièrement. Ils doivent à la mythologie des anciens slaves et à leur forme fantastique un charme attrayant. Le prince Vladimir avec ses chevaliers est le centre sur lequel pivotent ces Sugas qui peuvent être comparées aux aventures de Charlemagne et de ses preux, à celles du roi Arthur et de ses chevaliers, Le plus beau de ces poëmes, l'expédition d’Igor contre les habitants de Pulauty, lequel réunit la force et la hardiesse de pensée à la pureté du style, fut écrit en 1200.

La littérature russe prit un nouvel essor après la chute de la domination des Mongols, en 1462. Cependant, ses progrès furent assez lents. Ivan IV (1533-84) ouvrit des écoles pour toutss les classes et fonda à Moscou, en 1564, la première imprimerie russe. Mais tous ces efforts n’aboutirent à d’heureux résultats que lorsque Romanof (1613-45) eut donné à l'état une existence politique et que les villes commencèrent à fleurir par le commerce. Les Allemands alors accoururent en foule, En 1644, parut à Moscou une collection importante des lois russes; et bientôt après fut fondée l'Académie de cette ville, où l’on enseigna la rhétorique, la grammaire, la poétique, la dialectique, la philosophie et la théologie,

Mais depuis cette époque jusqu'au commencement du XVITTe siècle, la langue pol naise prit pied dans la littérature russe, par suite des transactions commerciales avec la Pologne et de sa domination dans les provinces occidentales de l'empire. On cite comme écrivain de cette époque l'évêque métropolitain Macarius (1574) ; il écrivit la biogra-

püie des Saints, des Archimandrides, ete. ; Zizania, auteur d’une gram-

maire slave ; le prince Constantin Ostrogski, qui contribua puissamment aux progrès de Ja littérature, et fit imprimer pour la première fois, en 1581, l’ancienne Bible slave; enfin Matwiejen, ministre du tsar Alexis, qui possédait à fond les ressources de la langue russe, et qui écrivit plusieurs ouvrages historiques et héraldiques.

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