CANTU
La littérature grecque est la plus brillante de l'antiquité. Dans ce beau pays, sous un ciel toujours pur, au milieu des fleurs et des prés, au sein d’une population enthousiaste, naquirent des hommes qui vivront aussi longtemps que le monde. Amateurs passionnés du beau, les Grecs se distinguèrent surtout par leurs qualités intellectuelles. On les vit rarement prendre l'offensive sur leurs adversaires et là suerre ne fut jamais leur marotte. Cependant, un événement inattendu venait-il troubler leurs paisibles jouissances ? aussitôt, un poëte, un homme inspiré se levait, parlait au nom de la Grèce insultée et ces populations ardentes, tout-à-coup convaineues, accouraient en foule se ranger sous l'oriflamme patriotique.
Evidemment, chaque peuple a une mission particulière à remplir.
À Rome avait été donné la puissance. par les armes ; à Athènes, le sceptre de la royauté intellectuelle. La caractère des Athéniens, le climat sous lequel ils vivaient, le langage épuré qu’ils parlaient, leur amour passionné pour l'idéal, les sentiments patriotiques qui animaient leurs héros, les institutions nationales qui puisaient leur force dans la
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liberté, toutes ces causes réunies, développèrent de bonne heure l’instinct et le goût de la poésie. Athènes, avec ses grands génies, ses écoles remarquables, ses athénées de savants, accomplit fidèlement sa noble tâche.
Au début de l’histoire grecque se présentent deux dialectes, l’éolien et l'ionien. Rude, grossier, barbare, l’éolien était parlé dans le nord. Il se divise en une foule de dialectes particuliers parlés par plusieurs tribus formant alors autant de nationalités. Les principales sont les Thessaliens, les Béotiens, les Arcadiens, les Achéens, et les Lesbiens. L'éolien devint plus tard dorien, fut parlé à Sparte et dans le Péloponèse. Il conserva sa majesté grave et sévère qui convenait à la république de Lycurgue. Les peuples civilisés du midi parlaïet l'ionien.
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Doux, harmonieux, orné, il devint cette langue épurée qu’on parlait à Athènes
avec tant de perfection et de choix. Ses principaux dialectes étaient le Carien, le Lydien, le dialecte de Samos et celui de Théos.
En Grèce, comme ailleurs, la littérature eut ses commencements, ses succès et ses revers ; la décadence de la littérature grecque présagea la décadence de la Grèce. Athènes avait joué son rôle; la Grôce ne devait plus peser dans le plateau de la balance qui décide du sort des peuples. Mais de même qu'un riche propriétaire lègue en mourant les biens qu'il ne peut emporter dans la tombe, la Grèce eut aussi ses légataires. Rome en eut la plus large part, on vit alors le beau quitter les jardins de l’Attique pour s’'ériger dans le Forum.
ÉPOQUE ANTÉHOMÉRIQUE,
Au nombre des grands génies qui apparurent dans l’histoire littéraire de là Grèce, on remarque surtout la figure colossale de l'antique Homère. C'est le plus vieux des chantres, le plus ancien des narrateurs.
Cependant, il y eut une époque antéhomérique, car le degré de perfection obtenu par le grand poëte épique grec fait supposer des antécédents. La Thrace, terre qu'habitaient les Pélages, a dû être le berceau où naquirent et fleurirent Orphée, Musée, Thamyris, Eumolpe, Olen et Linus. Ce sont les seuls représentants de l'époque antique et sacrée, époque dont le caractère est vraiment sacerdotal. On connait que fort peu de choses de cette période antéhomérique qui s'arrête à la guerre de Troie, où commence réellement l’époque héroïque, et l’histoire
des Hellènes. Ce peuple avait, dit- on, remplacé sur la scène du monde la race des Pélages.
| Entre la prise de Troie et l'apparition d'Homère, aucun poëte se (1 présente pour occuper cet intervalle, Il n’en est pas moins certain que ? À l'instinct littéraire des Grecs se développa de plus en plus. Le peu de fixeté de l'état social à cette époque, les migrations, les établissements LR coloniaux, les aventures chevaleresques dfrent imprimer un cachet par- ME A ticulier aux chants poétiques des bardes de ce temps. L'expédition des DURE N Argaunautes dut frapper l'imagination des Hellènes et exalter leurs NUE sentiments, La guerre des sept chefs contre Thèbes et bon nombre d'autres aventures guerrières, nationales et religieuses laissèrent de nombreux souvenirs qui furent l'aliment de la poésie dans les siècles suivants, La prise de Troie donna un nouvel essor au génie inventif | du poëte en devenant l'objet de deux épopées qui font l'admiration de Une tous les hommes.