COMÉDIE
Pendant qu'on célébrait dans les villes des fêtes en l'honneur de Bacchus, les campagnes étaient le théâtre des Chœurs Phalliques qui chantaient le même dieu; ces chants donnèrent naissance à la comédie, On traînait par les bourgs des chariots remplis d’acteurs qui versaient le ridicule et le sarcasme sur tout ce qu’ils rencontraient. En sorte que la licence la plus effrénée règnait dans leurs chants. Ces chœurs se modifièrent dans la suite et subirent le même sort que la comédie en changeant avec elle.
On distingue trois sortes de comédie chez les grecs: la comédie ancienne, moyenne et nouvelle,
La constitution démocratique, qui était la bâse des petits états alliés de la Grèce, faisait sentir son influence sur les moindres faits et gestes des habitants. La comédie comme le reste subit cette influence et dans les premiers temps on jeta sans scruple le ridicule sur tout ce qui s’y prêtait; l'autorité ne pouvait pas intervenir. On nommait l'acteur ridiculisé du même nom que le personnage que l'on voulait mettre en lumière, [1 venait un moment pendant la représentation de la pièce où un des acteurs s’adressait directement à l'assemblée et l’entretenait sur Ce genre de dialogue, inconnu des
des sujets politiques ou privés.
Ce moment était toujours attendu
modernes, se nommait parabuse.
avec impatience de l'auditoire; le succès de la pièce dépendait de son entière réussite,
Plus tard, après la prise d'Athènes par Lysandre, Lamochon un des membres du tribunal des trente établi sur les ruines de la démocratie, défendit de traduire sur la scène les événements politiqu: * et de ridiculiser
“les généraux, les magistrats, en général tout citoyen qui tenait au respect de sa réputation. La moindre infraction à cette règle devait être punie sans “gard.
La comédie dut se borner à la satyre, aux allusions fines et au persiflage indirect. Alors commença la comédie moyenne qui dura jusqu’à Ménandre, inventeur de la comédie de caractère ou comédie nouvelle, La différence est bien établie dans les sujets : dans la comédie ancienne, ils sont réels et personnels, dans la nouvelle ee sont les vices et les ridicules de la société que le poëte blâme. Pui survint un changement dans les costumes et les m°sques. Le tout enfin se modifia à l'avantage de l’art.
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La comédie, à son origine, prit tout à coup un développement manifeste en Sicile, ‘“ Au lieu d’un recueil de scènes sans liaison et sans suite, le philosophe Epicharme établit une action, en lia toutes les parties, la traita dans une juste étendue etla conduisit sans écart jusqu'à la fin. Ses pièces, assujetties aux mêmes lois que la tragédie furent connues en Grèce ; elles y servirent de modèles et la comédie y partagea bientôt avec sa rivale les suffrages du publie et l'hommage que l'on doit aux talents. Les Athéniens surtout l'accucillirent avec les transports qu'aurait excité la nouvelle d'une victoire (1).
Le principal poëte comique grec est Aristophane de qui nous avons onze pièces. Il appartient surtout à la comédie ancienne, Les œuvres de ses prédécesseurs, Epicharme (470), qui écrivit plus de 50 pièces dont nous n'avons que des fragments, Cratinos, Eupolis (435), et quelques autres, n’ont pas traversé les siècles.
La Grèce possédait plusieurs écoles de mœurs, mais la plus remarquable d’entre elles fut le théâtre si honoré des Grecs. C'est dans ces assemblées immenses que le peuple honoraïit ses grands hommes.
On ne peut se faire une idée de la grandeur et de la solennité qui accompagnaient ces réjouissances populaires. Ce n'était pas comme chez nous une salle étroite et resserrée, où s'entassent en payant, quelques centaines de spectateurs. Au jour fixé, un hérault parcourait les rues et annonçait la fête. Trente mille spectateurs volaient sur les gradins de l’amphithéâtre qu'éclairait la lumière du soleil, On y remarquait toutes les classes de la société,
Les chœurs de femmes, d'enfants et de vieillards apparaissaient sur la scène, Jugeons de l'impression que devait preduire un spectacle si grandiose sur l'imagination toujours exaltée des Athéniens! Les malheurs d'Œdippe faisaient couler des larmes; les crimes des Atrides excitaient l'horreur, le châtiment de Prométhée inspirait le respect des dieux et l'œuvre du poëte, devenant ainsi un plaisir et un enseignement, était l’objet d'un accueil chaleureux.
Indépendamment de la tragédie, dit un critique, les Grecs cultivèrent un genre de poésie dramatique qui est resté étranger à toutes les littératures modernes, parce qu'il n'est pas dans nos mœurs; c'est ce qu'ils appelaient le drame satyrique. Il tenait tout à Ja fois de la tragédie et de la comédie, empruntant à la premièr2 sa gravité et à la seconde sa
() Voyage d'Anacharsis.
gaîté, tout en conservant son caractère propre. Il dut son origine, comme Ja tragédie, aux fêtes de Bacchus. Souvent, dans les pièces qu'on chantait en l'honneur du dieu de la joie et du vin, on mêlait des cengures amères, des railleries mordantes ou des jeux de mots grossiers, etil en est résulté cctte composition amphibie qui était d’ailleurs bien propre à instruire les spectateurs en les divertissant. Tel était le but du poëte, comme Horace le fait remarquer.
Mox etiam agrestes satyros nudavit, et asper Incolumi gravitate jocum tentavit.