MONTESQUIEU
k, IDIOME.
La langue latine appartient à l’une des quatre branches des langues Gréco-Latines conjointement avec les branches phrygienne, grecque et étrusque.
La latin a été produit par la fusion des idiomes osques, des autres peuplades latines et des Grecs d'Italie, Cette langue concise ct énergique se rapproche du sanscrit plus que le grec, et peut être considérée comme le chaînon unissant entre elle les langues indo-Européennes. Sa fixation définitive n'a guère eu lieu qu’au commencement de l'ère chrétienne; son époque la plus brillante a été le siècle d'Auguste, siècle qui au dire du savant Heyne n’a été qu'un reflet de l'école d'Alexandrie.
Lors de l'invasion des barbares au Ve siècle la langue latine parlée, (LH qui était déjà depuis longtemps en décadence, se transforma en un 11 idiome bâtard où chacun des peuples conquérants apporta son contin- EE Eu À gent et qui est connue sous le nom de basse-latinité. Il fut la langue li | savante, administrative et ecclésiastique jusqu’au milicu du XIVe siècle, Lors du mouvement intellectuel, qui eut lieu dan: les deux fi | 1 siècles suivants, on essaya, surtout en Italie, de faire rev: re le latin ; fl antique dans toute sa purcté. Ce fut une tentative inutile, Pourtant LE: on pourrait former, depuis le siècle d’Auguste jusqu'à nos jours une l liste non interrompue de prosateurs et d'écrivains français, allemands, À italiens, ete., qui ont composé en latin des romans, des satyres, des { poésies, des épitres, des odes, des drames, des histoires, ete. De plus, É jusqu'au dernier siècle, le latin, a été la langue scientifique de l’Europe, |
et même aujourd'hui de nombreux livres, surtout relatifs au droit, sont écrits en latin par les Allemands. Bien qu'il y ait quelques localités de { la Pologne et de la Hongrie où le latin est encore parlé assez purement il | dans la vie commune, on doit le considérer comme une langue morte; |A c’est la langue lyturgique de l'Eglise Catholique. A En! La langue latine a été presqu'exclusivement employée en France dans É les actes publics jusqu’au XV Le siècle, et elle avait jeté de si profondes fi racines qu’il à fallu, de 1490 à 1629, cinq ou six édits, déclarations DR RE 1 ou ordonnances des rois, pour contraindre les magistrats et les autorités civiles à se servir de la langue française.
Le latin s’est altéré d'abord par la contraction des mots, la suppression des désinences et la confusion des cas; altérations qui existent en { germe dans les monuments des vieilles langues italiotes, les poëtes, les [PA RE à comiques, où l’on trouve un grand nombre d'exemples de mois tronqués, | contractés et privés de leur désinence. Aïnsi on rencontre, mais pour fi à magis, canto pour canete, dixti pour dixisti, poplus pour populus, ete.(1)