‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 41 sur 221 · A PREMIERS MONUMENTS LITTÉRAIRES · texte numérisé non relu

A PREMIERS MONUMENTS LITTÉRAIRES

1h Des causes différentes produisent quelque fois des effets analogues. ME W Les lettres civilisèrent la Grèce : Rome s’accrût par les armes, Athènes mettait son orgueil dans les beautés poétiques qui germaient

fl { (1) L. Lalanne, Un million de J'aits, Philologie, p, 1298.

enne, dans l'éloq de di, furent Roma Les culés :

mis, au ter chans fragm conclu douze en l’h de Lu dictior rappor

sur sa terre privilégiée; Rome n'avait qu'une idée, qu’un but, la conquête du monde, Tout ce qui lui portait ombrage devenait le delenda est Curthago de Caton l'ancien. C'était la parole la plus entraînante que la Rome antique pouvait entendre, Le Latium, Carthage, l'Espagne, ls Gaules et l'Afrique, toutes les nations qui se proclamèrent indépendantcs, durent subir tour à tour le joug de cette reine impitoyable, Avec cette fièvre de conquêtes, d’agrandissements, de richesses matérielles, Rome, dans les premiers temps, devait accorder aux lettres un rôle secondaire, Seule la carrière militaire conduisait aux grandes dignités. Plus que partout ailleurs la littérature tarda à se développer.

La première période de la littérature romaine, qui commence aux premiers âges de Rome, nous offre quelques traits d'esprit. Les premiers efforts, ces premiers jets de lumière permettent d'étudier de près la marche du progrès intellectuel et les tendances de l'esprit humain se frayant une route à travers les obstacles et l'ignorance.

Les conquêtes romaines se succédèrent plus rapides que l’histoire pouvait les enregistrer, et la gloire nationale prit des proportions colossales, A l’intérieur, le peuple avait à lutter pour sa liberté contre les empiétements des patriciens. C’est alors que l'institution tribunienne, par laquelle des magistrats étaient chargés de défendre le peuple dans les assemblées, prit naissance ; alors naquit la science du droit et l'éloquence eut un rôle à jouer. La toge de l'avocat marqua autant de dignité que l'épée du guerrier. La vie des camps et le barreau furent donc à peu près les seules carrières dignes de l'ambition des Romains.

Les premiers monuments littéraires que nous ayions de ces temps reculés sont quelques fragments de vers salliens que Varron nous à transmis. Ces chants, appelés examenta, sont d'une poésie barbare ; au temps d'Horace on ne les comprenait plus. Ajoutons à cela une chanson des frères Arvales, prêtres institués par Romulus; quelques fragments des lois de Numa, une loi de Servius Tullius, un traité conclu avec les Carthaginois, la fable de Ménénius Agrippa, la loi des douze tables, une inscripition au piédestal de la colonne rostrale érigée en l'honneur du Consul Duilius, des inscriptions sur les tombeaux de Lucius Cornélion, de son fils et d’Atticus Calatinus; les deux prédictions du devin Marcius; un sénatus-consulte rendu en 506 rapporté par Tite-Live; et enfin, quelques fragments épars de poésie

Ni all | ki Il FU h qi (5 RE 96 HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE.

FI! | MM à Un fugitive et des chansons de table qui faisaient tantôt l'éloge des hommes avaien US UE illustres, tantôt celui du vin et des convives :—voilà à peu près tout ce finit pa FU que nous trouvons de remarquable à cette époque reculée. Nae: : | Î Horace nous désigne en outre les poésies fescennines, sortes de dies re ti | NE dialogues qui servaient à égayer les campagnards aux beaux jours des cette li {} vendanges, C'était un dévergondage populaire et effréné, sans licence valuren 1 | et sans art, La loi des douze tables mit un frein à ces chants tracassiers 76 pièc PERS R: qui attaquaient la réputation des honnêtes gens, sous le ; | D'après Tite-Live, Rome vit apparaître à cette époque deux d'impor | genres de poésie dramatique, si nous pouvons donner ce nom aux jeux Horace 1 EUR scèniques que cet écrivain veut désigner. Les acteurs de ces pièces, con- I] est qi | { nus sous le nom d'histrions, étaient des hommes qui dansaient au son ne nous li des flûtes. Puis, pour imiter davantage les Etrusques, on joignit aux ments et HE EE à danses et aux pantomimes les dialogues gais etsatyriques des troupes des ; il s'en e fo \ | farccurs. La jeunesse romaine prit en goût ces amusements et l'on Aulu-Ge El û commença à attaquer en vers tous les riuicules, On imita ks drames comique: Fi satyriques des Grecs, sauf le chœur qu'on avait complètement retranché. range au RIM On nommait ces premières représentations, Atellanes, d'Atella, ville Cicéro À { des Osques où l’on conçut l'idée de ces jeux scèniques. d'Ennius | ETIrS Ce fut à peu près tout ce que produisit Rome pendant les cinq pre- | Horace, EU miers siècles de sa fondation. dant on 1 | POÉSIE DRAMATIQUE. celle de S EUR - | | nn Il respire LES Les premières productions littéraires de cette époque de développe- ttrèn EU ment appartiennent surtout au genre dramatique. On imita les Grecs LE bn 1 D ! surtout dans la comédie, souvent même on se contenta de les traduire. flrennes { | fl | En Grèce, la tragédie apparut la première, la comédie vint ensuite. annales d | A Rome on peignit de préférence les folies des hommes que leurs infor- grecques, 1 nes | Cæciliu Lai C'est ce que nous démontre la liste des auteurs de cette époque; en Phiténion {4 tête de laquelle se trouve Andronicus (240), le plus ancien poëte drama- dons don EU tique des Romains. Nous avons lestitres de dix-neuf deses tragédies et comiques, L ! | quelques fragments insignifiants. Il composa, en outre, un poëme sur Pacurit A c H à l'histoire romaine, des chants érotiques, une hymne à Junon et peut-être composa d qi ! aussi une Odyssée latine mentionnée par Cicéron. La dureté de son le: nom: dd qe | h style s'explique et se comprend. Linius. HE DE La langue grecque était celle de tous les lettrés de Rome. Ils Plauts DA Li | étaient en fort petit nombre. La plupart venaient de la Grèce, ou bien

avaient puisé leur science dans les colonies, Ce petit nombre cependant finit par inspirer le goût et l'amour des lettres.

Nacvius (274) reçut une éducation grecque. Il composa des comédies remplies de satyres et d’invectives. Jeté en prison à cause de cette license il composa deux autres comédies, Mariolus et Léon, qui lui valurent la liberté. De tous ses ouvrages il nous reste que les titres de 76 pièces parmi lesquelles se trouve une tragédie nationale connue sous le titre de Alemoniue Romuli et Remi. Cicéron attache beaucoup d'importance aux écrits de ce poëte, et Virgile lui a emprunté des beautés. Horace s'est montré plus sévère dans son appréciation.

Il est déplorable que les ouvrages des poëtes de la première période ne noussoient pas parvenus. C’est à peine s’il nous en reste quelques fragments et les titres de leurs compositions. Nul doute que sur le nombre il s'en est trouvé qui furent véritablement inspirés. Si l’on en croit Aulu-Gelle, Naevius occuperait la troisième place parmi les poëtes comiques latins, immédiatement après Plaute et avant Térence qu’il range au sixième rang.

Cicéron, Quintilien, Ovide, Cornélius-Népos et Lucrèce, parlent d'Ennius (239-169) comme d’un poëte savant et plein de mérite, Horace, Sénèque et Virgile le traitent avec moins de ménagement, Cependant on ne peut disconvenir que la poésie d'Ennius est plus élégante que celle de ses devanciers. Son vers ne manque pas de nerf ni de précision, Il respire même, dit Schlegel, une haute inspiration poétique. Il fut certainement pour son époque un homme de génie; car, s’il est vrai que le génie soit un, ilne se développe pas de la même manière sous des influvnces différentes et avec des secours inégaux. Ennius composa les annales de la République en vers hexamètres, traduisit 28 tragédies grecques, un livre de préceptes, etc.

Cæcilius Statius (168) composa 45 comédies imitées de Ménandre, de Philémon et d'Apollodore. Les anciens s'accordent peu sur le mérite de ses écrits. Quelques uns le placent au premier rang parmi les poëtes comiques.

Pacuvius (218-128), remarquable comme poëte et comme peintre, composa des pièces, des satyres, et un ouvrage moins grave, connu sous le nom d'Ærotopoegnia. Horace et Quintilien le trouvent supérieur à Ennius.

Plaute et Térence occupent un rang marquant dans la littérature H

IN romaine, Ces deux écrivains peuvent donner une idée des progrès litté- perme h raires de cette époque. Ils forment dans la poésie la transition au siècle ment «

A | d'Auguste. Avec eux le language s’épure. Erasmc pense que personne Cic

n’a contribué plus que Térence à la pureté du latin. D’autres font la |! même louange à Plaute. Ces remarques sont certainement justes et ces

À louanges méritées. Cicéron, Virgile, Horace et tous les grands écrivains Put ( de la seconde période ont bien leur part de mérite dans le perfectionne- | des Pi À ment de la langue latine, mais ils n'avaient pas à la former du moins et lui sous le rapport littéraire. Les ÿ Plaute et Térence au contraire n’avaient pour se guider que des clartés l'amiti de ; douteuses, Ils s’élevèrent par leur génie. exquis NE lus c* Êl : PLAUTE. : On 1 114 | | l : . Û pour a HU Marcus Accius Plautus naquit à Sarsine, dans l'Ombrie, 227 ans due j 1 avant J. C. Il florissait an temps de la seconde guerre punique et bril- Six | p ne lait au théâtre en même temps que Caton à la tribune. TR LE il Esclave dans sa jeunesse, ayant éprouvé des malheurs dans le com- L'A N 1 k merce, il fut réduit à tourner une meule de moulin pour gagner sa vie. bonté NA a An Il nous reste 20 comédies de ce poëte, savoir: Amphitryon, œuvre SE ( ne éminemment comique et qui paraît être son chef-d'œuvre; l’Arinaire Da |: FU qui pèche par le défaut de liaisons entre ses trois actes, l’Aulaire ou Mean ‘9 à l'Avare dont le dénouement est invraisemblable ; les Captifs qui nous sont Moli | pi parvenus avec un certain brevet de célébrité; Curculio, ou le Parasite, dès. it: qui se fait remarquer par des plaisanteries grossières et des longueurs; qu’alors En | Cusina, ou la jeune esclave, remarquable par la vérité du dialogue et la année HE peinture des caractères; la Cistellaire ou la Corbeille et Epidicus qui T ee | 4 n’offrent aucun attrait particulier ; les Bacchides, ou les Courtisanes ; la surpassé |A il Î Mostelluire, ou le Revenant, pièce très régulière, les Ménèchmes, ou les môralles

l'A L À deux jumeaux, qui fournit à Shakespeare le sujet des Méprises ; le Soldat chéte | a | fanfaron, le Marchand, Pseudolus ou le Trompeur, Pœnulus, ou le Car- Les à 4 thaginois, Le Perse, Rudens ou le Cordage, une des bonnes pièces de door Plaute ; Stichus, Trinummus ou le Trésor, Truculentus, ou le Ruste. gaité et

La plupart de ces pièces sont imitées des Grecs. Les modernes à finesse,

leur tour s'emparèrent de ces sujets en les modifiant à leur profit. Comme Eurypide de Salamine, Plaute détruit l'intérêt en donnant une | Li idée de l'intrigue dans ses prologues. Il manque à la vraisemblance, se

licate, I les plaise est d’un

permet d’être grossier et obscène. D'ailleurs, son action marche rapidement et son diologue est admirable.

Cicéron fixe la date de sa mort vers 184 avant J, C.

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