‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 55 sur 221 · MARTIAL—JUVÉNAL—STACE · texte numérisé non relu

MARTIAL—JUVÉNAL—STACE

Martial naquit à Bilbilis, ville d'Espagne, 40 après ans J. C. Il mourut vers l’an 103. De profondes ténèbres enveloppèrent son enfance. Son caractère jovial lui valut l'amitié et la considération des lettrés de l’épo-

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Douze livres d'Æpigrammes onttraversé les siècles ; enia, Apophoreta et les Spectucles, forment les œuvres complètes de Martial.

Comme pour Juvénal, les critiques ne s'accordent pas sur son mérite littéraire, Les uns lui reprochent l'obscurité, la recherche, l'affectation et le mauvais goût de ses poésies. LaHarpe, pour sa part, voudrait que les trois quarts de ses œuvres fussent brûlées comme indignes d'être lues, D'autres louent son esprit agréable, délié, piquant. C'est bien le cas de dire : tot capita quot sensu. Nous voudrions qu'il fut moins obscène, moins adulateur, moins fade en certains endroits ; nous admirons du reste la vivacité de son esprit et l'élégance de sa composition. Beaucoup de ses épigrammes ont perdu leur sel; pour nous qui ignorons les circonstances auxquelles elles se rapportent, et les choses auxquelles elles font allusion, Une grande partie est fort obscène,

Juvénal naquit à Aquinium dans le pays des Volsques (42-123). Les particularités de sa vie ne nous sont pas connues.

Son plus beau titre de gloire consiste dans ses seize satyres. A-t-il surpassé Perse ? A-t-il égalé Horace ? Les savants ont dépensé bien des flots d'encre, accumulé bien des preuves, cité bien des extraits pour vider le débat : adduc sub judice lis est.

Toutefois, qu'il nous soit permis de dire avec Marmontel, que Juvépal, doué d’une nature ardente, d'une sensibilité profonde, a peint le vice avec indignation : véhement dans son éloquence, plein de charme et d'énergie, ce serait le modèle des satyriques s’il n'avait été déclamateur ; c’est un défaut qu'il devait à son époque. $es satyres respirent l'amour de la vertu et la haine du vice. Horace rit des folies de son siècle, Juvénal s'indigne des vices du sien ; le premier passe rapidement d'un sujet à un antre, Juvénal suit un ordre méthodique ; il traite son sujet d'après les rèles de l’art oratoire et se garde de ne jamais perdre le fil de son discours. (Cette manière donne À sa satyre une certaine sécheresse qui contraste avec l'agréable variété de celle d'Horace.

C'est à propos de Juvénal que Boileau a écrit ce vers célèbre dans son art poétique :

Le latin dans les mots brave l'honnêteté,

Stace mourut à l’âge de 35 ans. Il avait une imagination ardente et féconde. Il ne composait pas, il improvisait,

Les ouvrages qu'il laissa sont des Silves, mélange de pièces détachées, dont le principal mérite consiste dans la forme. La Thébaïde, poëme épique en douze chants, a pour sujet les guerres entre les deux fils d'Œdipe et la prise de Thèbes par Thésée, Cet ouvrage n’a pas le mérite del'invention. L’Achilleide n’est que le commencement d'un grand poëme. Les autres productions, tel que l’Agane, ne nous sont pas parvenues,

Le style de Stace se sent des défauts de l’époque: l’enflure, l’affectation, la recherche ; mais il rachète ses fautes, jusqu'à un certain point, par des beautés de détails, des peintures riantes, et des descriptions richement ornées.

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