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TEMPORAINE,.
“ L'Italie a été féconde en grands esprits, en idées générales ; elle a été couverte d'hommes d’une rare habileté pratique, mais ces 1 deux classes d'hommes et de faits sont de- (784 meurées étrangères l’une à l’autre, les uns et ] EE les autres ont agi comme si la vérité n’était L'} APE bonne qu’à connaitre et n’avait rien à de- ! Et mander ni à faire de plus.” à Guizor. bé | k 7 | 13 { | { LR I. | FE ANS . : Sas lil FE Le Celtique est antérieur à toutes les langues connues. Cet idiôme, FT HI transplanté dans l'Occident avec les tribus Celtes, modifia considérable- ‘4 ol ment les langues indigènes. Le latin naquit du mélange gréco-celtique. duel ) L ; £ ; y Ë } Plus tard, quand la langue latine fut à l'apogée de sa perfection, 4
lorsqu'elle fut parlée par tout le monde civilisé, un nouvel ordre de choses fit revivre une seconde fois le Celtique dans les dialectes barbares des Goths, des Lombards, des Francs et des Germains.
Du Ve au Xe siècle, dit Sismondi, et d'un bout à l’autre de l'Europ?, des races différentes et toujours nouvelles se mêlèrent sans cesse, sans se confondre ; chaque village, chaque hameau contenait quelques conquérants teutoniques, quelques-uns de ces soldats barbares et quel-
ques vassaux, restes du peuple vaincu. Les rapports entre eux étaient ceux du mépris d’une part, de la haine de l’autre ; jamais de la confiance ou de l’abandon. Ignorant les uns et les autres tous principes de grammaire générale, ils ne songaient point à étudier la langue de leurs ennemis ; ils’accoutumaient seulement à entendre réciproquement le jargon dans lequel il cherchaient à se rencontrer. Ainsi, nous voyons encore aujourd'hui les gens du peuple, transportées dans un pays étranger, se faire avec ceux dont ils ont besoin, un patois de convention qui n’est ni le leur ni celui de leur hôte, mais que tous deux comprennent, et qui les empêche tous deux d'arriver à la langue l’un de l'autre. Le manque d'idées, conséquence de l'ignorance universelle, ne laissait point la tentation d'augmenter le nombre des mots dont se composait ce jargon ; le manque de communication d’un village avec l'autre lui Ôôtait toute uniformité ; les révolutions continuelles qui amenaient de nouveaux peuples barbares à la place des premiers, qui substituaient de nouveaux dialectes de la Germanie à ceux avec lesquels les Méridionaux avaient commencé à se familiariser, ne permettaient point au langage d'acquérir aucune espèce de fixité ; enfin, ce patois informe, qui variait avec chaque canton, avec chaque peuplade, qui variait d’années en années, et auquel le caprice seul des barbares ou le hasard servait de règle, n'était pas même écrit par ceux qui savaient écrire ; il était dédaigné comme le langage de l'ignorance et de la barbarie par tous ceux qui auraient pu le former ; et le don de la parole, qui a été accordé aux hommes pour étendre et éclairer les idées en les communiquant, multipliait entre eux les barrières et était pour eux une source de confusion.”
La création d’une littérature nationale fut donc impossible du Ve. au Xe. siècle. Les actes de l’état civil, les chroniques, les actes notariés, étaient rédigés en langue vulgaire. Elle n'était pas la langue des lettrés seulement, car on fait remonter à ces époques reculées deux chansons, composées, l’une en 871, l’autre en 924 par de simples corps de garde,
Le travail des siècles devait faire des changements. La civilisation grandissant chaque jour par le contact des peuples, par la nécessité, par la nature des besoins, fit naître des foyers intellectuels. Les dialectes s'épuisèrent ct prirent de la consitance. Ceux du midi surtout éprouvèrent d’heureux changements. Du IXe au XIe siècle, ils se rattachèrent à cinq langues principales appélées Langues romanes, À cause de
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la fusion des langues barbares avec l'idiôme romain. Les langues romanes, qui à leur tour se subdivisent en divers dialectes, peuvent se classer dans l’ordre suivant :
Le Provençal, ou langue d'oc, à la Cour de Bozon, roi d'Arles, se forma de 877 à 887.
La langue d’oil, roman-wallon ou français, à la cour de Guillaume Longue-Epée, fils de Rollo, duc de Normandie, de 917 à 943.
Le Castillan, sous le règne de Ferdinand-le-Grand, de 1037 à 1055.
Le Portugais, sous Henri, fondateur de la monarchie, de 1085 à 1112.
L'Italien, sous Roger I., roi de Sicile, de 1129 à 1154.
C’est alors qu'apparut l'aurore d’une période plus remarquable que la précedente, dans l’histoire des lettres. Chaque dialecte eut ses chantres, ses contours, ses musiciens ambulants, ses colporteurs de poésie,
L'Italien, formé vers le XIe siècle, est parlé dans presque toute l'Italie et les Iles de la Méditerranée, dans une partie du Tyrol méridional, en Istrée, en Dalmatie, dans les Iles Toniennes, à Constantinople eten Grèce. La langue écrite diffère beaucoup de la langue vulgaire dont voici les principaux dialectes :
Le Piémontais, le Génois, le Milanais, le Bas-lombard, le Bolonaïs, le Bergemase, le Vénitien, qui se subdivise en trois dialectes: le Frioulien, le Tyrolien, le Toscan- Vulguire ; le Romain, le Sabin, l'Abbruzze, le Culubruis, l'Apulien, le ‘Turentin, le Napolituin, le Sicilien, le Surde.
Le goût et l'amour des B:lles-Lettres ne devaient pas tarder à apparaître en Italie. Le Duché de Bénevent, aujourd'hui le royaume de Naples, avantageusement situé pour communiquer avec les Grecs de Constatinople et recevoir les lumières de la cour des Khalifes, fournit, du VITIe au Xe siècle, plusicurs historiens et quelques poëtes, Ils écrivaient en latin, mais avec tout le talent des esprits inspirés.
La nature, d’ailleurs, a fait de l'Italie un pays vraiment poëtique ; il inspire à l'âme des artistes les sentiments du beau. Rien n’étonne si Naples, la charmante Parthénople, si coquettement assise dans cette baie toute brillante de verdure et de soleil, rien n'étonne si parfois un de ses enfants élève la voix, trace la marche des choses, et dvance les siècles, L'Italie, c'est la patrie des âmes sensibles ; on y vit par l'imagination par le sentiment, par le cœur ; là, le soleil est toujours éclatant, la lumière toujours pure, les arbres toujours verts, les fruits toujours mûrs ; là,
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on aime à chanter le soir, à rêver le jour, à se transporter avec le Tasse de Sorrente à Ferrare, à goûter les solitudes tranquilles et délicieuses avec Pétrarque, à suivre les pas de Dante errant et proscrit, à vivre pour la poésie avec l’Arioste.
La Sicile fut aussi le théâtre où la muse italienne fit entendre des accords harmonieux, non pas tant par leur élégance que par leur nouveauté, Cette Ile était alors en grande partie peuplée par des Sarrasins, ce qui influença les premiers essais poëtiques ; on reçut des Arabes les premières leçons de rhétorique et de versification. La prosodie fut empruntée à la Sicile, si l’on en excepte pourtant le vers héroïque qui vient de l’endécasyllable des anciens,
Ceux qui, en Sicile, élevèrent les premiers la voix, furent Ciullo d’Alcano, dans une chanson qui était encore en vogue à la fin du XITe, siècle ; Fréderie IT. et ses deux fils, Enzo et Mainfred ; l’érudit Pierre des Vignes, dont nous conservons encore les Canzoni, ct Mezzo de Ricco, “qui souvent sortaient de nuit par les rues des Borletta, chantaient des rimes amoureuses ; avec eux, deux musiciens Siciliens qui étaient grands romancateurs.”
En 1182, naissait en Ombrie un homme dont le nom est demeuré attaché à une célèbre institution religieuse du moyen-âge, St. François, de qui nous avons plusieurs cantiques, que le Frère Pacifique, un autre poëte, a revêtu des charmes de la musique, A la suite de ces deux chantres, apparurent successivement le Bolonais Guido Guinizzelli(1294), le Florentin Guido Cavalcanti (1301), Jocapo da Lentino, surnommé le notaire, Guittone d’'Avezzo, Dante de Majano et Nina, la belle et enthousiaste sicilienne,
La prose, qui, dans ces temps reculés, était encore à ses débuts, fut enrichic des ouvrages historiques de Ricardano Malispini, de Dino Campagni et du journaliste Matteo Spinello, dans son Diurnali, Ces écrivains contribuèrent à répandre l’amour de la langue nationale, Ils préparèrent les voies à Boccace qui devait être reconnu par la postérité comme le créateur de la prose italienne.
Les œuvres littéraires qui apparurent au XITIe. siècle consistent en des recueils de Nouvelles ( è7 Novellino), de préceptes (Tesoretto), par le grammairien Brunetto Latini. Cet écrivain, qui eut la gloire d'être le précepteur de Dante, composa aussi en langue française, pendant son exil en France, une espèce d’encyclopédie intitulée le Trésor,
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St. Thomas d'Aquin et St. Bonaventure, qui parurent à cette époque, écrivirent en latin.
Enfin, le XIVe siècle apparut avec trois noms qui remplirent le monde eivilisé de leur renommée, C’est le triumvirat italien: Dante, Pétrarque et Boccace.