BERNI
Francesco Berni (1543), fut présenté à Léon X. par Bibiena, Comme ce dernier, il avait toujours le rire sur les lèvres; c’est le Rabelais de la Renaissance, Si le lecteur veut avoir de la grosse forsa, de la folle gaité, s'il veut lire des caractères excentriques, voir des figures grotesques, entendre des voix rauques et rustiques, qu'il lise Berni. Il à laissé son nom à un genre nouveau en poésie: ie Berniesque, qui peut rappeler le bas comique de Scarron. Dans ses écrits, il est libre sans être libertin, Son grand mérite littéraire c’est d’avoir refait le Æolland amoureux de Boïardo; les corrections en ont considérablement augmenté la valeur littéraire, Le rire de Berni a fait fureur en Italie, A l'étranger même on l'imita; Cervantes, Sterne, et plusieurs des réformateurs, s'inspirèrent de lui pour rire souvent plus grossièrement,
Jean Antoine Zarabini, ou autrement Antonio Flaminio, est le poëte du sentiment. Personne peut-être, de tous les écrivains de la Renaissance, n’a su comme lui peindre les peines de l'âme. Oh! c’est qu'il se sentait inspiré par un passé malheureux. Les troubles de sa patrie l'avaient fait errant et proscrit, Léon X. apprit ses malheurs et l’attira à sa cour, C'était un astre de plus. Il mit en vers trente des psaumes de David.
Ferreri, Postumo et Calocei étaient les commensaux de Bembo. Bibiena ct Sadolet, de leur côté, étaient visités par un grand nombre de poëtes, d’historiens, d’archéologues, de peintres: ce qui faisait de Rome la plus belle Athénée d'hommes illustres.