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LES DUCS D'URBIN

Urbin, que l’on peut appeler le Waïmar de l'Italie à cette époque, était le rendez-vous des savants, des hommes de lettres, des chevaliers et des prélats. Les ducs d'? rbin y avaient construit de nombreux palais dans les goûts de la Renaissance, Ces palais étaient remplis de tout ce que l’on comptait de plus parfait: statues, tableaux, livres, manuscrits,

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Les écrivains de la Renaissance s’y rassemblaient pour y discuter, causer et discourir sur le néoplatonicisme, la musique, la poésie, l’histoire, la sculpture et la peinture,

Parmi es nombreux visiteurs de cette ville aimée des lettres, on remarquait surtout Bathasar Castiglione (1478-1529), qui sortait d'une famille noble. Doué d’un esprit élevé, qu’il ne cessa de cultiver, et d'une bravoure à toute épreuve, il s'acquit un nom comme poëte et comme chevalier, Les Italiens appellent encore le Livre d'Or, son Libro del Corteggiano (Livre du Courtisan), œuvre qui, sous le rapport littéraire, vivra aussi longtemps que la langue italienne,

Giovanni Georgio Trissino, dit le Trissin (1478-1550), fut, avec l’Arioste, les deux modèles sur lesquels le Tasse devait élever son immortel poëme, la Jérusalem délivrée. Trissin, dans son poëme épique, l'Ztulie délivrée des Goths, n'a que le mérite de l'érudition. Son vers est trop pâle, sa diction trop sèche ; il tombe dans l’uniformité et la monotonie, défauts que le Tasse devait éviter. L'histoire de la littérature italienne doit plus de faveur à Trissin pour avoir, le premier, donné à son pays une tragédie régulière : Saphonisbe, La grande passion qu’il met en jeu dans son théâtre est la sensibilité, Tmitant scrupuleusement les anciens il a rejeté les actes et les scènes. Les chants du chœur sont d’un lyrique estimé,

Giovanni Baptista ‘li a laissé des dialogues intitulés, Caprici del Bajuto, des comédies, ct /4 Circe. Les Caprices du Tonnelier sont d'une invention plus simple que les précédents. Tous ses dialogues sont en général de nature à faire honneur à l'académie florentine dont il était l'ornement. Le florentin Agnolo Firenzuola (1493), laissa des comédies et d'autres ouvrages en prose et en vers. Un autre Florentin, Giovanni Rucellai (1476-1525), écrivit le premier poëme didactique italien, Les abeilles, en vers blancs. Il imita Virgile, Sa poésie est riche de comparaisons. Sa tragédie, la Æosemonde, est supérieure à celle d'Oreste, Le Florentin Giambullari (1495-1555) est, au dire des meilleurs critiques, un des écrivains les plus distingués de l'Italie sous le rapport de la pureté du style. La mort l’empêcha de terminer sa remarquable Listoire de l'Europe, qui partait de Charlemagne, Ses Chants Carnavalesques, œuvre de jeunesse, méritent d’être mentionnés, ainsi que son Gello, où il prouve son érudition,

Lugi Alamanni (1495-1556), de Florence, dédia ses Œuvres Toscanes

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à François I. Il composa des élégies, des églogues, des épigrammes, des satyres, des hymnes, des ballades, une épopée intitulée l’Avarchide, un poëme héroï-comique, Piron le Gaulois, et l'Agriculture, qui est son meilleur ouvrage, Sperone Speroni (1500-1588) occupait une chaire de philosophie à l’âge de 24 ans. Il écrivit des dialogues, des discours, et une tragédie : Cunace. Sa composition est fleurie, Pierre Vittori (1499- 1585), de Florence, professeur d’éloquence grecque et latine, écrivit avec grâce, naturel et concision son Traité sur l'Eloge de la Culture des Oliviers. On lui doit encore des recueils d’épitres et de harangues latines, des gloses sur divers sujcts grecs et latins. Giovanni della Casa (1503- 1556), de Florence, ecclésiastique éclairé, composa le Galateo, qui eut un succès marquant à son apparition, mais que la postérité n’a pas admiré. Benedetto Varchi, de Florence (1502-1565), historiographe, traducteur et poëte comique, laissa une histoire, des traductions, des comédies et un dialogue: l'Ærcolano, qui ne manque pas d’invention ni de feu, Jocopo Nordi écrivit une histoire de Florence, de 1494 à 1531, une vie d'Antonio Giacomini, et traduisit les décades de Tite-Live. Bartholomeo Cavalcanti (1562) a laissé une Rhétorique en sept livres et un Commentaire des meilleures formes de République. Les œuvres de Francesco Grozzini (1503), fondateur de plusieurs académies, sont en partie perdues ; il nous reste La Guerre des Géants ; le Florentin Donato Gianotti (1494-1563) qui composa avec succès un traité sur la Répu. blique de Vénise, un autre sur la République florentine, la Vie de Nicolo Capponi, et quelques lettres; Giovauni Francesco Lattini, qui laissa des maximes sur les gouvernements ; Giovanni Botera (1540-1617), dont les meilleurs ouvrages sont un Traité sur ce qui fuit la grandeur d'une cité et la Raison d'Etat, et Barnardo Tasso, dont la plus grande gloire est d'avoir donné naissance à l’auteur de la Jérusalem Délivrée, ferment la liste des poëtes secondaires de la deuxième période.

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