‹ Histoire abrégée de la littérature [microforme]Chapitre 83 sur 221 · CC NS · texte numérisé non relu

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le goût du temps, favorable à tous les développements d'une imagination vive et brillante. En admettant le mélange de l'histoire et du badinage, elle permettait au poëte d'employer tous les tons et toutes les teintes de la palette poétique,

Arioste s'est proposé de chanter les géants, les fées, les enchanteurs, les paladins, les aventures de la Cour de Charlemagne, dans sa guerre contre les Maures. Roland, qui mourut si tristement à Ronceveaux, neveu de Charlemagne, devenu fou d'amour pour Angélique, donna son nom, Roland furieux, à ce poëme.

Le mauque d'unité, d'intégrité et quelquefois d'intérêt, sont les plus grands défauts que l’on remarque. Ce n’est qu'un fragment de l'histoire chevaleresque sous Charlemagne, sans commencement ni fin, Il entre en matière au fort des combats et, par une bizarrerie inconcevable, il ne permet pas à son lecteur de saisir son héros, Il est parfois obscène et la fiction joue un trop grand rôle dans son œuvre. Si l'on en excepte Charlemagne, tout le reste est faux ou à peu près. Il n'a pas assez respecté l’histoire et la véracité des faits.

Mais le poëte a su compenser, dans les détails, ce qui manque à l’ensemble. La partie pittoresque est admirable, à versification est pleine de grâce, d'élégance et de douceur. Le début de ses chants est toujours orné de la plus riche poésie, Son langage renferme une harmonie qui n'a été égalée par aucun de ses compatriotes, Chaque fois qu'il laisse de côté la métaphore pour parler simplement, il devient digne d’admiration, Malgré ses défauts il occupe le quatrième rang, parmi les talents poétiques qui illustrèrent la Péninsule,

L'Arioste était le protégé de la Maison d'Este, et si les archives de cette famille pouvaient se perdre on les retrouverait dans le Timon de l'Arioste,

Il mourut en 1533.

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