FOSCOLO
Ugo Foscolo (1776-1827), se place à côté de Pindemonte et de Monti. A 16 ans, il écrivait des vers d'amour dans un pauvre grenier, Parmi ses poésies lyriques, on cite surtout l'Jymme au soleil, l'élégie intitulée le Rimembranze, et l'ode à Bonaparte libérateur. Ses sonnets ont de la concision, le Sermone est une satyre amère, Il s’esseya sur le même sujet que Pindemonte: les Cimetières, où domine le ton élégiaque. Ugo Foscolo a montré du talent dans les Grazie et du génie dans les Sepolcri, mais son défaut capital est d’avoir trop recherché l’art. Il abondonne parfois le naturel et la simplicité pour l'érudition et la recherche. Quoiqu'il en soit, la postérité, s’écrie M. Roux, lira avec un intérêt sympatique ces pages attendries, et la patrie italienne saluera en lui l’un des grands rénovateurs qui, au sortir d’une ère d’abaissement
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intellectuel, parvinrent à reconstruire la langue nationale et à tirer d'énergiques et de mélodieux accents de la lyre, si longtemps voilée, d'Alghieri et de Pétrarque.
Exilé, banni, méconnu de ses compatriotes, calomnié par ses ennemis, traqué par ses créanciers, Foscolo termina misérablement sa carrière agitée dans un infecte faubourg de Londres, Bien qu'il fut soutenu par le dévouement de sa fille, les travers d’un caractère inégal, aigri par de longues infortunes imméritées, lui causèrent jusqu'au tombeau, plus d'un désappointement amer, outre que ses travaux ne le mirent pas toujours à l'abri du besoin, Et pourtant, il écrivait pour les libraires non-seulement en italien, mais en français et en anglais. Lorsque la mort le surprit, il venait de commencer une lettre par ces paroles qui peignent si bien sa vie: Je suis toujours le même homme. Il publia dans les grandes revues anglaises des morceaux d'histoire remarquables par la puissance des vues, l’exactitude des recherches et la concision éloquente du style. Jamais, avant cette époque, Foscolo ne s'était élevé à cette hauteur. Habitant d'un pays libre, il se dépouilla de cet appareil classique, de cette recherche tour à tour fougueuse et homérique, rêveuse et turbulente, que la situation anormale de son pays lui avait imposée, Autant Monti s’est montré versatil, dépendant dans ses opinions sur les gouvernements et les hommes de sa patrie, autant Foscolo s’est montré ferme, énergique, constant, inébranlable.
Un des plus beaux morceaux d'histoire que l’on a écrit dans les temps modernes, est assurément, dit un critique anglais, l'analyse du gouvernemeut démocratique de Venise, insérée par Foscolo dansla Revue d'Edimbourg. Les vues politiques les plus étendues, la plus sagace et la plus puissante investigation des faits, des formes de style brillantes et éncrgiques, donnent à cet article la valeur d’un bon ouvrage, Cet homme étonnant, fécond, varié, puissant, a laissé périr dans les orages politiques, la meilleure part de son génie et de son bonheur. Attaché pendant toute sa vie à une seule idée, celle de la république, il n’a jamais cessé dans tous ses écrits de sacrifier à son idole, De tous les esprits de son temps, c’est peut-être le plus constant, le plus conséquent dans ses doctrines, le plus fidèle à ses principes. Grand poëte, philosophe érudit, doué d’une énergique sensibilité, d'une rare éloquence et d'ure connaissance profonde des ressources de sa langue, Foscolo est un génie turbulent, mélange bizarre d’érudition, de grâce et de fougue, Au
fond de cette âme si agitée, vivait un ardent et véritable amour de l'indépendance italienne : que manquait-il à l’auteur des Lettres d'Ortis pour se placer au premier rang des hommes de génie? Une patrie,
Sa tragédie Æicciorda est empruntée aux guerres civiles de la Lombardie au moyen-âge. Les Æssuis sur Pétrarque, son Discours sur le Dante, prouvent une véritable érudition, Son Z/ymme aux grâces, adressée à Canova, est d’une pureté admirable. L'origine et les devoirs de lu tittérature contiennent d'excellentes leçons. Ses Tombeauæ sont imités de Yong. Il mourut en 1828, pauvre et méconnu, mais l'Italie comtemporaine reconnaît en lui un de ses meilleurs enfants,