‹ Histoire abrégée de la littérature romaine, [microform]Chapitre 17 sur 39 · LA POÉSIE LYRIQUE · texte numérisé non relu

LA POÉSIE LYRIQUE

La poésie lyrique qui jusqu'ici était restée au second plan, prit durant cette période, et surtout sous

Auguste, un développement important. Le genre le plus cultivé fut celui de l'élégie, empruntée aux Alexandrins, mais bien supérieure à son modèle pour la forme et pour le fon d ; du reste on se borna à peu près à l'élégie erotique qui était déjà représentée par Catulle, et qui fut traitée avec talent et avec succès par Ovide, Tibulle et Properce, tandis qu'Horace se contentait de composer des odes. La poésie lyrique à Rome, étrangère à la vie politique, emprunta ses sujets à la sphère des sentiments jgénéraux de l'âme humaine, qui sont le fondement de la poésie à toutes les époques.

Parmi les poètes lyriques de l'époque d'Auguste, le plus important (en dehors de G. Licinius Calvus dont nous ne possédons que quelques vers) (1), est C. VaXerius Catullus ("i), né à Vérone en 87' av. J.-C, d'une famille riche, qui possédait la presqu'île de Sirmio dans le lac de Garde ; il vécut la plupart du temps à Rome, dans un monde aristocratique et de mœurs légères, suivit en Bitliynie (57-56) le propréteur Memmius, et mourut en 58. Ses poésies erotiques s'adressent à Lesbia, pseudonyme qui cache proba- \ blement le nom de la sœur du fameux P. Clodius ; les T autres poésies, comme par exemple la pièce sur la mort de son frère en Bithynie, se rapportent à ses relations avec ses amis, ou avec ses adversaires ; il attaque, en -feflet, violemment Gésar, moins cependant par des raisons politiques que par antipathie personnelle contre le favori du maître, Mamurra. "+

(1) Publiés par L. Miiller à la suite de son édition de Catulle, voy. plus bas.

(2) Au lieu de G. {GajusJ, quelques éditeurs lui donnent à tort pour prénom Quintus.

Parmi les pièces d'une certaine étendue (en dehors des imitations de poèmes alexandrins), il faut surtout ^ distinguer Tliymne sur les noces de Manlius Torquatus. Les pièces les meilleures de Catulle sont les t petites^piéces erotiques et les tableaux de genre (il est à comparer à cet égard avec E. Mœrike) ; poète entièrement naïf, sans retenue dans l'amour comme dans la liaine, souvent tendre, profond, plein de gaité i et d' « humour >. souvent, aussi, cru et mordant jus- ' qu'au cynisme, Catulle se distingue toujours par la + manière savante dont il manie les mètres les plus variés, et souvent les plus rares (comme le galliambe dans le poème d'AttisV Ses pièces de vers, rangées + dans un ordre arbitraire, sont au nombre de lU) (1). Sous Auguste, la poésie lyrique eut pour représentants Corn. Gallus, Ovide, Tibulle et Properce.

Corn, (lallus na<jult à Forum JuUi en jJî); il fut ■ Tami de Virgile, qui lui adressa sa dixième églogue, et pendant quelque temps, celui d'Auguste; ayant encouru la disgrâce de ce dernier, après avoir été préfet d'Egypte, il se donna la mort en 2(î ; nous ne possé-

(1) Editions de Catnile : K. Benoist, texte et commentaire critique et explicatif, avec une traduction en vers par E. Rostand, Parts, 2 vol.. 1871)-1885.

Le texte seulement: !.. Miiller, Leip/ig, 1874; avec TihuUe et Properce : 1 1 a u p t et V a h 1 e n , Leipz . 1870 . — Parmi les éditeurs considéraldes de ('atuUe, il faut nommer La c h m an n {18'2'J, dernière édit. 1874), Schwabo (Giessen, 18G2.GG), 4- Bahrens (Lip .. 1870). et surtout R. EUis auteur d'une grande édition avec commentaire (Oxfôrrl, 18G7-7()).

Sur la liiogiapliic de tlatulle, vo.v- Vie de CatuUe en tHe de -i- la traduction de E. Uostand. — Etude sur Catulle^ Gouat,

Paris, 1876. , '

+ Vov. aussi Patin. Etudes sur la poésie latine, t. I, p. 76-116.

dons rien de ses poésies. (Récit imaginaire sur sa + destinée dans le « Gallus » deBecker-Rein.) (1).

Ovide (P^ J) vidius Naso) naquit le 28 mars 43 à Sulino, dans le pays des Péligniens ; fils d'un chevalier romain de fortune aisée, il étudia la rhétorique à Home, exerça, mais pendant peu de temps, les charges équestres, voyagea ensuite en Grèce et en Asie- Mineure, so maria deux fois, fut exilé subitement par Auguste, et relégué à Tomes, sur la mer Noire (près de la ville actuelle de Kustayi) ; il y mourut en l'an c^./-'^ 17, sans avoir pu obtenir sa grâce malgré les plaintes et les prières les plus touchantes. Ce cruel bannissement avait pour cause, d'après Ovide (Trist. H, 207), <L Carmen et erroryK Sous \e nom de cainnen, il faut sans doute entendre Vars amatoria^ dont la frivolité pouvait déplaire à Auguste ; quant à Verror, on en est réduit à de pures conjectures. Si Ovide, avec sa nature tendre et habituée aux jouissances physiques et morales de Rome, ne sut pas faire face à son exil, nous devons l'en excuser par le climat et la sjtuation de Tomes.

Les premières poésies d'Ovide appartiennent à l'élégie erotique. Ce sont : Amores, en 8 livres, publiés en l'an 14 av. J.-(', ; Epistidae {on Heroides), lettres d'amour supposées de femmes de l'époque héroïque, comme Briséis, Pénélope, Phèdre (2) ; Ars amatoria,

(1) Sur Corn. Gallus, lisez kl. Isl i col as , De la vie et des ouvrages de Corn. Gallus, Paris. 1851. — L'ouvrj.ge de Bekker a été réédité en 3 vol., 1S8U-1882. en allemand, par les soins deH . Ciô 11, Berlin.

(2) Certaines pièces publiées parmi les Hcroïdes, n'appartien- \ Tient pas à Ovide : par exemple, l'épîlre de Sappho qui ne peut +" être antérieure à Lucain et à .luvrnal.

en 3^ livres, publiés vraisemblablement en l'an 2 av. J.-G. ; les Hcniedki nmoris, en 1 livre, contre-partie du dernier poème, et les Medicamina faciei, conservées en partie ; tous sont écrits sur un ton léger etsou- •h vent frivole. C'est la mythologie qui fournit le sujet des + 15 livres des Mêtarmophoses, écrites dans le mètre épique ; elles traitent des mythes, qui aboutissent à une transformation, depuis le commencement du monde jusqu'à l'apothéose de César; c'est une imitation assez libre des modèles grecs ; les diiTérentes parties se succèdent sans enchaînement Jbien suivi, Il l'exil du poète ne lui permit pas de mettre la derllnière main à l'œuvre. (Edit. class. des Métarmophoses dans les morceaux chosis de Feldsbausch, Eichert, , Siebelis — Polie). Les G livres des Fastes sont plus simples, plus sérieux, et traitent de faits plus réels ; ! ils forment une sorte de calendrier en vers élégiaques, renfermant, avec une partie astronomique, un exposé mythologique et historique de l'origine des fêtes romaines. L'exil empêcha é^j^alement Ovide d'achever f] cet ouvrage, qui était divisé en 1^ livres correspon- ; dant aux 12 mois, et qui, malgré une méthode superficielle, renfermait nombre de renseignements précieux sur le culte de l'Italie antique. A Tomes, Ovide composa -Y 5 hvres de Tristia, en vers élégiaques; c'est un recueil de plaintes sur les fatigues du voyage et les chagrins de l'existenca chez des étrangers, avec une lettre à Auguste (1. II) et des lettres à sa femme ; Epistulae + <-'-<' Ponto, en 4 livres, lettres à différents personnages t désignés nominativement ; Vlhis, poème injurieux dirigé contre un personnage qui n'est pas nommé ; .enfin, les Halieutica , poème didactique inachevé » (132 hexamètres), sur les poissons de Ix Mer Noire.

D'autres poèmes, entre autres un éloge d'Auguste en , lancrue gète, ne nous sont point parvenus. '' *

Ovide est une nature de poète richement douée et heureusement organisée ; mais chez lui, le poète" aussi bien que l'homme manque de gravité et de maintien. Son tîilent se montre surtout supérieur dans Ta légèreté prodigieuse d'une versification qui pour lui était un don naturel, une nécessité (Trist. IV. 10, '26 : Et quod tempt(d)a))ï scribere versus eratj : au contraire, le ti:^IiiL «pi est nécessaire pour perfectioner un talent heureux, le rebutait rapidement ; aussi peut-on dire de ses créations poétiques ce qu'il dit lui-môme au sujet des occupations politiques, Trist. IV, 10, 37 ; — 40 :

Nec corpus pati<'iis ucc mens IViit apta labori, Otia jndicit» s<mi4)(M' aiuata iiico.

Déjà les anciens critiques regrettaient qu'ils se fut trop abandonné à sa facilité de style et à son imagination exubérante; cf. Quintil. X, 1, 98 : Ovidi Medea (tragédie aujourd'hui perdue) videtnr inihi ostendere quantum ille rir praestare potiterit, si ingenio suo tempemre quant i.idulgere hmluisset. On lui reprochait d'avoir lui-même souhaité qu'une pureté et une perfection trop continuelles fussent tempérées par un défaut qui les rendit piquantes; Senec. Controv. II, 10, 12: aiebat decentioremfaciem esse, in quaaliquis naevos fuisset (on doit à cet égard, et même en général, le comparer à H. Heine). Ovide vécut pendant longtemps dans une situation agréable, parmi les classes élevées de la capitale, imprégné des idées et des mœurs de son temps ; aussi est-il le poète de la cour, de la société polie, mais légère et frivole ;son talent, san s jnMr*2i.tion profonde, est propre à délasser agréa- ^^]£lïlâllt. Ovide est pétillant d'esprit et traite souvent son

' sujet avec une ironie franche ou voilée, mais trop souvent il manque de gravité et de mesure, et tombe 1 dans le l)adinage et dans le cliquetis des mots (l). Au moyen-fige , les Métarinoplioses surtout étaient lues

f avec assiduité ; AUjrecht de Ilalberstadt en lit en l'an V^f^^y un remaniement en distiques allemands, à l'instigciLiun du Landgrave Hermann de Thuringe.

Tibulle ( A llj i u s T i b u 1 1 u s ), naquit en Tan 54 av. J.-C, d'une famille équestre opulente; malgré les pertes que subit sa fortune dans les distributions de terre de l'an 11, il conserva quelques ressources, s'att;irha à Valerius Messalla, et l'accompagna en l'an 2S dans la guerre d'Afjuitaino; il mourut en l'an ^19.

4- Après quel([ues essais poétiques à la manière des alexandrins (comme le panégyrique de Messalla, IV, 1, si toutefois il est bien de Tibulle), son talent atteignit son apogée dans les vers à sa maitresse

4- Délie (L. I', et sur les relations de Sulpicie et de Cérinthe (IV, -J, V); d'auteur de IV, 8-12 est Sulpicie elle-même). Le livre II raconte les relations du poète avec Xémésis ; (le L. lïî n'est pas de Tibulle, mais d'un imitateur inconnu). — Ijbulle est le pre-

- mier des élégiaquts romains (-2) ; c'est une nature pro-

(1) Kilition» «rovide : le texte seulement. A. Rie se, 3 vol., 1871-1874, L<'ip/ ; Morkel, Leipz., 1807-72. — Les Metamorplioses : Z i ii i? e r 1 e , Leipz , 1884.

Arr fn,('S r,> oUemand, le.s Motam. Haupt et Korn, Berlin, 2 vol . . 1 s , I ;- 7S : clioiK dos Métam. Siebelis et Polie, Leip ' 'ascir., 11" et 10« édit.

.4(,., ..ul'js en lai>>' -l'uvres complotes, collortion Kemairc. Lisez, sur les Métai ti avail de G. F. i- .' Ion, en latm, Paris,

1882 ; sar 1-- riti~;''s .ie l'exil d'Ovide, G. Boissier, Revue des deux Mondes, année 1867.

Ovide, sa vie tt s •• E. Nageotte, Màcon. 1872.

(2) Celte opinion e^i cuuiubiable ; la phrase de Quintilien, que M. Bender cile à la fin de ce paragraphe, montre que dans l'antiquité comme de nos jours, on pouvait lui préférer Properce.

prement « élégiaque », pleine d'enthousiasme pour l'amour passionné et pour la peinture sentimentale de la vie modeste et paisible quj était son idéal, de la vie^hampétre ; il nous apparait en proie à une tristesse mélancolique (surtout I, 1, ;i, 10, — IL l), simple, ému, profond, d'un goj^it délicat et d'une perfection de stv[ejvoilée par une apparence de naïveté. (Horace lui adresse l'ode I, 83, et Tépitre I, 4) (1).

Properce (S. Propertius), contemporain de Tibulle, mais plus jeune que lui, naquit en 50, en Ombrie. probablement à Asisium ; il perdit dans les distributions de terres de Al une partie de sa fortune, ot vécut dès lors à Rome où il se familiarisa avec les œuvres des alexandrins, surtout avec celles de Calli- 4 jmaque. Il fut introduit chez Mécène en Lan j2(;, après , la publication de son premier livre de poésies et mou- T rut en l'an 15 av. J.-C. — Le livre I de ses poésies a pour sujettes premières et les plus sincères amours du poète pour Cynthie (courtisane, qui n'est sans doute autre qu'Hostia) ; il fut publié par Properce lui-même au début de l'an '^G (2). Les livres U et III (ou bien, sui-

(1) Editions «le Tibulle : le texte seulement, avec Catulle et Properce : H a u p t et V a h I e n , Leip/ . 1879 ; seul, !.. M ii 1 1 e r , Leipz., 1875. — Editions importantes : Lachmann, Berlin' 1829, Disse n, Gœttinnron, i vol., IHHÎ}. — Voy. plus loin : « Morceaux choisis des Klégiaqucs » .

L'attribution duJlIt-' livre à un poète inconnu, qui se donne le nom de Li/'/damus^ n'est pas douteuse , sur l'attribution d.\s pièces du IVe livre, Us unes a Sulpicie, les autres à Tibulle, et sur l'auflienticité du panogvri([ue d(! Messalla, voy. G. Larroumet. de -/• TibuUi llhro , Paris. 1882 (cf. Bulletin mensuel de la Faculté des Lettres de Poitiers, année 1883 n 208-215). ' ^'

(2) La chronologie de la vie et des oeuvres de Properce est très incertaine ; M. Hender se montre un peu trop affirmatif sur la question. — Rien ne prouve que Properce ait publié de son vivant d'autre livre que le premier.

vant Lachmann. II-IV (1), parurent plus tard ; le Livre iy(\', d après Lachm.). qui renferme quelques pi«"^ces analogues aux Fastes d'Ovide sur riiistoire primitive de Rome, ne parut qu'après la mort de V Properce. L'élégie érotiriue cliez Properce est le produit naturel et immédiat de son caractère et de son .existence ; Properce est un poète sensuel, passionné, 'riche d'imagination; le plaisir que procurent ses poésies est souvent gâté par des épisodes mythologiques qui touchent à la surcharge et à l'obscurité ; mais l'étude des alexandrins les rend coulantes et harmonieuses, en mr-me temps cependant qu'elle leur communique queiijue chose d'incontestablement^ affectédans l'expression (2).

Quintilien dit (XJ,0:i). en parlant des élégiaques romains : Hlc/ia r/raecos provocainiis; cujus mihi ter^ sus f>t'<"" '•^"■l'tns ini(riy)}r> videtiir auctor Tibullus ; siinl iiui i rupcriiahi nialiut ; Ovidius utroque lascivioï\ siciit durior (iallus. (-*>).

(1) Il faut rejeter la division de Lachmann qui coupe en deux le deuxième livre ; on commence du reste à l'abandonner.

(2) EdltioiiA de Properce : le texte seulement, avec Catulle et ïibulle, H a u p t et V a h 1 e n Leipz., 1870 ; seul, L. M lil 1 e r Leipz. 1870 (ces deux éiUt. ont le tort de retenir la division en 5 livres de T.acliin), — A. P a l m e r , f.ondres et Dublin, 1880.

Avec notes en latin : collection L e m a i r e ; en anglais, P a 1 e y , 2' édit., Londres, 1872.

Des éditions très importantes sont celles de Lachmann (Leipz . 1816 et Berlin, 1821)), H e r t zb e rg , 4 vol. (Halle, 1843- 45 1 , B ii h r e n s { Leipz , 1880)

Voyez la note suivante.

{ti) Morceniix: elioisis «Icfi él^ipinqneA romalDS : (Catulle, TibuUe, Properce, Ovide), avec noies en allemand^ K. P. Schulze, Berlin. 2" édit., 1884; C. Jacob y, Leipz., 2 fasc, 1882; — dans V Ayithologie des poètes latins de H. Bender, Tubingue, 1884. — (Catulle, TibuUe, Properce), avec notes en anglais, Wratislaw et Sutton, Londres, 1869 ,* les mêmes (avec un choix de Lucrèce et f^f) Lucain), C ro we i 1 , Boston, 1882. — (Catulle, TibuUe, Properce), avec notes en italien, P.errini, Turin et Borne. 1882.

'2. — L.V PROSE a) L'F.I.OOrKNCF'

Au style surchargé et ampoulé du gcnu>^ asiaticum s'opposa, mais avec l'exagération du contraire, le genus atticurn qui se rattachait surtout à Lysias et qui affectait la simplicité, le naturel et la sobriété d'ornements ; entre les deux genres se plaçait le genius rjwdmm. Le genre asiatique fut représenté principalement par Hortensius, le genre attique par César, M. Binitus, Gaelius Rufus. etc., et plus tard par Asinius Pollion, le genre rhodien par Cicéron. Avec le mouvement politique de l'époqued'Auguste, l'éloquence dut disparaître de la scène publique ; elle se réfugia dans le sénat, dans le tribunal des centumvirs, et surtout dans les écoles et dans les audjtoires. L'éloquence publique et pratique céda le pas à la rhétorique et à la déclamation ; au lieu d'orateurs, on eut des rhéteurs (cf. Tac. Dial. 14 : novorum rhetovum — veteriwi oratoruni]. Déjà, la rhétorique avait été introduite à Rome au temps de Sulla par les professeurs grecs ; déjà, Cicéron avait joint dans l'art d'écrire la théorie à la pratique ; mais c'est l'empire qui (porta l'une et Fautre à son plein développement. C'est alors seulement que l'éloquence cessa d'aspirer à un but pratique^ et qu'elle ne traita plus que des sujets fictifs; elle ne fut plus qu'un exercice de style et de déclamation. Les déclamations se divisèrent en coîi^'over^iae, suasoriae et laudationes ou vituperationes.

Parmi les orateurs publics de la première moite de cette période, on doit citer (outre Q. Hortensius, cf.

-|- §1'2): Caesar (summîs oratorihus aemulus ^ Tac. Ann. XIII, :î) , M, Calidius, C. Me m mi us, C. Gurio, M. Gaelius Ru fus, et un peu plus tard A s i ni u s P o 1 1 i o n (tendance à l'atticisme poussée à l'extrême, — orateur rude et archaïque, son modèle est Thucydide^ ; M. Valerius Mess ail a (qui se rapprochait davantage de Cicéron) ; à l'époque d'Auguste, on trouve C a ssi us Se ver us, que son éloquence agressive fit bannir en l'an l'2 après J -G. - Quintilien donne une caractéristique de ces orateurs (Xil, 10, 11) : « Vim Cansaris, indolem Caelii, suhtilitatem Cnliilii (Hiujenthfhi Pollionis, dignitatem Messallae, !/)'(( ritatem Jh'Kti, acerbitatern Cassii reperiemus. »

G'est avec Gicéron , M. TuUius Cicero, que l'éloquence atteignit son point culminant:

TdblcfUi cliroKohKjlque de. la vie et des œm-res

de Cieéron,

Av. J.-C.

10«"., ;i j.inv. Naissance do Cicéron à Ar^iiniitii.

V>0 f4 Cicéron ('tuilio à Ronic la rhé-

^^''^- tîiCiaytî, sous des maîtres

;^f('(>, entre autres Moloii, et lail coiiiiaissancc avec les orateurs Antonius et Çrassus ; il est diri^'»' dans IV'tudo du ih-oit par l'au^îiiie ' *Tucius Scaevola, et le ^i uni pontife Q. Mucius S(;ic\(tla.

•'^'* I! sert dans l'atniL-r de Cii.

Ponipeius Strabo.

Av. J.-C.

Cvî

il -50

U étudie la philosopiiie sous Phèdre et Pliilon.

DE INVENTIONE (On

ne sait en quelle année), premier discours

PRO OUINTIO.

ORAT. PROS.RdSCK^

Amerino.

(Uct'i'oii va (''tudi«'r tMi (in-tt', à Rhodes l't en Asie Mineure.

Il éjiouse Terentia.

Il est quf^steiii- en Sicile.

Il pn'hd paît aux procès des SitilitMis contii' Verres.

Il est nommé ('dile.

Il est nommé préteur.

Cinisulat d(M'ac(''i-oti ; il reçoit le titre de « j)atei' patr'iae h pour avoir di'couveil la conjuration de Catilina; — il s(* tourne vers le parti de l'aristocratie.

Oratioxes Yerri-

Page 1