‹ Histoire abrégée de la littérature romaine, [microform]Chapitre 19 sur 39 · OFFIC · texte numérisé non relu

OFFIC

DE

Cicéron est assussiui^ le 7 déceuibre.

Dans réloquence, Cicéron occupe une place considérable à la lois par ses discours et par ses ouvrages de rhétorique.

a] Les discours. — Quintilien dit (X, 1, 112), en

parlant de Cicéron orateur : <i Apud posteras id est

consecutus, ut (Heero jam non hominis noynen, sed

eloque7itiae haheatur. * — Cicéron possédait toules

-f- les qualités physiques et morales q^ui font un orateur :

organe fait pour la tribune, aspect aimable et sérieux, mémoire heureuse, rapidité d'intelligence et de combinaison, nature impressionnable, imajj^ination vive, saillie brusque et piquante ; à ces dons naturels s'ajoutaient un désir de s'instruire qui ne connaissait point de bornes, une application infatigable, une étude continuelle et méthodique. Les discours de Cicéron ont pour caractères distinctifs une verve entraînante, un pathétique irrésistible, la variété et la rajïïde succession des sentiments, le feu du débit, la surabondance des expressions, et un talent supérieur dans la recherche des moyens les plus propres à agir sur le cœur et sur l'esprit de l'auditeur ; mais ils manquent parfois de force réelle et de gravité morale : sous ce rapport, Cicéron est inférieur à Démosthène.

Des discours de Cicéron, 57 nous sont parvenus en entier, et nous avons les fragments d'environ ^iO autres ; il en reste :>:> dont nous ne savons rien, sinon qu'ils ont été prononcés. Parmi les discours conservés, les plus remarquables sont : pro Quiniio, le premier que prononça Cicéron ; — pro S. Roscio Amerino, discours plein d'intérêt, parce qu'il attaque un favori de SuUa, Chrysogonus ; — les Verrinae, contre le spoliateur Verres, qui avait été préteur en Sicile, avec la divinatio in Caecilimn, qui les précéda et par laquelle Cicéron s'assura le droit d'accuser : ces discours contre Verres sont pleins de renseignements précieux pour la connaissance de l'administration des provinces romaines; — de imperio Cn. Pompeii, par lequel Cicéron fit donnera Pompée le commandement en chef dans la guerre contre Mithridate ; — m L. Catilinam^ discours qui furent prononcés les 7 et 8 novembre, 3 et 5 décembre 63; —pro Murena, défense

du consul Licinius Murena, accusé de ambilii, discours amusant par des traits malins à l'adresse des juristes; — pro Sulla, défense de Sulla qui était accusé d'avon- pris part à la conjuration de Gatilina ; — jjro Ardiia, pour conserver au poète Archias ses droits de citoyen romain ; — pro Sestio, défense de Sestius, accusé de violence, longs détails sur les luttes des partis à Rome ; — pro Cddio, intéressant pour l'étude des mœurs ; — pro Milone, défense de Milon, après le meurtre de Clodius ; le discours tel que nous . le possédons est un remaniement du premier discours prononcé par Cicéron ; — pro Lh/ario, intercession auprès de César' en faveur du Pompéien Ligarius ; — pro Dcjotaro, défense du roi de Galatie, Déjotarus, accusé d'une tentative de meurtre sur la personne de César ; les 11 Philippicac, contre Marc Antoine ; la plus importante est la seconde, qui ne fut pasjrononcée. — (Edit. class. avec comment, par C. Halm, Koch, Richter.)

/' ' /\<'s ouvrages de rhétorique. — Grfice h l'enseignement des rhéteurs grecs, à l'étude des théoriciens comme des orateurs, particulièrement d'Hermagoras (II« siècle av. L-C ) . dAristjjte, de Démosthène et d'Isocrate, Cicéron avait pu se familiariser étroitement avec les théories des écoles. Cependant, par suite de son éducation scientifique et du caractère pratique de sa carrière oratoire , il ne se contenta point des î théories toutes faites : il eut toujours devant les j yeux les besoins et les expériences de sa propre 'époque. Par suite, ses ouvrages renferment un j système fondé, ej2jji^andej)artie, sur une expérience personnelle. Les divers écrits de Cicéron sur Tart oratoire, sont : de invcniioneUbri2, ouvrage de jeunesse^

inexpérimenté ; — de oratore libri ^, sous la forme d'un entretien qui aurait eu Heu en 91, et dans lequel paraissent entre autres les deux grands orateurs L. Crassus et M. Antonius ; le ton en est vif, le style élégant et bien nourri. Le livre I traite de la culture nécessaire à l'orateur, le livre II de la manière de traiter le sujet, le livre III de la forme et du débit (Edit. class. par C. Piderit) ; — Brutus, sive de claris oratoribus, également sous forme de dialo;,^ue, histoire sommaire de l'éloquence romaine (Edit. class. de C. Piderit et d'O. Jahn) ; — Orator ad M. Brutum, portrait de l'orateur idéal (Edit. class., par Piderit et Jahn) ; — Partitiones oratorinc, sorte de catéchisme oratoire ; — Topica, commentaires sur la Topique d'Aristote : — de optimo génère oraiorum, sur le style de l'école attique et de l'école asiatique.

b) CICÉRON ET lA PHILOSOPHIE A ROME

Ce fut, en second lieu, dans le domaine de la philosophie, que Cicéron porta sa féconde activité. Le pre- ( mier accueil fait par les Romains à la philosophie ' + grecque n'avait pas été bienveillant. Ennius avait bien traduit les œuvres du philosophe rationaliste Evhémère, mais les Romains voyaient leur religion atteinte par ce système qui renversait et mettait à néant tout un monde de divinités traditionnelles. De plus, la philosophie grecque de cette époque, philosophie de décadence, et représentée presque uniquement à Rome par la sophistique, y était considérée comme nuisible -f

aux alTaires et à la pratique de la vie. Aussi, vers l'an l')~> les trois philosophes grecs députés à Rome

I par les Athéniens, l'académicien Carnéade, le stoïcien

Diogène. et le péripatélicieri Gritolaïis, furent, sur la

1 proposition de Caton, congédiés le plus tôt possible.

Cependant, la génération qui suivit se mit à étudier

cette même philosophie, et peu à peu les leçons d'un

-^ philosophe grec devinrent le complément nécessaire

d'une bonne éducation. Parmi les systèmes en vogue,

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