le stoïcisme, avec sa morale austère et ses tendances
^) pratiques, était celui qui oiTrait le plus d'attrait aux
Romains ; c'était aussi celui qui se conciliait le mieux
. avec leur religion ; surtout il s'adaptait à leurs institu-
; tions sans aucun effort ; depuis Scipion le jeune, la plupart des hommes d'Etat et des juristes étaient stoïciens. Les deux Q. Se xti us Niger, le père et le fils, qui écrivirent en grec au temps de César et d'Auguste, suivaient le système de Pythagore mélangé de stoïcisme. Le système d'Epicure et celui de la nouvelle Académie qui favorisait le scepticisme, rencontraient aussi des sectateurs ; parmi les disciples d'Epicure, il faut nommer surtout le poète Lucrèce. D'autres n'adoptèrent pas un système déterminé, ils prirent dans chacun ce qui leur plaisait ; c'est cette sorte d'édectisnie que pratiiiua Cicé^^^^ En somme, toute
P la science philosophique que possédèrent les Romains fut empruntée aux Grecs ; ils n'ajoutèrent à
. cette science rien d'original. Ce qu'ils voyaient
surtout, ce n'était pas les théories, mais les
-f j- conséquences pratiques (1) ; telle est, en effet, la
(1) Vov. sur le caractère de la philosophie chez les Romains, les livres de C. M art h a, le Poème de Lucrèce^ les Mora^ listes sous VEmpire romain. Etudes morales sur Vantiquitéy aris.
défmition qu'en donne Cicéron. Tusc. IV. :L .1 : la philosophie est l'art de bien vivre, 6e/ic vivcndi disciplina,
Cicéron ne voyait dans la philosophie, suivant les préjugés de son temps, qu'un auxiliaire de la rhéton^e ; il n'en composa des traités qu'à l'époque où la toute-puissance de César lui interdisait l'exercice de la vie politique. L'étude qu'il avait faite de la philosophie grecque était une étude d'amateur, très variée, mais ^"^^^^qgiiL§PPJ'ofondie ; dédaignant de se livrer à un examen sérieux et indépendant, l'illustre orateur rédigea en un temps très court une foule d'écrits philosophiques, qui ne témoignent que trop de la rapidité de l'exécution. Il réussit assez bien à concilier la théorie et la pratique ; il montre sa préférence pour ^a noil^Me Académie, à cause de sa sophistique appropriée aux besoins des avocats et des orateurs, et pour le stoLcisme, à cause de sa forte morale. L^épicurÇi^m? lui inspirait de la répugnance ; les Romains ne voyaient dans ce système que la permission de se livrer à toutes les jouissances sensuelles.Les systèmes anciens de Platon et d'Aristote ne sont connus à Cicéron que d'une manière superficielle. Le principal mérite de Cicéron fut d'avoir enrichi la langue latine d'un vocabulaire quil dut créer en grande partie, d'avoir rendu la philosophie grecque accessible aux Romains, et d'en avoir fait l'objet d'un intérêt très vif et très répandu. A l'exemple de Platon, il donne ordinairement à ses traités la forme de dialogues ; mais il ne rend pas la vie et la fraîcheur de son modèle.
Voici la liste chronologique (cf. de divin. II, 1) des ouvrages philosophiques de Cicéron : de republica^
LITTÉKATUilE fcOMAIXE .n
sur la meilleure forme de gouvernement ; c'est un dialogue entre Scipion l'Africain le jeune, Laelius, etc. Des r. livres qu'il comprenait , nous ne possédons guère que 1«'- doux, premiers, et encore incomplètement, plus lu àutnnluin Sri pionis, \qm appartenait au 6® livre, et qui nous a été conservé par Macrobe. La plus grande partie de ce que nous avons a été découverte en 1822, par le cardinal Angelo Mai, dans un I palimpsesîe du Vatican. Le deuxième livre contient un essai sur l'histoire de Rome primitive, particulièrement sur sa constitution ; — de legihus, inacheyé ; il comprenait probablement 6 livres ; 3 seulement nous sont parvenus, mais sous une forme altérée ; l'ouvrage expose un droit public et un droit sacré, conçus d'après des principes stoïciens; — Parado.ca, exposé de principes stoïciens;— L:(jiisol(ttw , inspirée par la mort de sa fille ; il n'en reste que des tVaginen.ts, ainsi que de VHoHensius, oii il recommandait l'étude de la philosophie ; — de finibus bonorum et malorum, en 5 livres, répertoire des doctrines des philosophes grecs sur le souverain bien *'t le souverain mal, avec une critique de «»-> doctrines ; ledit, class. de H. Uolstein) ; — Academica, en i livres, aperçu des théories diverses de la connaissance, avec des détails particuliers sur les académiciens ; — l^nsciilnnae disputationes, en 5 livres, enseignant rcs ad heate vivenditm maxime necesuirias\ le livre 1 traite de conternnenda morte; le Vivve il, de tolenmdo dolore; \e livre 111, de aegritU' cline Umienda ; le livre \\\de yeliiiuis animi pertiirbationibiis ; le livre V, ad heate vtvendum virtutem se ipsa esse eontentain ; les livres les plus intéressants - sont IV et V (édit. class. de Tischer-Sorof et de 0. Heine) ; — Tlmaeus, reproduction du dialogue de
Platon (fragments) ; — de natura deorum, en S^livres, exposition de différentes théories sur la divinité et sur ses relations avec le monde, entre autres de celles des épicuriens il. 1), des stoïciens (1. II), des académiciens (1. III) ; (édit. class. de Schumann) ; — de divinatione, enj3^1ivres ; exposition (l. I), et réfutation souvent humoristique (L II) de la doctrine stoïcienne sur la divination ; — - Cato major, sive de senectute, éloge de la vieillesse placé dans la bouche de Caton, ouvrage "5i^L^^A^Jl^i^?"^ admiré, attrayant par la douce chaleur du ton et du style (édit. class. de Lahmeyer, Meissner , Sommerbrodt) ; — de fato (fragment) , contre la doctrine stoïcienne sur la destinée ; — Laelius, sive de amicitia, éloge de l'amitié vraie et reposant sur un fondement moral, placé dans la bouche de Laelius le jeune (édit. class. de Lahmeyer, Nauck) ; — de officiis, en 3 livres, traité des devoirs, conçu d'après les stoïciens, mais avec de libres emprunts à différentes sources ; l'ouvrage traite spécialement de la nature de l'honnête (L. I), et de l'utile (L. II), ainsi que de la subordination de l'un à l'autre, (L. III) (édit. class. de Gruber, 0. Heine). Nous ne possédons plus les traités de gloria, devirtutibus, non | plus que des traductions de Xénophon et de Platon. \