‹ Histoire abrégée de la musiqueChapitre 12 sur 69 · RAMEAU · texte numérisé non relu

RAMEAU

avec ïe chapitre de la Métropole: il fit un tel charivari sur l’orgue à un office solennel qu’on consentit à son départ. Le traité fut publié et souleva à Paris de vives controverses auxquelles Rameau répondit victorieusement. 11 écrivit même cette phrase: « Je fais voir que, faute d’avoir connu la basse fondamentale, la raison et l’oreille n’ont encore pu s’accorder dans la musique. » Malgré tout, les polémiques faisaient connaître Rameau qui écrivit plusieurs cantates, le Berger fidèle, Aquilon et Créthiis, et quelques morceaux de danses pour l’Opéra-Comique (i) alors naissant, en meme temps qu’il était nommé organiste de Sainte-Croix de la Rretonnerie.

Rameau obtint de Voltaire le livret de Sa/nson dont il écrivit la musique ; musique et pièce furent refusées à l’Opéra. Puis il donna en 1733 Hippolyte et Aride , qui fut déclaré détestable (2), mais il se releva deux ans après dans l’opinion publique. Pour flatter les goûts de la masse, il donna ensuite le ballet des Indes Galantes , Dardanus, enfin en 1737 il obtint deux succès, avec Castor et Pollax, sur un poème de Gentil Bernard, et un traité de la Génération harmonique. Rameau avait alors cinquante ans et il devait s’éteindre à plus de quatre-vingts. Louis XV le désigna comme son compositeur ordi-

(1) L Opéra-Comique jouait alors des pièces mêlées de chant et de danses et des divertissements.

(2) À la suite de cette première, Rousseau écrivit « qu’il fallait envoyer aux Iroques ce distillateur d’accords baroques ».

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