CHAPITRE VI
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Mozart (Jean-Chrysostome-Wolfgang) naquît à Salzbourg le 27 janvier 1706. Son père (Léopold) était sous-directeur de la maîtrise de l’archevêque de cette ville. A quatre ans, il s’essaya sur le clavecin et devina les principes de la musique. On dit même qu'il écrivit quelques petits morceaux. 11 est certain toutefois que, durant sa cinquième année, il composa une introduction de concerto et un allégro de sonate. Léopold Mozart, le sous-directeur de la maîtrise, ayant une position assez précaire, eut l'idée de produire en public son jeune fils qui excitait l'admiration de la ville. Le jeune virtuose de six ans joua d’abord un concerto de piano à Munich devant l’Électeur, ensuite à Vienne devant l’empereur, puis en 1763 à Paris, où le baron Grimm hebergea la
famille Mozart. .
Quelques mois après, le jeune \\ olfgang était pusenté à la Cour et Versailles n’eut qu'un cri d'admiration. Un jour le roi l’ayant embrassé, tousles courtisans,
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ducs, princes, etc., crurent de leur devoir d’en faire autant; l’enfant était l’idole. Heureusement le jeune Wolfgang ne fut pas grisé par ces enthousiasmes et continua a travadler. Les deux sonates pour clavecin et violon, qu’il composa en i 7 G 3 — il avait alors sept ans — dédiées à la princesse Victoire et à la comtesse de Tessé, attestent le progrès de l’auteur.
Ln 17G4, la famille Mozart passa à Londres. Le jeune Mozart y joua de l'orgue devant le roi. Au bout de quinze mois, il parcourut les Pays-Bas; ayant joué devant la princesse Marie-Anne d’Orange atteinte, dit-on, d’une mauvaise fièvre, la maladie se déclara chez le jeune virtuose. Revenu à la santé, il composa six sonates dédiées à la princesse de Nassau. A Amsteidam, il écrivit des symphonies dédiées au stathouder. Peu après, ayant amassé un peu d’argent, Léopold Mozart ramena ses deux jeunes enfants à oalzbourg.
Le jeune Mozart se perfectionna dans son art en etudiant Hændel et J. S. Bach, puis les maîtres itaicns du xviii 0 siècle. C’est à ce moment, dit Fétis « qu’il acquit l’extrême facilité qu’il montra dans art de faire mouvoir avec aisance et intérêt les diverses parties d’un morceau d’ensemble ».
Mozart ayant été appelé, en 1768, avec sa famille a la Cour de Vienne — il avait alors douze ans — étonna Joseph II par la perfection de son jeu sur le clavecin. Aussi l’empereur le jugeant mûr pour la composition, n’hésita pas à lui confier le livret de la
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Finla simplice, qui fut suivi peu après d'un petit opéra-comique, Bastion et B as tienne , d’une messe à quatre voix et orchestre et d’un concerto de trompette.
À cette époque, les deux enfants de Léopold Mozart furent atteints de la variole et le jeune Wolfgang resta même neuf jours aveugle. 11 se rétablit ensuite, ainsi que sa jeune sœur, et la famille retourna à Salzbourg. Le désir de produire son fils poursuivait le vieil organiste, qui se lança dans une nouvelle tournée en llalie et visita Mantoue, Vérone, Milan, Florence, Rome et Naples. Cette tournée se transforma en triomphe pour le jeune Wolfgang, qu’on appelait « illustre maître! »
Le 26 décembre 1770, il fit jouer à Milan Mithridate avec grand succès. La première chanteuse, M m0 Bernasconi, peu confiante dans l’expérience du jeune auteur, vint lui demander à voir le grand air qu’il lui destinait. Cet air lui plut; mais Mozart, peu satisfait de la démarche de son interprète, se mit incontinent à écrire un second morceau, suivi d’un troisième. La chanteuse émerveillée se trouva dans l’impossibilité de faire un choix.
De 1771 à 1770, Mozart composa une cantate, Ascanio in Alba, une sérénade, In sogno di Scipione, écrite pour l’installation du nouvel archevêque de Salzbourg, il rc pastore représentée dans la même ville, puis Lucio Sylla à Milan et la Jinta Giardiniera à Munich.
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Mozart pourtant n’était plus un enfant et il souhaitait n’être plus à la charge de sa famille. La place de maître de chapelle de la cathédrale de Salzbourg lui ayant été refusée, il proposa à l’électeur de Munich ses services moyennant une rétribution de 5 oo florins (i o 5 o francs). L’électeur jugeant la somme trop forte, le quémandeur se remit en route songeant à faire une semblable proposition à l’électeur de Manlieim, puis brusquement il songea à la France où il avait été si bien accueilli, et il se mit en route pour Paris, accompagné de sa mère. En route, il donna à Augsbourg un concert qui lui rapporta 90 florins. « Jamais, écrivait-il à son père, je n’ai été accablé de tant d’honneurs. »
L’arrivée à Paris eut lieu en 1777; niais les débuts ne furent pas ceux qu’on espérait. Impossible d’arriver jusqu’à Legros, directeur de l’Opéra. On employa le jeune compositeur à retoucher un Miserere de Holsbauer, et on ne lui demanda meme rien pour un des concerts spirituels dont l’accès était plus facile pour les jeunes.
Sur ces entrefaites, Mozart perdit sa mère, et le séjour de Paris lui devint si pénible qu’il retourna près de son père qu’il remplaça comme organiste. L'électeur de Bavière, Charles-Théodore, regrettant sans doute la fin de non-recevoir qu’il avait opposée à la première demande, chargea le jeune compositeur d’écrire le livret d'Idoménée, opéra en trois actes.
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Munich retentit d’acclamations enthousiastes a l’apparition de ce chef-d’œuvre. Le bruit de ce succès vint jusqu’à l’archevêque de Salzbourg qui, obligé de faire un voyage à Vienne, se fit suivre de toute sa maison, y compris Mozart, qu’on faisait manger à la cuisine, si bien que le pauvre compositeur, abreuvé d’amertume, donna sa démission. Apres avoir vécu chichement du produit de quelques leçons, il obtint, pour la Cour, le livret de YEnlcvcment au sérail, dont la partition produisit au début plus d’étonnement que de satisfaction. L’empereur disait : « Cet opéra est trop beau pour nos oreilles, il y a trop de notes » ; aussi ne donna-t-il que cinquante ducats. Pourtant, pris d’un remords, il alloua au compositeur une pension annuelle de 800 florins.
Mozart, malgré tout, s’attacha assez a l’empereur pour refuser les offres du roi de Prusse Fijpdéric- Guillaume, qui voulut se l’attacher moyennant 0000 écus (n 260 francs). Après ce refus, malgré la modestie de ses honoraires, il épousa Constance Weber, dont il eut deux enfants. 11 composa vers cette époque les six quatuors dédiés à Haydn.
En 1786, après un petit ouvrage, le Directeur de spectacle, Mozart donna les Noces de Figaro, dont le succès en Allemagne fut prodigieux, et Don Juan, appelé d’abord le Dissolu puni, sur un livret de l’abbé de Ponte. Puis, en 1788, vinrent la délicate partition de Cosi fan tutti, et les trois dernières symphonies dont celle en sol mineur sur laquelle nous reviendrons. ftOYER. 3
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En l’anncc 1791, Mozart fut atteint d’une maladie de poitrine compliquée de phénomènes nerveux. Il trouva la force d’écrire la Flûte enchantée, ouvrage qui fut joué cent vingt fois de suite, mais le compositeur, trop malade, ne put assister qu'aux dix premières.
Les deux derniers ouvrages de Mozart ont été le Requiem, écrit sur une commande faite par un inconnu, qui le paya d’avance cent ducats, et la Clémence de Titus, composée pour le couronnement de Léopold devenu roi de Bohême. On dit qu’il ne mit que dix-huit jours pour la confection de celte partition. Sans doute, ce travail excessif hâta la fin du grand musicien, qui s éteignit le 5 décembre 1791.
Mozart est à la fois un réformateur et un créateur. La forme nouvelle de la mélodie, les trouvailles harmoniques, la coupe des morceaux ont pour ainsi dire complété le système de Gluck. On peut affirmer qu’il est le père de Méhul, Beethoven, Weber, Cherubini, etc. Il est créateur, en ce sens qu’on lui doit le système enharmonique qui amène des résolutions imprévues d’accords, et une coloration spéciale. En outre, Mozart était un lettré, il parlait le latin, l’allemand, le français, l’italien, l'anglais et il était très doué pour les sciences, notamment l’arithmétique. On a dit justement de lui qu’il était le musicien universel.