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DALAYRAC

l'Éclipse totale . A partir de ce moment Dalayrac fut le compositeur le plus recherche par l’Opéra-Gomique. Ses œuvres se succédèrent rapidement: le Corsaire 1788, la Dot , Nina , Renaud d'Ast , /es (/eux Savoyard, Raoul sire de Crequi , Camille ou le Souterrain, Roméo et Juliette , Mu/so/i a ve/u/re, la jeune Prude , Gulistan , etc...

Ses librettistes préférés étaient: Monvel, Marsollier et Lachabeaussière. Parmi les artistes, Dugazon et sa femme atteignaient la célébrité (1). Dalayrac écrivait facilement, même un peu trop vite, mais il recherchait surtout la simplicité et composait pour le peuple. Les hautes régions de 1 art étaient par lui inexplorées, et il sacrifiait surtout à l’actualité. Les deux, ouvrages où il donna le plus sa mesure sont certainement Primavera où les mélodies pures et distinguées abondent, ainsi cpie Nina que Paesiello mit en musique après lui, sans que les amateurs lui en sussent gré.

Dalayrac fut de son vivant T idole du public et les honneurs affluèrent sur sa personne. L Académie de Stockholm le nomma membre correspondant. 11 mourut en 1809 à Fontenay-sous-Bois ou sa tombe existe encore.

(1) Dugazon. — Comédien français, né k Marseille (i7^3- 1809). U fut surtout célèbre par sa femme, M me Dugazon, née Louise Lefebvre, de parents français, k Berlin.. C’était une excellente actrice qui a donné son nom aux emplois de Dugazon et de mère Dugazon. Elle a vécu de 170$ k 1821.

44 DALAYRAC, GARAT, GOSSEC, ROUGET DE i/lSLE

Une figure que nous ne pouvons oublier, car elle personnifie la chanson française, est celle du chanteur Garatné en 1704 à Ustaritz, petite ville des Basses- Pyrénées. Fils d’un avocat, sa vie présenta dans son en lance beaucoup d analogie avec celle de Dalayrac. Douéd’une mémoire prodigieuse, il lui suffisait d’en tendre un morceau pour le répéter immédiatement de mémoire. Aussi, envoyé à Bordeaux pour faire son droit il suivit plutôt les leçons de Beck, directeur de 1 oichestre du Grand Theatre. Un jour, à la sortie de la représentation d’un opéra inédit, Garat, monté sur une estrade improvisée, répéta à la foule assemblée les airs, les trios, les chœurs qu il avait entendus. Ce fut un événement. Le père, informé de ces faits, coupa net la pension du jeune étudiant. Garat se dirigea vers Paris et eut la bonne fortune d’être pris comme secrétaire particulier par le duc d’Artois. Cette nouvelle, au lieu de le desarmer, exaspéra Le pere de Garat qui répondait à ceux qui lui annonçaient cette bonne nouvelle : « Dans la Rome de la décadence, les histrions ont toujours été les favoris des empereurs ».

Pourtant la réconciliation se fit un jour que Garat était venu chanter à Bordeaux dans un concert de bienfaisance. Le talent du fils émut le père jusqu'aux larmes.

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