‹ Histoire abrégée de la musiqueChapitre 24 sur 69 · DALAYRAC, GARAT, GOSSEC, ROUGET DE L*ISLE · texte numérisé non relu

DALAYRAC, GARAT, GOSSEC, ROUGET DE L*ISLE

A la révolution, les armées équipées à la hâte amenèrent la formation d’orchestres militaires où les instruments h vent peu répandus en France devaient prendre la première place. Gossec, doyen des compositeurs français, fut appelé à la direction de VÉcole de musique militaire (1792) qui devait se transformer par la suite en Conservatoire de musique et de déclamation (1).

Gossec composa une symphonie en ré majeur a grand orchestre qu’il fit exécuter à Paris. C’était la première fois qu’on entendait cette nouvelle formation orchestrale, aussi son nom devint-il populaire. Cet auteur donna plusieurs opéras, la Fête au village, Rosine , les Pécheurs, la reprise de Toulon, et écrivit presque toute la musique des fêtes révolutionnaires. Il se consacra à la même époque à la direction de l'école de musique militaire, et sa facilité d’improvisation lui permit de mettre au jour tous ces ouvrages. On cite également de lui un O salutaris ! écrit au courant de la plume qui est demeuré célèbre.

Au milieu des événements politiques qui changeaient la face du monde, â l’époque où l’étranger crut le moment venu d’envahir la France pour

(1) Cette école était dirigée par Gossec qui avait comme comptable Sarrètc, plus lard directeur du Conservatoire.

ROUGET DE i/lSLE

l’asservir, un officier du génie, en garnison a Strasbourg, se sentit inspiré par le danger cpie courait le pays et composa cet hymne admirable, la Marseillaise y qui est resté le chant national français. Cet officier, Rouget de l'Isle, dans une nuit d’inspiration sublime, enfanta ce chant merveilleux qui conduisit quatorze armées à la victoire. La Marseillaise se compose de six couplets. Le septième « Nous enticrons dans la carrière » a été attribué à M.-J. Chénier et aurait été composé pour la fête du 1 4 octobre 1792. En réalité, il est beaucoup plus récent et remonte à i848 : à cette époque où on chantait une Marseillaise en dix-huit couplets, Louis Dubois écrivit le septième, qui seul est resté. Rouget de Plsle ne composa guère autre chose, mais nous devons à sa mémoire de le comprendre au nombre des compositeurs dont le nom demeurera impérissable à travers les âges.

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