LE CONSERVATOIRE
Nous arrivons maintenant au 9 thermidor an III, où la Convention nationale supprimant l’école de musique militaire organisa, sur un rapport de Chenier, une école nationale de musique où devaient être enseignées toutes les parties inhérentes a la théorie et à la pratique de cet art. Une commission composée de cinq inspecteurs était placée à la tête. Les inspecteurs furent Gossec, Méhul, Grétry, Cherubini et Lesueur. Quant a Sarrète, il fut assez habile pour conserver la direction de cette nouvelle école.
Les professeurs qui commencèrent les cours furent pris parmi les musiciens de la garde nationale de Paris. 11 y avait des hommes de valeur: Rode, Baillot, Kreutzer, Levasseur, Devienne, Salentin, Duvernoy, Garat, Adam, Catel, Langlé et Berton (1).
Mais revenons à Lesueur. Malgré le succès de
(1) Ils mirent au jour une méthode de violon écrite par les trois premiers professeurs cités plus haut, méthode qui sert encore dans l’enseignement. Adam se chargea de la méthode de piano, et Catel du traité d’harmonie.
Le seul traité en usage était celui de Rameau. Ce grand musicien faisait reposer sa théorie sur la division du monocorde. Cette division lui fournit 1 accord parfait et par la suite le renversement des intervalles; mais il manquait à ce système la tonalité, qui est la base de toute harmonie.
Catel adopta ce principe du renversement des accords et établit deux accords fondamentaux, l’accord parfait et l’accord dissonant de septième. Par les retards, il produisit les accords dissonants émanant des accords consonnants. Ce système fut repris et perfectionné plus tard par Fétis, qui modifia les règles de la tonalité par l’altération des intervalles naturels. Le développement