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CHAPITRE Xlt

BEETHOVEN

Louis Van Beethoven naquit à Bonn en 1770.

D’abord élève de son père attaché à la chapelle de l’électeur, le jeune Beethoven prit ensuite des leçons de piano d’un certain Pfeiffer, qui n’était pas sans talent, car son élève lui dut la solidité de sa première instruction musicale, passée dans l’étude des maîtres tels que Bach et Hændel. Nommé en 1780 organiste de la chapelle de l’électeur, Beethoven ne tarda pas à attirer l’attention par ses improvisations sur l’orgue.

En même temps qu’il jouait du piano aux soirées de l’électeur, il s’essayait à la composition, et 011 a de lui (1795) quelques trios pour piano, violon et basse, qu’il publia à \ienne.

Le père de Beethoven, homme pratique, voulait faire de son fils un exécutant et trouvait qu’il savait assez de littérature, mais la fréquentation des lils Breuning, jeunes gens fort instruits, permit au jeune compositeur d’accroître son bagage de connaissances

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sans pour cela le conduire au professorat pour lequel il n’avait aucun penchant.

Heureusement l’électeur lui donna les moyens d’aller à Vienne s’instruire auprès d’Haydn, en même temps qu’Albrechts-Berger lui enseignait le contrepoint. Les progrès du jeune homme furent rapides, à ce point même qu’à la mort de l’électeur, il se décida à rester à Vienne où il se livra tout entier à la composition. C’est à ce moment que parurent ses quatuors à cordes pour deux violons, alto et violoncelle.

Les amis de Beethoven, et notamment Salieri qui l’aimait beaucoup, l’encourageaient à écrire pour le théâtre. 11 les écouta et donna Lèonorc (Fidelio) qu'il fit représenter à l’Opéra de Vienne. Le succès ne répondit pas à son attente. Malgré de grandes beautés, on y trouva des longueurs et une grande froideur de style. Pourtant l’ouvrage lui ayant été demandé par plusieurs villes d’Allemagne, Beethoven ne cessa d’y apporter des modifications, et refit trois fois l’ouverture dont il n’était jamais satisfait.

Beethoven était parvenu au summum de son talent et de sa réputation avec un bagage musical considérable. Il est superflu de donner l’énumération complète des œuvres de Beethoven. Citons parmi les principales : la symphonie héroïque en l’honneur de Bernadotte (le second morceau de cette symphonie a formé le finale de la symphonie en ut mineur, dédiée à la comtesse Guicciardi, et qui est considérée comme

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une des meilleures avec la symphonie en si bémol ), les quatuors de l’œuvre 69, le grand septuor qui fut payé vingt ducats, la messe en ut majeur qui fut jouée en 181 5 devant le prince Esterhazv et n’eu 1 pas l’heur de lui plaire. Peu après le public accueillait avec faveur la symphonie en la et la bataille de Vittoria (1).

La sonate pathétique à Kreutzer est une des meilleures productions de musique de chambre; en revanche, le quatuor en si bémol en est considéré comme le monstre. Les dernières symphonies publiées sont la pastorale et la symphonie avec chœurs.

Dans la série des neuf symphonies qui servent encore aujourd’hui de base au répertoire de nos concerts classiques, celles que nous venons de citer sont les plus connues et les plus admirées, bien que le finale de la symphonie avec chœurs, la seule partie du reste qui comporte cette adjonction, et appelée aussi hymne à la joie, paraisse à quelques-uns dhin rythme un peu vulgaire. Mais Yhéroïque peut être considérée comme la perfection meme.

En dehors des grands trios avec piano et de ses concertos de piano, nous devons citer la messe en ré, l’oratorio du Christ au mont des Oliviers , les airs de ballet de Prométhée, les ouvertures cVEgmont, du Roi Étienne, de Coriolan et des Ruines d'Athènes . De nombreux lieders furent également publies. Le

(1) C’est une symphonie, divisée en quatre parties, qui porte ce titre.

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Go

catalogue complet des œuvres du grand compositeur allemand comprend plus de 3 oo morceaux.

Beethoven avait acquis la renommée, il n’avait pas conquis la fortune. Sa situation était relativement précaire, aussi s’empressa-t-il d’accepter la place de maître de chapelle du roi de YY estphalie. Une rente de 4 ooo florins lui était octroyée, pour en jouir sa vie durant, tant qu’il n’aurait pas obtenu un emploi rapportant pareille somme, et sous la condition de dépenser ses revenus dans le pays même.

Beethoven était enfin assuré de l’existence, mais ses dernières années furent remplies de tristesse. En dehors de ses soucis d’argent, le malheureux compositeur avait eu des procès de famille. 11 fut atteint vers la trentaine, dit-on, d’une surdité dont les progrès très rapides l’empêchèrent d’entendre son piano. H était obligé de se pencher sur le clavier pour saisir les sons de son instrument presque imperceptibles pour lui. Une hydropisie vint compliquer l’état du pauvre musicien qui mourut le 26 mars 1827, comblé d’honneurs, avec le titre de citoyen honoraire de Yienne, les diplômes de membre de l’Académie de Suède, d’Autriche, et une médaille frappée à son effigie et ollerte par les grands artistes de Paris.

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