CHAPITRE XIX
SCHUBERT
Nous terminerons la série des compositeurs non compris dans les contemporains par François-Pierre Schubert né à Vienne en 1797. Fils d’un maître d’école, il eut comme professeur de musique Michel Ilolzer. Enfant de chœur à la chapelle impériale, il travailla le piano et le violon et devint d'une certaine force sur ces deux instruments. Il prit aussi des leçons d’harmonie de Rueziezka, organiste de la cour, et de Salieri pour le chant et la composition.
Comme tous les débutants, Schubert s’essaya dans tous les genres, opéras, opéras-comiques, symphonies, musique de chambre et morceaux de chant. Il ne trouva le succès immédiat que dans les chansons, ou lieder , qui parurent, à l’époque, d'un style spécial et tout à fait neuf. Dans cette musique de véritable intimité, la justesse de l’expression frappa les connaisseurs. On remarqua que l’accompagnement de chacune de ces mélodies, aussi bien dans sa tonalité que dans ses détails, formait un tout complet,
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admirablement écrit pour les chanteurs. Il suffit de citer les principaux lieder cpn sont aujourd hui sui tous les claviers: la Sérénade, l Adieu, l Ave-Mai ta, les plaintes d'une Jeune fille, le Roi des Aulnes, le Voyageur, etc.
Beaucoup de personnes ne connaissent que le recueil des quarante mélodies qui ont rendu son nom célèbre, mais il en existe en réalité plus de trois cents, dont quelques-unes sont restées manuscrites, et dont beaucoup d’autres eurent comme interprètes des chanteurs remarquables, les Nourrit et les Wartel.
Comme producteur de musique instrumentale, Schubert n’est guère apprécié que depuis quelques années. Les orchestres d’Allemagne inscrivirent à leurs programmes, d’abord la symphonie inachevée dont bandante est d'une poignante tristesse. 11 existe encore sept autres symphonies et six messes encore très peu jouées.
Citons encore un grand quatuor en fa, le quatuor en la mineur, le quintette en la, un rantuin et go, une messe à quatre voix et orchestre, une antienne pour quatre voix et orgue, et le vingt-troisième psaume, puis des trios et des quatuors de musique de chambre.
Au théâtre, Schubert ne connut pas le succès ; son premier ouvrage, le Chevalier du miroir, ne réussit pas. En i8i4 le Château du diable, joué à Vienne, n’obtint qu’un petit nombre de représentations. Puis vinrent successivement Fernando, Rosamunda, les
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Conjurés. En i8i5 les amis de Salamanque, opéracomique en deux actes, obtint un succès d’estime, ainsique la Caution , trois actes représentés en 181G. La féerie musicale tenta encore ce grand esprit, qui n’y réussit pas davantage avec la Harpe (1820). Son dernier ouvrage représenté (1) a été un opéra-comique, Fierabras, dont la critique a peu parlé.
Venu à une époque de transition, trop peu classique et d’autre part trop moderniste, Schubert était volontiers comparé à Mendelssohn dont il n’avait pas la couleur, à Mozart dont il ne possédait pas l’abondance et la facilité, et même à-Weber dont il était loin d’égaler la virtuosité de pianiste ; mais ce que la nature lui avait donné dans une large mesure, c’était la fraîcheur et la vraie peinture des sentiments.
Schubert mourut en 1828 d’une maladie de langueur. 11 n’a été en réalité célèbre qu’après sa mort.
(1) Certains auteurs prétendent cpie cet ouvrage n’a jamais été mis à la scène.