‹ Histoire abrégée de la musiqueChapitre 51 sur 69 · LES SAISONS (HAYDN · texte numérisé non relu

LES SAISONS (HAYDN

l a peu repris et les chanteurs n ont conserve, dans leur répertoire, cpie la Chanson du Rouet, en six-huit, en fa, dune allure simple, et 1 air de basse de Simon, modèle d’harmonie imitative.

La Flûte enchantée.

(mozart)

Cet opéra en deux actes fut représenté à Vienne le 3 o septembre 1791. On le considère comme un des chefs-d’œuvre de Mozart, bien qu’il ait été composé rapidement et dans les dernières années de sa vie.

Le directeur du théâtre de Vienne, Schikaneder, se trouvant alors dans une situation embarrassée, eut l’idée de s’adresser a Mozart, et le grand compositeur, en quelques semaines, écrivait et livrait la partition, ne demandant d’autres honoraires que le prix de la vente à d’autres théâtres, avec la promesse de ne laisser prendre aucune copie de la musique.

Le Zauberjlcete (titre allemand) eut cent vingt représentations consécutives, et bien que l’ouvrage fût pillé par tous, Mozart ne réclama jamais. Ce fut, du reste son chant du cygne, et on peut dire un chant désintéressé. Malgré l’accueil très chaleureux du public viennois, Mozart ne put diriger que 10 représentations et il mourut trois mois après la première.

Le livret allemand de Schikaneder manque de clarté et il est un peu puéril. Un prince égyptien, Tamino, a une fiancée, Pamina; mais la Reine de la

LA FLUTE ENCHANTÉE (-MOZART) i 33

nuit s’oppose au mariage et fait naître mille difficultés. Dans une intrigue parallèle, l'oiseleur Papageno se met à la poursuite du jeune Papagena qui encourt, lui aussi, la rancune de la Reine. Heureusement trois fées s’intéressent à Tamino et à Papagena et pour se défendre leur confient une llute et une sonnette enchantées. Ces talismans seront même insuffisants à protéger Tamino qui a été enlevé par un Nubien, Monoslatos, et enfermé dans un château imprenable. Il ne faut pas moins de l’aide du grand prêtre d’Isis, Sarastro, pour triompher, après mille péripéties, de la perfidie de la Reine de la nuit et les deux couples amoureux sont enfin réunis dans la vallée merveilleuse (i).

(i) On a prétendu que Schikaneder, auteur du libretto d’il Flanto magico, avait puisé son sujet dans un livre disparu depuis, et intitulé : Histoire secrète des conjurations des Jacobins. Le libretto serait, en somme, une des allégories de la Révolution française, dont les idées étaient l’objet d’une propagande active de la part des Illuminés, des Francs-Maçons. Dans cette hypothèse :

La Reine de la Nuit serait l’Ancien Régime.

Pamina , sa fille, serait la Liberté, en général, fille du Despotisme.

Tamino représenterait le Peuple.

Les trois Nymphes, les Députés des Trois États.

Sarastro , une meilleure et sage Législation.

Les Prêtres de Sarastro, P Assemblée nationale.

Papageno, les Bourgeois riches.

Une vieille, l’Égalité.

Les Esclaves, les Domestiques et les salariés.

Les trois bons génies , la Prudence, la Justice et l’Amour do la Patrie.

,34 LA FLUTE ENCHANTÉE (mOZARt)

On prétend que la collaboration du librettiste et du compositeur a été constante dans cet ouvrage, et reflet obtenu le prouve, mais si le contraste des caractères et l’action elle-même ont fourni des situations très musicales, la critique a montre plutôt un ceitain dédain pour l’intrigue pure de l’ouvrage. 11 serait injuste toutefois de ne pas reconnaître que l’amour idéal du prince, les personnages moins mystiques de Papageno et de Papagena, qui donnent la note gaie, le tyran Monastos, avec sa brutalité, fournissent à l’action une diversité agréable. Le lantastique y est piquant, original, point lugubre, et la musique chante toujours.

Telle est la version première de l’ouvrage adaptée pour la scène française, en 4 actes, par MM. Nuilter et Beaumont, et représentée au Théâtre-Lyrique le 23 février i 865 .

Dix ans après la première représentation du Zauberjlœte, le Théâtre des Arts représenta, sous le titre des Mystères d'isis, une version spéciale avec adjonction des fragments tirés de Don Juan, des Noces de Figaro et de la Clémence de Titus. Cette singulière adaptation musicale obtint le plus grand succès et fut reprise en 1816, en 1827 et en 1829 au Théâtre-

Le serpent, la Banqueroute générale.

Les animaux sauvages domptés par les sons de la flûte signifient : les Lions (les Pays-Bas), les Aigles (l’Autriche, la Prusse et la Russie) ; les Léopards (l’Angleterre).

Nous donnons cette explication ingénieuse pour ce qu elle vaut.

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