‹ Histoire abrégée de la musiqueChapitre 67 sur 69 · COLONNE - JONCIÈRES · texte numérisé non relu

COLONNE - JONCIÈRES

connaître aussi la Fiesrjue (le Lalo, et les compositeurs Théodore Dubois et Wagner, dont il imposa à un public d’abord récalcitrant d’importantes sélections. Au Châtelet encore, se firent connaître Augusta Holmes et les membres de la Société nationale des compositeurs de musique : Guy Ilopartz, Georges llüe, etc...

En 1891, Colonne fut appelé au poste de premier chef d'orchestre de l’Opéra, où il dirigea les etudes et les représentations de Lohengrin et de la 11 alkyrie • Il est olllcier de la Légion d honneur depuis 1 Exposition universelle de 1900.

Joncières (Yictorin) ( 1 833 ), né â Paris. Fils d’un journaliste collaborateur de la Paine , Joncières étudia la peinture dans l’atelier de Picot, puis il entra au Conservatoire dans la classe d’Elwart.

Son premier ouvrage, au ihéalre-Lyrique, a été Sardartapale (1867), dont on loua l’instrumentation. En 18G9 il donna le dernier jour de Pompeï, qui fut très discuté en raison de ses tendances wagnérienncs. Depuis, le compositeur s’est franchement montre mélodiste, et il a été attaqué par ceux même qui le reconnaissaient comme chef d’école. Après avoir écrit la musique du drame d Ilanilet d Alexandre Dumas en 1878 â la Gaiete, Joncières a donne à l’Opéra la Reine Berlhe qui 11’cut que quatre représentations en 1878, puis â l’Opéra-Comique en 18S7 le Chevalier Jean.

Boyer. 1 ^

RH

COM POS1T E L R S COiN T EM POR A1N S

Le dernier ouvrage de Joncières a été représenté a l’Opéra en 1900, Lancelot , opéra en quatre actes construit suivant l’ancienne formule mais renfermant de jolies mélodies.

Lenepveu (Charles) (iS 4 o), né à Rouen, membre de F Institut. Il commença d’abord ses études de droit, qu'il abandonna pour entrer au Conservatoire de Paris. En 1860, il obtint le prix de Rome et fit jouer en 18GG Renaud et Armide. En 1868, Lenepveu remporta le prix au concours organisé par le Ministère des Beaux-Arts avec le Florentin , un opéracomique qui ne fut joué qu’en 1874.

Ajn’ès avoir publié en 1871 un Requiem et une marche funèbre à la mémoire du peintre Henri Régnault, Lenepveu vendit à un éditeur anglais, Cliappell, sa partition de Velleda, qu’on joua à Londres le 4 juillet 1882 avec un succès énorme, mais que nous 11’avons pas encore entendue en France. Depuis, ce compositeur, professeur au Conservatoire, 11’a publié qu’une cantate à Jeanne d’Arc exécutée à Rouen en 1892.

Chabrier (Emmanuel) (1842-1894), compositeur français, né à Paris. Après avoir fait ses études de droit, Chabrier entra au Ministère de l’Intérieur, où il resta quinze ans. Élève d’IIiguard pour la composition, il lit représenter aux BouiTes-Parisiens l'Étoile , un opéra-comique en 3 actes, et démissionna

LENEPVEÜ Cil A BIU ER MASSENET I ( j5

du ministère en meme temps qu’il faisait jouer sur la même scène une opérette VÉducalion manquée.

Gwendoline, opéra en trois actes, parut à la Monnaie en 1886 et à l’Opéra de Paris en 1898. Chabrier fit aussi jouer à l'Opéra-Comique le Roi malgré lui, et l’Opéra monta le premier acte, le seul achevé, de Briseïs, ouvrage posthume en cinq actes qu’il était question de faire achever par Saint-Saëns.

Chabrier a aussi composé des morceaux de piano, dix pièces pittoresques, une suite pour orchestre la Sulamite et une rapsodie Espana, jouées toutes deux -au Concert Lamoureux.

Chabrier était un admirateur de Wagner, mais très indépendant, il cherchait surtout le rythme et l’éclat des timbres dans l’orchestre. Sa palette était d’une coloration merveilleuse.

Massenet (1842),' membre de l’Institut, né à Montaud (Loire), le dernier des vingt et un enfants d’un officier du génie du premier Empire. Il obtint le prix de Rome avec une cantate, David Rizzio, et donna en 18G8 son premier opéra-comique, la Grand'tantc . Après avoir fait jouer dans les concerts classiques Poème d'avril (1868), les Scènes hongroises (1871) et les Scènes pittoresques (1872), Massenet aborda le théâtre avec Don César de Bazan en 18G8. A l’Odéon, il écrivit la musique de scène des Ennuyés de Leconte de Lisle et l’année suivante (1874) les concerts Colonne lui jouèrent

COMPOSITEURS CONTEMPORAINS

l’oralorîo de Marie Magdeleine, en 1870 Eve. L’Opéra en 1S77 monta le Roi de Lahore , fort apprécié.

Citons encore l’oratorio de la Vierge en 1882, et en i 884 Hérodiade au Théâtre-Italien. La carrière du jeune maître continue brillante, et ses partitions atteignent un grand nombre de représentations. Sauf le Mage, représenté à l’Opéra en 1890 et abandonné, nous n’avons à enregistrer que des ouvrages soutenus par la faveur du publie: Manon en i 884 à l’Opéra-Comique, la partition la plus travaillée de Massenet; le Cid à l’Opéra ( 1 885 ), Esclarmonde en 1889; Thaïs h l’Opéra en 189/1; Ccndrillon, son plus récent ouvrage.

Massenet est actuellement le compositeur le plus joué du monde entier. Il a remplacé Bazin à l’Académie des Beaux-Arts en 1878.

Pessard (Émile) (i 843 ). Élève de Bazin. *1 remporta le prix de Borne en i 865 avec une cantate intitulée Dalila. En 1870, il donna son premier ouvrage, la Crache cassée ; en 1878, à l’Opéra- Comique, le Char , et au Théâtre-Lyrique le capitaine Fracasse. L’Opéra lui monta Taharin, en trois actes.

Les derniers ouvrages de Pessard, professeur d’harmonie au Conservatoire, sont les Folies amoureuses à l’Opéra-Comique, et deux opéras-bouffes, la Dame de trèfle et Mademoiselle Carabin. On a de lui de nombreuses compositions pour le piano.

PESSARD PA LAD II ILE FAURÉ — SALVAYRE IQ7

Paladhile (i 844 ), membre de l’Institut, né a Montpellier. 11 remporta en 18C0 le prix de Rome avec Ivan IV ; il composa aussi la musique du Passant de François Coppée, et deux opéras-comiques, l Amour africain (1879) et Suzanne, qui contient de jolies mélodies.

L’Opéra-Comique lui monta en 1880 Diana , et

I Opéra en 1886 Pairie , sur le drame émouvant de Victorien Sardou.

Paladhile a remplacé Guiraud à l’Académie des Beaux-Arts en 1892.

Fauré (Gabriel) (i 845 ), né à Pamiers, aujourd’hui directeur du Conservatoire de Musique. Maître de chapelle, puis organiste à la Madeleine, il est devenu professeur de composition au Conservatoire.

II a publié un recueil de 4 mélodies, La Bonne Chanson , sur des paroles de Verlaine.

11 a composé aussi une symphonie, deux quatuors à cordes, deux quatuors avec piano, un concerto de violon, une sonate, un requiem, un cantique de Racine (chœur), des duos pour voix de femme, des chœurs, etc. Au théâtre, il a écrit la musique de scène de Péléas et Mélisandre, dont il a fait une suite d’orchestre très appréciée. Il vient de donner au conservatoire un Sylock, très moderne.

Salvayre (1847), n ® à Toulouse. Après avoir été enfant de chœur à la cathédrale de cette ville, il entra au Conservatoire de Paris, où il devint l’élève

COMPOSITEURS CONTEMPORAINS

icjS

de Bazin et d’A. Thomas. En 1S72, il remporta le prix de Rome avec Calypso. Ses premières compositions furent de la musique religieuse : un Stabat mater et une Résurrection. Au théâtre, il a donné en 1877 le Bravo ; à l’Opéra un ballet, le Fandango , et en 1888 la Dame de Montsoreau, grand opéra en cinq actes. L’Opéra-Comique a repris de lui un Egnxont en quatre actes, crée au Théâtre-Italien de Saint-Pétersbou rg.

Benjamin Godard (1 8^9-1895), compositeur français, né à Paris. Godard fut d’abord, pour le violon, l’élève de Richard Hommcr. Il entra ensuite au Conservatoire dans la classe de Reber pour y apprendre la composition. Il fit paraître d’abord des mélodies, des trios, des concertos dent le plus connu est le concerto romantique. La Symphonie Orientale jouée aux Concerts Pasdeloup en i 8 S 4 et composée de cinq parties, sur des poèmes de Victor Ilugo et de Leconte de Lisle, eut beaucoup de succès.

En 1878, la Renaissance monta de lui un opéracomique en un acte, les Bijoux de Jeannette. Puis Godard fit représenter â Anvers, en iS 84 , Pedro di Zalamca, opéra en quatre actes de Dctrovat et A* Sylvestre, et en 1888, à la Monnaie de Bruxelles,. Jocclyn , opéra tiré du poème de Lamartine et repris la même année â Paris, au théâtre du Château-d'Eau. L’Institut accorda à l’auteur un prix de 3 000 francs. L’Opéra-Comique a monté de lui Dante f ouvrage en

GODARD - IlOLMÈS - TIIOMÊ 1 09

quaire actes qui méritait mieux que le succès d estime qu’il obtint, et la Vivandière, ouvrage posthume très favorablement accueilli, où triompha l'excellente cantatrice Delna.

Holmès (M mc Augusta) (1800-1903), née en Irlande. Venue en* France, elle fit jouer en i N~o un psaume in exitu et à l’Opéra-populaire liera et Lcandre . En 1877, le Concert Pasdeloup lui créa un andante pastoral. En 1879 et 1880, elle donna successivement les deux symphonies de Liitece , couronnée au concours de la ville de Paris, et les Argonautes. Citons encore en i 883 , les Sept ivresses , et en 1 885 , Irlande , immense succès du concert Colonne.

Après YOde triomphale de l’Exposition de 1889, qu’elle fat chargée d’écrire, Holmès a donné à l’Opéra la Montagne noire , qui la classe parmi les compositeurs les mieux doués de 1 École moderne.

Thomé (François) (iS 5 o), compositeur et pianiste français, né à Port-Louis (Ile Maurice). Elève au Conservatoire de Marmontel pour le piano et de Duprato pour l’harmonie, il obtint en 1869 k 2' prix d’harmonie et en 1870 le i er prix de fugue.

Thomé se fit connaître par deux odes symphoniques, Vénus et Adonis et l'IIymne à la nuit , et il composa une grande quantité de morceaux de piano et de chant, dont un des plus célèbres est la Fiancée du timbalier, adaptation symphonique de la célébré.

compositeurs contemporains

poésie de A ictor Hugo, créée aux concerts du Châtelet.

En 1886, Thomé fit représenter à l’Eden un ballet, la Folie parisienne, et plus récemment deux délicates pantomimes, le Papillon et Barbc-bleuette. 11 a exercé les fonctions de critique musical au Constitutionnel et au Pays.

Bruneau (Louis-Charles) (1867), né à Paris.

I er prix de violoncelle du Conservatoire, il entra dans la classe de composition de Massenet et remporta le 2 e grand prix de Rome.

E11 i 884 il.fit entendre line cantate, Léda , et en 1887 un opéra-comique, Kérim, sur un livret d’Henri de Lavcdan. Imbu des doctrines du romancier Zola, il attacha sa fortune à celle de ce littérateur et essaya d'introduire le naturalisme dans la composition. Son début en ce genre fut le Rêve, drame lyrique sur un poème de Louis Gallet (Opéra-Comique 1891). Plusieurs scènes réalistes, entre autres celle de l’exlrémeonction déplurent, et le succès fut contesté. Une récente reprise (1900) n'a pas sauvé l’ouvrage. En 189,3, rOpéra-Comiquc monta VAttaque du moulin, épisode tiré d’une nouvelle de Zola par Louis Gallet, Il sembla que le jeune compositeur revenait aux anciennes traditions et la critique accueillit favorablement la partition.

Aujourd’hui, Bruneau accentue le genre qu’il a innové, avec Messidor, joué une douzaine de fois à

DRÜKEAU — CHARPENTIER ERLANGER 201

l’Opéra en 1898, et en avril 1901, avec l'Ouragan, drame lyrique symbolique créé à TOpéra-Comique •et qui a divisé en deux camps la critique parisienne. Son dernier ouvrage est La Faute de l'abbé Alouret, «d'après Zola (octobre 1907).

Charpentier (Gustave) (1860), compositeur français né à Dieuze (Lorraine). Charpentier entra au Conservatoire, où il fut l’élève de Pcssard et de Massenet. En 1SS7, il remporta le grand Prix de llome et partit à la villa Médicis.

Pendant son séjour en Italie, il composa plusieurs mélodies et Napoli , symphonie sentimentale et pittoresque qui renferme de grandes beautés mélodiques. La Vie du poète, symphonie d’une excentricité voulue, parut ensuite et divisa la critique, mais on fut obligé de reconnaître une intensité de vie énorme dans celte musique où la mélodie et la couleur orchestrale coulent à pleins bords.

En 1898, Charpentier produisit un poème symphonique bizarre, le Couronnement de la Muse . L’Opéra-Comique lui monta le 2 février 1900 un ouvrage en quatre actes, Louise, partition remarquable, mais dont le livret est enfantin. Charpentier a du reste l’intention à l’avenir de composer luimème ses librellos. Il a déjà atteint la célébrité, à l’àge où, d’habitude, les compositeurs commencent à peine à se faire connaître.

Erlanger (Camille), né à Paris en i 3 G 5 de parents

COMPOSITEURS CONTEMPORAINS

alsaciens. Élève de la classe Léo Délibes au Conservatoire, il a remporté en 1888 le grand Prix de Rome. Sa première œuvre, Saint Jean l'Hospitalier , qu'il a composée à la ^ ilia Médicis, a été exécutée aux Concerts Colonne, avec succès. Puis il a composé la cantate Vellecla , un requiem , La Nuit du Loup , La Belle et le Chevalier , les poèmes russes, mélodies intéressantes écrites par un pur symphoniste.

Au théâtre, il a beaucoup produit, mais il n'a pas su conquérir la faveur de la masse. Il a donné à P Opéra-Comique, en 1897, Kermaria , idylle bretonne, poème de Ghensi ; et, en 1900, Le Juif Polonais ; i\ l’Opéra, en igo/|, Le Fils de lÉtoile , sur un poème de Catulle Mendès ; et, en 1906, Aphrodite, où Marie Garden fut remarquable.

Les sonorités dissonantes et l'abus systématique des formules enharmoniques ont empêché jusqu’ici que cet auteur, remarquablement doué, jouisse de la faveur du grand public.

TABLE DES MATIÈRES

Page 1