‹ Histoire abrégée de la philosophie (volume 2)Chapitre 145 sur 156 · CHUTE DE L'HOMME ET PÉCHÉ ORIGINEL · texte numérisé non relu

CHUTE DE L'HOMME ET PÉCHÉ ORIGINEL

Les Grecs appelaient autoehthones, et les Latins aborigènes ou indigènes , les premiers habitants d'un pays , par opposition à ceux qui venaient d'ailleurs s'établir dans le même lieu. Des philosophes modernes ont semblé croire que ces peuples étaient un produit spontané du sol, et en ont raisonné, comme Ton fait de certaines espèces de plantes ou d'animaux qui viennent dans des régions et point dans d'autres, sans se mettre en peine , au reste , d'expliquer comment ces hommes , d'espèces différentes , avaient ainsi paru sur la terre avec leur organisation physique , leurs facultés intellectuelles , leurs inclinations morales et la vertu de se reproduire.

La Genèse ne laisse ni doute ni embarras sur l'origine du genre humain : Dieu fit l'homme à son image , et forma la femme semblable à l'homme. Il les unit tous les deux : en les bénissant , il leur donna la faculté de se reproduire et de se multiplier sur la terre. De ce couple unique sont venus , sans exception , les hommes et les femmes qui ont existé jusqu'ici , dans quelques pays du monde que ce soit.

Cest la sagesse qui conserva celui que Dieu avait formé le premier pour être le père du monde , lequel fut d'abord créé seul (1). Il a fait naître d'un seul toute la race des hommes, et leur a donné , pour demeure , toute V étendue de la terre (2).

La foi unanime des Juifs , des chrétiens et des mahométans , les traditions des peuples anciens et modernes , les Actions des premiers poètes , les dissertations des plus savants philologues , qui font remonter toutes les langues à une ou deux langues primitives , la japhélique et la sémitique , d'où les autres sont dérivées , les monuments historiques , tout tend également à la confirmation de cette vérité, si clairement exprimée dans l'Ecriture sainte, que Dieu créa d'abord un homme et une femme , les unit , leur apprit à parler ;'que par eux il a peuplé la terre d'êtres raisonnables et parlants.

À ce fait historique , si clairement énoncé , qu'opposent les incrédules qui parlent d'autochthones et d'aborigènes ? Des assertions gratuites , et rien de plus. Pour sortir d'obscurités impénétrables à leur raison , privée du flambeau de la foi , ils accumulent les unes sur les autres les plus grossières absurdités. Car enfin , qu'est-ce que leurs autochthones? Depuis quand existent-ils? Comment ont-ils pris naissance dans les divers pays? S'ils sont l'effet du hasard, ce qui répugne manifestement , comment se ressemblent-ils

(t) Sagesse, 10., 1.

(2) Actes des Apôtres , 1 7. , 26.

néanmoins quant à la substance? Pourquoi ne s'en forme-t-il plus nulle part ? etc.

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