‹ Histoire abrégée de la philosophieChapitre 33 sur 100 · MO · texte numérisé non relu

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d'absolu que les atomes et le vide : or ni les atomes , ni le vide ne peuvent tomber sous les sens.

9.° Démocrite, peut-être pour ne pas trop choquer les opinions du vulgaire , admettait néanmoins une multitude d'esprits , de génies et de démons gigantesques : tous ces êtres étaient formés d'atomes subtils , remplissaient l'air , nous environnaient de toutes parts et nous faisaient tantôt du bien , tantôt du mal. De-là il concluait que la divination , la magie et autres pratiques superstitieuses , n'avaient rien que de louable. 11 parle môme des dieux et des moyens de nous mettre en relation avec eux ; mais ailleurs il dit que les éclairs , la foudre , les éclipses et autres phénomènes semblables, en imprimant en nous de la terreur, nous ont fait croire qu'il y avait des dieux au-dessus de nous. Il paraît bien qu'il n'y croyait point , et son système , en effet , exclut la divinité du monde entier.

4 0.° Quant à la morale > Démocrite la faisait consister dans le repos de l'âme et dans la jouissance modérée du présent , sans songer à l'avenir. 11 supposait la liberté humaine et ne se mettait nullement en peine de la concilier avec ces tourbillons d'atomes qui formaient tout par hasard.

On prétend qu'il riait continuellement de ce qui se passe dans le monde , parce que tout lui paraissait vain et méprisable.

Un grand nombre de disciples s'attachèrent à lui. Parmi eux se distinguèrent :

Protagoras , d'Abdère : ce philosophe défendait le système des atomes et du vide , et prétendait que nous ne pouvions

connaître par nos sensations que l'état actuel des objets physiques , parce que la matière est dans un flux continuel , résultat inévitable du mouvement nécessaire des atomes.

Diagoras, de Mélos, tristement célèbre par son impiété, ses blasphèmes et l'athéisme qu il affichait ouvertement dans ses discours et dans ses écrits. Un homme qui lui avait volé l'un de ses ouvrages, le nia avec serment devant la justice : Diagoras s'imagina que la puissance céleste , s'il y en avait une, ne pouvait laisser ce parjure impuni; ne voyant point arriver les châtiments qu'il souhaitait , il se précipita avec colère dans les excès qu'on lui a justement reprochés.

Ànaxarque, aussi d'Abdère. Les anciens lui ont reproché d'avoir bassement flatté Alexandre, de s'être livré à des passions indignes d'un philosophe, et d'avoir mérité d'être pilé dans un mortier, comme on assure qu'il le fut. D'autres, au contraire , en ont fait un homme courageux , qui disait librement la vérité au grand conquérant, et aurait été victime plus tard des haines injustement soulevées contre lui par ses rivaux. En lui finit la secte éléatique.

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